INTRODUCTION. XI
près, elle répond mal à l'idée qu'on se fait généralement d'une monarchie héréditaire? Au lieu d'être la clef de voûte de l'édifice, la royauté n'en est que le fronton et comme la décoration extérieure. La puissance réelle réside ailleurs. On sent vivre sous les apparences un esprit démocratique qui rappelle les origines germaniques de ce « beau système trouvé dans les bois » , dans ces forêts où les hommes de guerre ( War-man, Germain) s'assemblaient pour délibérer en commun et acclamer ou repousser leurs chefs.
Les esprits prévenus qui méconnaissent cette analogie si curieuse et pourtant si vraie entre le système politique anglais et le régime populaire, ont à leur service une objection plus grave que celle de la suprématie ostensible d'un monarque. Us se prévalent de l'existence d'une aristocratie aussi puissante que célèbre. Mais l'argument est plus spécieux que fondé.
Avant tout, il faut bien le reconnaître, il est même indispensable de le constater, les Anglais ne comprennent pas la démocratie comme nous. Nous y attachons principalement une idée d'égalité ; ils y cherchent surtout l'application du principe de liberté (2). Notre démocratie égalitaire, qui n'est que trop souvent portée à procéder par la force, les