INTRODUCTION. XLIII
ordre, mais une loi. Nous voilà bien loin des antiques Germains et de leur Wapnatack, ce choc des armes qui décidait du choix des chefs et du sort des propositions qu'ils soumettaient à leurs indomptables compagnons !
Ces faits sont notoires ; toutes les voix de la presse les publient journellement. En vérité — peut-on s'écrier — est-ce bien le moment de vanter si magnifiquement et de porter si haut la grande âme germanique?
Non, la liberté n'a jamais été l'apanage d'une race humaine à l'exclusion des autres (23). Ne re~ trouve-t on pas le même droit primitif chez tous les peuples à leur naissance? N'a-t-on pas signalé l'analogie des institutions germaniques avec celles mêmes de l'Inde ? Ce qu'il est vrai de dire, c'est que certains peuples, tout en aimant la liberté, ont pu être entraînés à porter leurs préférences ailleurs. 11 y a une portion de vérité dans le reproche qui nous est adressé. Oui, la liberté, bien qu'elle nous soit aussi chère qu'à personne, nous touche moins cependant qu'un autre droit, l'égalité : et c'est là notre tort. On peut dire que la passion de l'égaUté est le trait dominant de. notre caractère national. Cette passion s'est nourrie de notre sourde et ancienne irritation contre le régime des castes ; forti-