‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 34 sur 63 · INTRODUCTION. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLV

besoin, dans une plus large mesure peut-être que d'autres peuples, de nous appliquer à une double tâche : d'une part, étendre le domaine trop restreint où, jusqu'ici, la science a été circonscrite dans notre pays ; de l'autre, élever, et^ pour ainsi parler, affiner le sentiment public. Hausser le niveau des intelligences et des cœurs : telle est l'œuvre qui sollicite les amis de la liberté. C'est parmi nous un vœu unanime que l'instruction, comme un sang généreux destiné à régénérer la France, coule désormais à profusion dans toutes les veines du corps social, et, par une circulation rapide et incessante, aille y jeter la vie jusqu'à ses extrémités les plus inertes. Mais s'il est un parti politique entre les autres qui la souhaite et s'y dévoue, c'est le parti libéral, parce qu'il cède ainsi à la logique même et à la force de son principe. L'instruction est son plus puissant levier, la condition de son triomphe définitif. Les classes éclairées elles-mêmes, combien peu le sont-elles ? Satisfaites des libertés qui suffisent à leurs intérêts matériels, elles n'en ambitionnent pas d'autres, et font bon marché de celles qui sauvegardent les intérêts moraux, la dignité de l'homme. Descendez l'échelle sociale. Là, on entend par liberté la faculté de tout détruire, de tout oser, de nier tous les devoirs

Page 1