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mands, en pratiquant le dumping, arrêtèrent notre commerce dans cette branche. Nous entreprimes alors la fabrication des rails de tramways et de trains électriques, mais le dumping commence aussi à atteindre ces produits, finalement nous nous sommes vus forcés de renoncer à nous spécialiser et de fabriquer toutes sortes d'articles, mais nous avons eu encore à souffrir de la concurrence allemande.
€ Il n’est pas une branche de notre industrie où le dumping ne soit pratiqué, à un degré quelconque, par les Allemands et les Américains. Nous avions cependant moins à en souffrir, quand nous nous contentions de fabriquer des articles d’un degré inférieur valant de £ 3. 15s. à £ 5 par tonne. Il est plus facile de dump les articles demi-ouvrés... Il me semble qu’à présent cette pratique a atteint les articles valant de £ 3. 15s. à environ £5. 105. la tonne.
«Si nous considérons les produits d’un prix inférieur à £3. 195. la tonne, comme par exemple le fer en saumons, nous voyons qu'il n’est pas possible de pratiquer le dumping dans cette branche, si ce n’est dans des circonslances exceptionnelles, car notre minerai et notre combustible sont bon marché et que Pindustrie est naturellement protégée par le coût du transport qui représente une proportion beaucoup plus grande de la valeur que pour les produits d’un degré plus élevé ; mais quand on arrive aux produits d’une valeur de £3. 15s.et £5 dans la fabrica-
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tion desquels le coût de la main-d'œuvre n’est pas très haut, mais modérément élevé, il est possible à nos concurrents de nous supplanter, quoiqu'ils puissent eux-mêmes, comme en Amérique, payer des salaires plus élevés.
Si nous considérons un degré encore plus élevé de production où la proportion des salaires est encore plus grande,nos concurrents ne peuvent nous atteindre, jusqu’à présent du moins, car je pense qu'ils y arriveront nécessairement avec le temps (1). »
Le dumping n’est pas seulement un expédient temporaire, destiné à écouler les stocks à n’importe quel prix dans une période de surproduction, il est aussi une source de profits.
Le premier exemple qui a été cité montre comment ces profits sont réalisés par les fabricants.
On a estimé que le coût minimum de production des poutrelles allemandes était de 89s. ; en y ajoutant le prix du fret et les dépenses accessoires, estimées à 2s. 6d., le prix total des marchandises rendues à Anvers est de g1s. 6d. En les vendant 81s. 6d., il y a donc perte de 105. par tonne. En retranchant IS. par tonne pour la dépréciation, le coût de production pour le fabricant est de 90s. 6d. En vendant à 10s. sur le marché intérieur, il réalise un bénéfice
1. Report of the Tariff Commission. The Iron and Steel Trades, p. 17.
Mere
de 14s. 6d. Par conséquent il pourrait, sans perte, vendre 14 tonnes 1/2 au prix d'exportation pour 10 tonnes vendues à l’intérieur.
En d’autres termes, il lui aurait été possible d’écouler 59 o/o de sa production totale sur les marchés extérieurs à 52s. 6d. par tonne sans subir de perte, pourvu qu’il ait pu vendre le reste de sa production au moins 1055. par tonne. Tant que les ventes à l’extérieur n’atteindraient pas 59 0/0 de la production, il réaliserait un bénéfice.
La possibilité pour le producteur étranger de pratiquer le dumping en Angleterre, non seulement sans perte, mais avec profit, est prouvée par les chiffres suivants donnés par les directeurs d’une maison anglaise.
Ils avaient produit une certaine année 114.000 tonnes, le coût de la tonne au cours actuel étant £4.15s. En vendant à un prix moyen de £5 par tonne, leur bénéfice était de £28.500. Mais si leurs usines avaient marché à plein, c’est-à-dire pour fabriquer 152.000 tonnes, le coût de la tonne aurait été réduit à £4.10s. Cette production supplémentaire de 38.000 tonnes aurait pu être vendue au prix coûtant et cependant, grâce à la réduction du coût de production sur l'ensemble, les profits se seraient élevés à £5;.000. Ainsi, on voit qu'il leur aurait été possible de vendre ces 33.000 tonnes à un prix de beaucoup inférieur au coût de production et d’aug-
menter cependant leurs bénéfices s’ils avaient eu un marché dont ils pouvaient disposer (1).
Dans ces conditions, il est, dans l’opinion de la Tarifj Reform Commission, impossible de soutenir que le dumping est simplement un expédient temporaire, sans avantages pour les pays qui l’emploient et que, dès lors, il ne tardera certainement pas à être abandonné.
Les dépositions faites devant la Commission montrent au contraire que le dumping fait partie d’un plan d'action organisé.
Devant ces faits et autres du même genre, révélés par les enquêtes officielles et par la presse, les adversaires du free Trade ont beau jeu et il est incontestable que l’idée d’une réforme de la politique douanière gagne chaque jour du terrain en Angleterre.
«Le libre-échange, dit M. A. Vialatte, a perdu dans l'opinion publique la situation particulière qu'il occupait, il a cessé d’être un dogme, un principe intangible et sacré. » (2).
Le parti unioniste a fait de la Zariff Reform le principal article de son programme ; il a sans doute subi un échec aux dernières élections et la Conférence coloniale de 1406 sur laquelle les impérialistes
1. Report of the Tariff Commission. The Iron and Steel Trades, p. 18.
2. Achille Vialatte. La Grise Anglaise. Impérialisme et Protectionnisme, p. 107.
comptaient pour faire un premier pas dans la voie du protectionnisme, par l'établissement de tarifs différentiels entre les colonies et la mère-patrie, n’a eu pratiquement aucun résultat, à cause surtout de l'opposition et de la mauvaise volonté du gouvernement libéral. Il est à noter cependant que, dans la plupart des élections partielles qui ont eu lieu dernièrement, les électeurs se sont prononcés en majorité contre le programme libéral et il pourrait très bien se faire que les prochaines élections générales ramènent au pouvoir le parti unioniste. Si cet événement se produisait, il est probable que le système libre-échangiste ne subsisterait pas longtemps (1). A en croire les partisans, la Tariff Reform serait la panacée universelle qui soulagerait tous les maux dont souffrent actuellement l'industrie et le commerce anglais, son adoption entrainerait la disparition du chômage, la suppression de la surproduction et de l’avilissement des prix et permettrait de faire face d’une façon efficace à la concurrence étrangère. Cependant, en attendant que ces beaux espoirs se réalisent, il a fallu trouver, à défaut d’un tarif doua-
nier, un moyen pralique de résister à cette concur-
1. On peut déjà citer certaines mesures législatives récentes à tendance protectionniste : l’Aliens Act 1907 qui réglemente l'immigration des étrangers et le Patents Act de 1907, dont l’une des clauses édicte des dispositions spéciales en ce qui concerne les brevets pris par des étrangers.
ET, ve
rence qui est devenue particulièrement âpre depuis quelque temps. Ce moyen, les industriels anglais l’ont trouvé dans la constitution d’ententes, cartels ou trusts, analogues à celles formées par leurs rivaux (1).
Les trusts se sont multipliés en Angleterre dans ces dernières années. Cette forme d'organisation a, pour les producteurs anglais, un double avantage : elle leur permet d’abord, en groupant les entreprises autrefois concurrentes, de maintenir une force de cohésion suffisante pour résister efficacement à l'invasion des produits étrangers sur le marché de la métropole : d’autre part, en réduisant le coût de production, elle leur donne le moyen de lutter, sans trop de désavantage, pour la conquête des marchés peutres.
Il est à remarquer que plusieurs des trusts anglais, qui avaient d’abord un caractère défensif ont pris plus tard loffensive et sont allés établir leurs usines ou leurs succursales sur le territoire même de l’adversaire, ce qui leur permet de bénéficier à leur tour des tarifs protectionnistes. C’est
1. Il est noter que les trusts se sont formés surtout dans l’industrie textile ; or, les représentants de cette industrie, dont le siège principal est Manchester, sont restés pour la plupart fidèles à la doctrine libre-échangiste et ils estiment que le remède à la situation présente doit être cherché, non pas dans l'intervention de l'Etat, mais dans la réforme de l'organisation industrielle,
ainsi qu'ont agi plusieurs trusts de l’industrie textile et l’Zmperial Tobacco Company.
La plupart des trusts internationaux, comme The Borax Consolidated. The Nobel Dynamite Trust, etc., ont d’ailleurs pris naissance en Angle-
terre.
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