‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 23 sur 63 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

non moins solide en apparence, non moins fragile en réalité. Nous commettons trop l'erreur de dédaigner la pratique pour la théorie, de poursuivre l'idée en laissant échapper le fait. Tel est notre génie : il nous faut appliquer aux faits sociaux les méthodes rigoureusesde la pensée (18). Nous n'avons de cesse qu'ils ne soient étiquetés et classés ; nous nous ingénions à les tourmenter en mille manières pour les enfermer dans un moule façonné d'avance ; nous leur imposons une logique serrée et inflexible qui n'est pas la leur et à laquelle il est inévitable qu'ils échappent. De là ces oscillations, ces retours soudains, ces déceptions éternelles. Le progrès, ainsi entravé, devient impossible. Que les Anglais sont plus sages ! Leur génie pratique ne saurait admettre ni ces généralités méthodiquesj ni ces systématiques agencements ; les idéologues, avec leur science artificielle et leurs préjugés, leur inspirent une insurmontable aversion. Ce ne sont pas eux qui se forgeraient une douzaine de constitutions durant l'espace de moins d'un siècle, et qui, dans leurs livres, construiraient des systèmes de toutes pièces où l'auteur, acharné à sa pensée abstraite, s'obstine à faire entrer, comme dans un lit de Procuste, les événements, les hommes et les choses. Ils s'en tiennent

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