INTRODUCTION. XLI
lations des trois îles normandes, restées la propriété dos Anglais sur nos côtes, mais si essentiellement françaises, et celles encore du bas Canada, où notre race est sans mélange, qui montrent pourtant une si rare aptitude pour le se//'^ot'e?'m/?e/z^, faut-il donc les passer sous silence? Enfin, pour terminer par le trait le plus frappant, peut-on oublier, sans se rendre coupable d'une criante injustice, qu'une révolution fameuse entre toutes a, la première, nonseulement défini avec solennité, mais généreusement tenté de mettre en pratique tous les droits, sans exception , que réclament légitimement l'homme et le citoyen, et que cette révolution est la Révolution française ?
A vouloir bien approfondir la question, serait-il même si malaisé de démontrer que la philosophie utilitaire anglaise, en subordonnant la liberté de l'individu aux vicissitudes de l'intérêt général, lui prête un appui moins ferme et plus discutable que la grande école française, qui la fonde sur le caractère sacré et inviolable de la personne humaine ? La preuve en est flagrante, sous nos yeux, dans TAllemagne elle-même. Déjà, en remontant de bon nombre d'années, un revirement singulier s'annonçait chez nos voisins d'outre-Rhin. Le philosophe Hegel se plaignait de la trop large part accordée