XVI INTRODUCTION
qu'à l'abri d'un établissement républicain. Cependant, lorsqu'elle réside au fond même des institutions, on doit pouvoir la discerner à de certains indices. Il faut surtout que la transition de la monarchie àlarépublique se fasse insensiblementet comme par une pente naturelle. La république en effet est, de toute évidence, le type idéal et parfait sur lequel tend à se modeler, si elle ne s'y est pas arrêtée dès le principe, toute organisation politique vraiment libérale et populaire. S'il s'élève un obstacle qu'il soit nécessaire de renverser, si un revirement complet de l'état de choses devient indispensable, on peut affirmer que la démocratie était absente. Elle survient alors inopinément; on n'y reconnaît ni la croissance naturelle d'un germe, ni l'action régulière d'une force inhérente et cachée. Que l'on regarde la démocratie en France. Elle était si peu enfermée dans les langes de la royauté, qu'il a fallu la plus formidable des crises pour qu'elle apparût, aux lueurs de sinistres éclairs, dans les orages et la tempête. Le trône a dû s'écrouler avec fracas, et toute une société s'abîmer en jetant un cri de détresse et d'horreur. L'Angleterre eut sa révolution aussi; mais, toute à la surface, elle ne bouleversa pas de fond en comble, si cruelle qu'elle ait été, les conditions sociales. Elle passa comme un météore,