INTRODUCTION. IX
anglaise était inséparable de la monarchie. Le souverain y remplit un rôle important, non pas indispensable, et, comme le roi dans l'ancienne Rome, il pourrait disparaître, sans qu'aucun rouage du mécanisme cessât de fonctionner avec sa régularité habituelle. L'absence d'un roi ou d'une reine étonnerait l'Anglais, lui déplairait peut-être; elle n'ajouterait rien à ses droits, ni aux garanties qui les assurent. C'est là un point capital qu'on perd trop souvent de vue, et que les lumières de la critique historique contemporaine ont éclairé d'un jour tout nouveau.
11 est incontestable que les Anglais, préoccupés par-dessus tout de la stabilité de l'État, attachent un grand prix à l'hérédité du pouvoir suprême. L'embarras était de combiner le principe conservateur de l'hérédité avec le principe libéral de l'élection. A vrai dire, ils paraissent contradictoires, et nous n'avons pas cru, chez nous, pouvoir les allier. Nos voisins ont résolu le problème par un compromis subtil, mais adroit et sensé. Lorsque la royauté a prétendu ne tenir ses droits que d'ellemême et les posséder en pleine et personnelle propriété, ils l'ont considérée comme usurpatrice : c'est leur grief capital contre les Stuarts. Mais du jour que cette même royauté a consenti à regarder