INTRODUCTION. XXXV
pect pour l'érudit et éloquent publiciste, combattre ses sentiments et sa doctrine.
Lorsque, près de cent ans en arrière, les plus grands esprits et les cœurs les plus généreux qui aient jamais honoré un peuple, se furent réunis de toutes les parties de la France pour composer la plus illustre assemblée des temps modernes, ils n'hésitèrent pas. Ils déclarèrent à la France qu'elle était digne et capable de devenir libre, et ils furent d'avis que les institutions qu'avaient enviées pour elle un Voltaire et un Montesquieu devaient être le fondement et la gloire de l'ère nouvelle. D'autres hommes, après eux, s'inspirant de théories plus séduisantes par leur hardiesse et leur nouveauté mêmes, et se recommandant d'un penseur non moins fameux, profitèrent de fautes peut-être inévitables pour s'emparer de la foule et l'entraîner par delà les barrières prudemment élevées. Le Contrai social supplanta VEsp?'itdes lois ; la Convention renversa l'édifice de la Constituante, et, pour en vouloir agrandir prématurément l'enceinte, risqua d'en ébranler la solide assise. Cette scission, comme l'événement ne le prouva que trop, devint fatale, et n'a cessé, depuis lors, de peser sur nos destinées et sur celles de la révolulion. Qui pourra dire combien de calamités nous