INTRODUCTION. XXXIII
à l'expérience qui sait toujours se corriger ellemôme, à des habitudes qui se prêtent comme naturellement aux besoins de chaque époque. Ils ne veulent d'autre règle que l'usage ; leurs institutions traditionnelles leur suffisent (19). Calmes, attentifs, sans parti pris, ils regardent, ils observent, ils attendent, prêts à porter secours t\ la partie défaillante du vieil édifice, à combler un vide, à ajouter une construction, en sorte que l'ensemble se renouvelle et se maintient à la fois, dans une perpétuité qui est un rajeunissement continuel. Sous ce rapport, en particulier, leur constitution peut être regardée comme le chef-d'œuvre de la politique humaine. Rien n'en est écrit, comme on sait. Des coutumes immémoriales, des statuts uniquement destinés à les éclaircir ou à les confirmer : c'est là que tout se borne. Mais cette constitution, incorporée à la nation, loin d'être un programme creux et mort comme les nôtres, vit avec elle ; elle coule en quelque sorte dans ses veines avec son sang; l'Anglais n'a pas besoin de l'apprendre ; il la sait d'instinct, il ne la comprendrait pas autrement. Gomme l'enfant devient homme en restant le même être, ainsi s'est-ellc successivement tran-sformée, ainsi se transformera- t-elle, sans cesser d'être la vieille loi, chère à tout cœur anglais,