‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 3 sur 63 · M INTRODUCTION · texte numérisé non relu

M INTRODUCTION

du temps et des luîtes intestines, mais encore en ont tiré comme une sève fortifiante qui renouvelait leur vigueur. Ne cherchez pas autre part : dans ces institutions mêmes gît le secret de la félicité que vous nous enviez à bon droit. Et savez-vous quel principe elles recèlent pour défendre si bien un peuple contre les défaillances et la chute? Laliberté. »

La liberté î Grande chose et grand nom, qui effraie les uns, qui exalte les autres, qui a ses obscurités pour tous. Au delà du détroit, on lui attribue tous les biens; en deçà, on n'est pas loin de lui imputer tous les maux. La vérité n'est-elle pas que cette force redoutable a besoin d'être maniée avec une dextérité que nous n'avons pas acquise, en sorte que notre inexpérience seule doit porter le poids de nos accusations et de nos reproches? N'est-il pas évident que le libre exercice des facultés de l'individu est le nerf d'une société, et que celle-ci marche à une décadence inévitable, soit dans les langueurs de l'anémie, si l'individu renonce à ses droits, soit dans les convulsions d'une anarchie mortelle, si le pouvoir les lui conteste?

L'Angleterre a donc raison de nous vanter ses institutions libérales. C'est à l'ombre de la liberté qu'elle a grandi et qu'elle prospère encore si merveilleusement de nos jours; c'est aussi sous cet

INTRODUCTION. Vir

abri tutélaire que la France à son tour, au sortir de tant d'agitations, de perplexités et d'épreuves, pourra se recueillir, accorder les dissentiments qui la partagent, recouvrer ses forces et ménager ses futurs destins. Cette leçon, qui ressortait si clairement d'un exemple voisin et qu'avait comprise tout d'abord la sagesse des plus profonds de nos politiques, le bon sens national n'a pas tardé davantage à en faire sa loi. Tout nous poussait, heureusement, à la conclusion où ont abouti les derniers événements {a). Les obstacles, l'un après l'autre écartés, ont disparu ; la question trop longtemps pendante a été résolue enfin. Nous inaugurons le système libéral par excellence. 11 dépendra de nous qu'il répare le passé et conjure l'avenir. L'heure est solennelle, décisive peut-être dans notre histoire. Le devoir incombe à tout ce que notre pays renferme d'esprits sérieux et de cœurs dévoués de travailler à y faciliter le pénible apprentissage de la liberté. Notre honneur y est engagé : il faut confondre ou rassurer ceux qui, avec des sentiments divers, affirment que nous n'avons ni le tempérament assez robuste, ni Tâme assez grande pour la supporter.

(a) On s'apRrcevra eiv plus d'un endroit que notre travail primitil remonte à deux années. La situation avait peu changé jus(iu'aux derniers événements.

Page 1