‹ Le développement de la constitution anglaiseChapitre 8 sur 63 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

choque, quand elle ne provoque même pas leur dédain ou leur colère. La démocratie libérale (3), telle que l'avaient réglée les plus fameuses républiques de l'antiquité (la question de l'esclavage écartée), est leur idéal politique. Tous les citoyens possèdent leur droit naturel, inviolable, imprescriptible ; ils prennent tous leur part à la gestion des affaires communes. Mais tant s'en faut que cette part doive être strictement la même pour chacun. Les supériorités de talent, de caractère, de services, de naissance même et de fortune, peuvent être reconnues, choisies habituellement pour les charges et les honneurs, entourées de respect, vénérées même comme quelque chose de sacré (4). La raison est par là satisfaite et les intérêts généraux enprofitent, sans que les principes soient violés. Bien plus, cette naturelle préférence est dans l'instinct des foules, si bien que le gouvernement populaire demeure plus fidèle aux hommes qui le servent bien et les maintient plus solidement aux affaires que le gouvernement des rois lui-même. L'histoire en témoigne plus d'une fois.

Ainsi le double vice qu'on reproche aux régimes ' politiques où le peuple exerce une influence prépondérante, l'instabilité et l'abaissement du niveau général jusqu'au médiocre ou au pire, disparaît

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