X INTRODUCTION
son pouvoir comme une simple délégation de la nation représentée par le Parlement, et à n'en jouir que comme d'une espèce d'usufruit, ils l'ont tenue pour légitime. L'opinion, dès lors satisfaite et rassurée, s'est montrée facile aux concessions. Elle a volontiers souffert que le Parlement, comme aux premiers temps de l'histoire nationale, portât son choix de préférence sur les membres d'une seule famille. Elle a permis davantage encore. Le Parlement a pu renoncer à faire ce choix lui-même, et laisser au souverain la faculté de régler à son gré l'ordre de succession au trône pour une ou plusieurs générations. C'était répudier la rigueur abstraite des idées, mais au profit de la pratique des choses. La royauté, ainsi établie, a donc réalisé la perfection possible, s'étayant sur un double droit, l'agrément tacite de la nation et la désignation expresse du chef de la famille régnante, l'élection et l'hérédité.
Telle est la monarchie anglaise. Le Parlement n'a pas abdiqué ses pouvoirs ; il en suspend l'exercice. Au premier écart de la royauté, il interviendrait de nouveau, comme il l'a fait souvent ; il la rappellerait au sentiment de son origine et à l'exécution de ses engagements. Qui ne voit ainsi ce qu'elle a de précaire et combien, à l'examiner de