‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 9 sur 63 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

dans la démocratie, au sens où la prennent les Anglais. Ne serait-ce donc pas la bonne ?

Quoi qu'on puisse penser de leur préférence à ce sujet, la présence d'une noblesse, ou, pour mieux dire, d'une élite, n'est pas incompatible avec le régime démocratique (5). Lorsqu'une aristocratie, comme il est arrivé chez nous, constitue une caste, un ordre à part dans la nation, elle oppose un obstacle réel au développement de l'esprit et des institutions populaires ; l'État portât-il le nom de république, on n'y peut voir qu'une république menteuse, un despotisme déguisé. Mais si l'aristocratie n'est autre chose qu'une classe, c'est-à-dire une élite de citoyens, à laquelle on n'appartient pas nécessairement par l'unique fait de la naissance, oii l'on peut toujours pénétrer, soit par le mérite, soit par la fortune, la chaîne qui rattache les uns aux autres tous les membres de la nation, depuis le plus humble jusqu'au plus puissant, n'est nulle part rompue ; on ne distingue pas véritablement de plébéiens et de nobles ; il n'y a que le peuple, et la démocratie, quoi qu'il semble, repose au fond des mœurs et du gouvernement. C'est précisément ce qui arrive en Angleterre.

La noblesse anglaise ne forme pas une caste. Cette circonstance capitale n'est mise en doute par

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