‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 36 sur 63 · LU NOTES DE L'INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU NOTES DE L'INTRODUCTION

de secrétaire politique, et s'il nomme aux charges, son choix est en quelque sorte forcé.

Les Lords — pour ne citer que ce fait — ne peuvent plus se taxer eux-mêmes, car la Chambre des communes est désormais seule souveraine en matière d'impôts. Ils n'ont plus même le droit d'amender les lois de finances. Ils enregistrent, ils exercent un pouvoir modérateur : rien au delà.

(10) Un exemple de l'indépendance du ministère visà-vis de la royauté : Lord Palmerston, en 1852, écrivant à Lord Normanby, ambassadeur d'Angleterre à Paris, qu'il approuve le coup d'État, ne communiquant pas sa lettre à la reine, et maintenant son droit de ne pas lui soumettre ses dépêches, ni cette fois ni d'autres.

(11) Depuis 1832 surtout, le pouvoir, qu'exerce en son nom le premier ministre, appartient entièrement à la Chambre des communes. C'est elle qui concentre dans ses mains tout le gouvernement du pays. M. Disraeli lui fait dire quelque part : VËtat, c'est moi, et rien de plus vrai. Notre auteur ne manque pas de le constater.

En 1832, Guillaume IV rétablit malgré lui et sur les instances des communes l'administration de lord Grey. En 183i, lord Melbourne est ramené au ministère malgré le roi encore. On verra aux notes de M. Freeman comment la reine Victoria fut contrainte de subir Robert Peel, en 1841. En 1851, ce fut le tour de lord Palmerston. Les faits surabondent.

(12) Sous Henri IV, au quinzième siècle, les membres de la Chambre des communes s'intitulaient les procurateurs et avoues du peuple entier, « procuratores and attornies for the u^hole people. » De nos jours, et après que la bourgeoisie y a déjà fait irruption en masse à la suite de la réforme de 1832, le corps électoral s'est encore ouvert dans les plus larges proportions aux ouvriers et aux petits commerçants; on peut donc, sans exagérer,

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