INTRODUCTION. XIX
tuer un autre? On le sait, la Chambre des communes (11). Le chef du gouvernement est absolument à la merci de ce pouvoir supérieur. On ne citerait pas d'exemple en Angleterre, comme on le ferait trop aisément en France, d'un cabinet persistant à durer contre le vœu de la majorité de la Chambre basse, s'appuyât-il même sur la Chambre haute et sur la royauté. Il a le droit d'en appeler à la nation ; il use quelquefois de ce droit, mais la pensée ne lui viendrait jamais, en eût-il le pouvoir, de pousser pins loin la résistance. Si la nation consultée le condamne, bien mieux, ne lui donne pas une approbation éclatante, il s'incline et cède : il rend à la Chambre des communes l'autorité qu'il avait reçue d'elle.
Est-il nécessaire de rappeler la récente retraite d'un premier ministre célèbre?
La Chambre des communes à son tour, quelle idée convient-il de s'en faire? Qu'elle soit l'expression fidèle du peuple, surtout depuis les dernières réformes, on n'en saurait douter (12) . A part les chefs de l'aristocratie et la royauté qui les préside, tous les membres de la nation yontleur place assignée. Il ne faudrait même pas croire que la noblesse en soit séparée. La plus haute aristocratie s'est confinée dans la Chambre des lords ; mais toute cette