РЦ CD
e-stl
de cultivateurs
IB
Sans bêtes de travail
Avec 1 bête de travail
Avec 2-3
Avec 4
Avec 5-10
Avec 10-20
Avec 20 et
plus
Total 0,3 751 100 19,8 31,7 11,0 15,1
Nous voyons ici l'extrême concentration des terres achetées et affermées. Plus des 'Vio des terres achetées appartiennent à 1,8% des feux les plus riches. 69,7% des terres affermées sont aux mains des paysans-capitalistes, et 86,6% sont détenues par le groupe supérieur de la paysannerie. La comparaison des données sur la prise et la cession à bail des lots montre clairement que la terre passe à la bourgeoisie paysanne. La conversion de la terre en marchandise entraîne, cette fois encore, une baisse de prix pour l'achat de la terre en gros (et, par suite, la spéculation sur la terre). En établissant le prix de location d'une déciatine de terre non concédée, on obtient les chiffres suivants, en allant du groupe inférieur au supérieur : 3,94 ; 3,20 ; 2,90 ; 2,75 ; 2,57 ; 2,08 ; 1,78 roubles. Pour montrer à quelles erreurs la méconnaissance de cette concentration des affermages conduit les populistes, citons à titre d'exemple ce qu'en dit M. Karychev dians le livre bien connu : L'influence des récoltes et des prix du blé sur certains côtés de l'économie
78 V. LENINE
nationale russe (St-Pétersbourg 1897). Lorsque, avec l'amélioration de la récolte, les prix du blé tombent et que les prix des fermages montent, les fermiers-entrepreneurs, conclut M. Karychev, doivent diminuer la demande, et les prix des fermages sont ainsi relevés par les représentants de l'exploitation consommatrice (I, p. 288). Conclusion absolument arbitraire : il est fort possible que la bourgeoisie paysanne élève les prix des fermages malgré la baisse des prix du blé, car une amélioration de la récolte peut compenser la baisse du prix. Il est fort possible que, même cette compensation faisant défaut, les paysans aisés haussent les prix des fermages en diminuant le prix de revient du blé par l'introduction de machines. Nous savons que l'emploi des machines dans l'économie rurale augmente, et qu'elles se concentrent aux mains de la bourgeoisie paysanne. Au lieu d'étudier la décomposition de la paysannerie, M. Karychev formule des prémisses arbitraires et fausses sur la paysannerie moyenne. C'est pourquoi toutes ses conclusions et déductions construites de façon analogue dans l'ouvrage cité ne peuvent avoir aucune valeur.
Après avoir dégagé les éléments hétérogènes de la paysannerie, nous pouvons déjà élucider sans peine la question du marché intérieur. Si la paysannerie aisée détient près des deux tiers de la production agricole, e]le doit évidemment fournir une part infiniment plus grande du blé mis en vente. Elle produit du blé pour la vente, tandis que les paysans pauvres sont forcés d'en acheter en appoint, en vendant leur force de travail. Voici les chiffres * :
* A la vente de la force de travail nous rapportons ce que les statisticiens appellent « occupations agricoles » (locales ou hors du village). Que par «occupations» l'on entend travail salarié et travail à la journée, cela ressort du itableau des métiers (Recueil récapitulatif pour la province de Samara, t. VIII) : sur 14 063 hommes se livrant à des «occupations agricoles» on compte 13 297 salariés agricoles et ouvriers travaillant à la journée (y compris les bergers et les valets de charrue).
Groupes de cultivateurs
Cultivateurs employant
des ouvriers salariés, en o/qO/o
Ouvriers 86 livrant à des occupations agricoles, en o/qO/o
Sans bêtes de travail
Avec 1 bête de travail
» 2 — 3 bêtes » »
» 20 et plus
Total 9,0 25,0
Nous invitons le lecteur à rapprocher de ces chiffres relatifs à la création du marché intérieur, les raisonnements de nos populistes. . . « La fabrique prospère, quand le moujik est riche, et inversement » (V.V. Les courants progressifs, p. 9). Sans doute M. V.V. ne s'intéresse nullement à la forme sociale de la richesse nécessaire à la «fabrique» et qui ne se crée qu'en convertissant en marchandise le produit et les moyens de production d'une part, la force de travail, de l'autre. Parlant de la vente du blé, M. N. — on se console de ce que ce blé est le produit du « paysan laboureur » {Esquisses, p. 24) ; que « le paysan fait vivre les chemins de fer » qui transportent son blé (p. 16). En effet, estce que ces capitalistes « communaux » ne sont pas des « paysans » ? « Nous aurons encore l'occasion de montrer, écrivait M. N. —on en 1880 et réimprimait en 1893, que là où domine la possession communale de la terre, l'agriculture capitaliste fait presque entièrement défaut (sic) et qu'elle n'est possible que là où les liens communaux sont ou complètement rompus ou en train de se détruire» (p. 59). M. N. — on n'a jamais vu ni pu voir une « occasion » semblable, car les faits montrent précisément que l'agriculture
во V. LENINE
capitaliste se développe parmi les « communaux » * et que les fameux « liens communaux » s'adaptent parfaitement aux gros détenteurs de surfaces ensemencées, dont le domaine est basé sur la main-d'œuvre salariée.
Les rapports entre groupes de paysans sont tout à fait analogues dans le district de Nikolaïev (recueil cité, pp. 826 et suivantes. Nous ne tenons pas compte des paysans sans terre ou n'habitant pas leur commune). Ainsi, les 7,4% de feux de paysans riches (possesseurs de 10 bêtes de travail et plus) avec 13,7% de la population, détiennent 27,6% de tout le bétail et 42,6% des terres affermées, tandis que les 29% de feux de paysans pauvres (sans chevaux ou à cheval uniquje) avec 19,7% de la population, ne possèdent que 7,2% du bétail et 3% des terres affermées. Malheureusement, les tableaux concernant le district de Nikolaïev, répétons-le, sont beaucoup trop succincts. Pour en finir avec la province de Samara, nous citerons, d'après le Recueil récapitulatif de cette province, cette caractéristique éminemment édifiante de la situation des paysans :
«... Du fait de l'entrée dans la carrière de la production agricole de marchands-spéculateurs, qui font le trafic de la terre dans un dessein de lucre, l'accroissement naturel de la population, augmenté encore par l'immigration — des provinces occidentales — de paysans mal lotis, a compliqué d'année en année les modes de location du sol, en a élevé le prix et converti la terre en marchandise qui a si vite et si fortement enrichi les uns et ruiné beaucoup d'autres. A titre d'illustration de ce dernier fait, citons les surfaces des labours de quelques exploitations de paysans et de
* Le district de Novoouzensl<, que nous avons pris à titre d'illustration, manifeste une singulière « vitalité de la commune » (suivant la terminologie de M. V. V. et C'e) : le tableau du Recueil récapitulatif (p. 26) nous montre que 60% des communes de ce district ont eu des partages nouveaux du sol, au lieu de 11 à 23% dans les autres districts (et 13,8% de communes dans toute la province).
commerçants du sud : ici les labours de 3000 à 6 000 déciatines ne sont pas rares ; certains même ensemencent jusqu'à 8-10-15 000 déciatines de terres domaniales en affermant à l'Etat des dizaines de milliers de déciatines.
« Le prolétariat agricole (rural) de la province de Samara doit pour une large part son existence et son accroissement numérique à ces derniers temps : production croissante de blé vendable, hausse des fermages, mise en culture des terres vierges et des pâturages, abattage de forêts et autres faits analogues. On compte dans la province seulement 21 624 feux dépourvus de terre, cependant que les feux sans exploitation (parmi les feux lotis) sont au nombre de 33 772 et les feux sans chevaux ou à cheval unique se chiffrent par 110 604 avec 600 000 individus des deux sexes, à raison d'un peu plus de 5 âmes par famille. Nous osons les ranger parmi le prolétariat, quoique juridiquement ils disposent d'une certaine part de la terre communale : en fait, ce sont des journaliers, des valets de charrue, des bergers, des moissonneurs et autres ouvriers occupés dans les grandes exploitations qui n'ensemencent sur leur lot concédé que У2-1 déciatine pour faire vivre leur famille qui reste à la maison » (pp. 57-58).
Ainsi, les enquêteurs reconnaissent pour prolétaires non seulement les paysans sans chevaux, mais aussi les paysans à cheval unique. Notons cette conclusion importante, qui concorde entièrement avec celle de M',. Postnikov (et avec les chiffres des tableaux par groupes) et indique le véritable rôle économique et social du groupe inférieur de la paysannerie.
m. LA STATISTIQUE DES ZEMSTVOS SUR LA PROVINCE DE SARATOV
Passons maintenant à la zone moyenne des Terres Noires, à la province de Sanatov. Prenons le district de Kamychine, le seul pour lequel les statistiques groupent 6—1756
les paysans d'une façon assez complète d'après les bêtes de traviail *.
Voici les chiffres, portant sur tout le district (40 157 feux, 263 135 hommes et femmes. Surface ensemencée: 435 945 déciatines, soit 10,8 déciatines par feu «moyen») :
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Groupes de cultivateurs
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Sans bêtes de travai
Avec 1 bête » »
» 2 bêtes » »
» 5 et plus
Total
* Pour les 4 autres districts de la province, le groupement d'après les bêtes de travail confond ensemble la paysannerie moyenne et aisée. V. Recueil de renseignements statrsfiques sur la province de Saratov, partie I. Saratov 1888 B. Tableaux combinés de la province de Saratov par catégories de paysans. Les tableau.x combinés des statisticiens de Saratov sont établis comme suit : tous les cultivateurs sont divisés en 6 catégories d'après la quantité de la terre concédée qu'ils détiennent ; chaque catégorie en 6 groupes d'après les bêtes de travail, et chaque groupe en 4 sections d'après le nombre de travailleurs mâles. Les totaux ne sont donnés que pour les catégories, de sorte que poujr les groupes il faut faire le calcul soi-même. Sur la valeur d'un tel tableau nous reviendrons plus loin.
On voit donc cette fois encore la concentration de la surface ensemencée aux mains des gros détenteurs : la paysannerie aisée, qui ne représente qu'un cinquième des feux (et près d'un tiers de la population) *, détient plus de la moitié de la surface ensemencée (53,3%), dont l'étendue dénote bien son caractère commercial : 27,6 déciatines en moyenne par feu. Elle possède aussi une grande quantité de bétail par feu : 14,6 têtes (en unités de gros bétail, 10 têtes de petit pris pour l de gros) . Près des Vs (56% ) de tout le bétail paysan du district sont concentrés aux mains de la bourgeoisie paysanne. Au pôle opposé des campagnes, c'est tout le contraire : le groupe inférieur, le prolétariat rural, qui détient, dans notre exemple, un peu moins de la moitié des feux (environ un tiers de la population), se trouve entièrement déshérité, car il ne lui revient que Vs des surfaces ensemencées, et encore moins du bétail (11,8%). Ce sont pour la plupart des salariés agricoles, des journaliers et des ouvriers industriels pourvus d'un lot de terre concédé.
La concentration de la surface ensemencée et l'accentuation du caractère commercial de l'agriculture marchent de pair avec sa transformation en agriculture capitaliste. Nous observons ici un fait déjà connu : la vente de la force de travail dans les groupes inférieurs et l'achat dans les groupes supérieurs.
* Notons qu'en groupant les feux d'après leur aisance ou d'après l'étendue de leur exploitation, nous obtenons toujours des familles plus nombreuses dans les couches aisées de la paysannerie. C'est ce qui montre la corrélation entre la bourgeoisie paysanne et les grandes familles qui reçoivent un plus grand nombre de lots ; inversement, ce fait témoigne d'une moindre tendance au partage chez les paysans aisés. Il ne faut cependant pas exagérer le rôle des familles nombreuses chez les paysans aisés, qui, comme l'attestent nos chiffres, embauchent le plus grand nombre d'ouvriers. La « coopération familiale», dont aiment tant à parler nos populistes, constitue ainsi la base de la coopération capitaliste.
LENINE
Groupes de cultivateurs
Cultivateurs
employant
des ouvriers
salariés,
en o/oo/o
Exploitations fournissant la maind'œuvre, en o/oO/o
Sans bêtes de travail
Avec 1 bête » »
» 2 bêtes » »
» 5 » » » et plus
Total
Ici, une explication importante est nécessaire. Déjà P. Skvortsov a pu observer très justement, dans un de ses articles, que la statistique des zemstyos fait une trop «large» part au terme «occupation» (ou «gagne-pain»). En effet, on y fait rentrer les occupations de tout genre et de tout ordre auxquelles les paysans se livrent en dehors de leurs lots de terre ; fabricants et ouvriers, propriétaires de moulins ou de melonnières, journaliers, salariés agricoles ; revendeurs, marchands et manœuvres ; marchands de bois et bûcherons ; entrepreneurs et ouvriers du bâtiment ; représentants des professions libérales, employés, mendiants, etc., — tous exercent une « industrie ». Cet emploi absurde du terme est une survivance de la conception traditionnelle, nous serions même en droit de dire — officielle, d'après quoi le « lot » est l'occupation « véritable », « naturelle » du paysan, et tout le reste se classe indifféremment parmi les occupations « accessoires ». Sous le régime du servage, cet emploi avait encore sa raison d'être *, mais maintenant c'est un anachronisme criant. Si cette terminologie se maintient chez nous, c'est notamment parce qu'elle s'harmonise remarquablement avec la fiction d'une paysannerie « moyenne » et exclut tout simplement la possibilité d'étudier la différen-
* En français dans l'original. {N.R-)
dation de la paysannerie (surtout dans les contrées où les occupations « accessoires » des paysans sont nombreuses et variées. Rappelons que le district de Kamychine est un centre notable de l'industrie de la « sarpinka » *). L'analyse ** de l'exploitation paysanne sur la base des renseignements par feux sera insuffisante aussi longtemps que les «occupations accessoires » des paysans ne seront pas réparties d'après leurs types économiques ; aussi longtemps que parmi ceux qui « exercent une industrie » on ne disMnguera pas entre patrons et ouvriers salariés. C'est là le minimum de types économiques, et la statistique économique ne saurait être reconnue satisfaisante tant qu'elle ne les aura pas délimités. Bien entendu, un groupement plus détaillé serait désirable, par exemple : cultivateurs avec ouvriers salariés, cultivateurs sans ouvriers salariés — marchands, revendeurs, boutiquiers, etc., artisans travaillant pour les clients, etc.
Notons, en reprenant notre tableau, que nous étions jusqu'à un certain point en droit de faire rentrer les «occupations accessoires » dans la vente de la force de travail, puisque les ouvriers salariés prédominent d'ordinaire parmi les paysans exerçant des « industries auxiliaires ». Si l'on pouvait dégager de ces derniers les seuls ouvriers salariés, on obtiendrait sans doute, dans les groupes supérieurs, une proportion bien moindre d'« industriels ».
Quant aux chiffres relatifs aux ouvriers salariés, nous tenons à noter ici l'opinion absolument fausse de M. Kharizoménov, pour qui « l'embauchage à court terme [d'ouvriers] pour la moisson, la fenaison ou à la journée, fait trop ré-
* Sorte d'étoffe en coton. {N. R.)
** Nous disons «analyse», parce que dans les recensements par feux les renseignements recueillis sur les occupations accessoires des paysans sont très amples et circonstanciés.
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pandu, ne peut servir d'indice caractéristique de la puissance ou de la faiblesse d'une exploitation » {Recueil récapitulatif. Introduction, p. 46). Et les considérations théoriques, et l'exemple de l'Europe occidentale, et les données russes (dont nous parlerons plus loin) font voir au contraire dans l'emploi de journaliers un indice très caractéristique de la bourgeoisie rurale.
Enfin, pour ce qui est des affermages, les chiffres montrent, là encore, qu'ils sont accaparés par la bourgeoisie paysanne. Notons que les tableaux combinés des statisticiens de Saratov n'établissent pas le nombre de cultivateurs prenant ou donnant la terre en location, mais seulement la quantité de terre prise et donnée à bail*. Force nous sera donc de calculer la quantité de terre prise ou cédée non par feu preneur, mais par feu en général.
Nombre de déeiatines En o/qO/q par rapport à par feu la terre
vu
Total de la
jouissance
(terre concé-
ës-
dée+prise
Groupes de
à bail — terre
cultivateurs
donnée n bail en o/qO/o
Sans bêtes de tra-
vail
Avec 1 bête de
travail
Avec 2 bêtes de
travail
Avec 3 bêtes de
travail
Avec 4 bêtes de
travail
Avec 5 bêtes de
travail et plus
Total 9,3 5,4 1,5 100 100 100 100
Ici encore l'on voit que plus les paysans sont aisés, et plus ils prennent à bail, encore qu'ils soient pourvus de lots
* La quantité des labours donnés à ferme dans tout le district, se monte à 61 639 déeiatines, soit 1/6 environ de tous les labours concédés (377 305 déeiatines).
assez importants. Ici encore l'on voit que la paysannerie aisée refoule la paysannerie moyenne et que le rôle des terres concédées dans l'exploitation paysanne tend à diminuer aux deux pôles de la campagne.
Arrêtons-nous plus longuement sur ces données relatives à l'iaîfermage. Il s'y rattache des recherches et développements fort intéressants et importants de M. Karychev (Bilan déjà cité) et les « rectifications » qu'y apporte M. N. —on.
M. Karychev a consacré tout un chapitre (III) pour montrer que « l'affermage dépend de la fortune des preneurs ». La conclusion générale à laquelle il arrive est que, « toutes choses égales d'ailleurs, la concurrence pour la terre à louer a tendance à se résoudre à l'avantage des plus riches» (p. 156). «Les feux relativement plus pourvus... relèguent au second plan le groupe des feux qui le sont moins» (p. 154). Nous voyons ainsi que l'examen d'ensemble des chiffres de la statistique des zemstvos aboutit à la même conclusion que celle qui découle des données étudiées par nous. De plus, en établissant dans quelle mesure l'étendue de la terre affermée dépend de l'étendue du lot concédé, M. Karychev en arrive à conclure que le groupement d'après le lot concédé « obscurcit le sens du phénomène qui nous préoccupe » (p. 139) : « les plus grands affermages. . . se rencontrent a) dans les catégories moins pourvues de terre, mais b) dans les groupes qui sont mieux pourvus. Il est évident qu'ici nous sommes en présence de deux influences directement opposées, dont la confusion empêche de comprendre la portée de chacune» (ibid.). Cette conclusion va de soi, si nous appliquons avec esprit de suite le point de vue distinguant les groupes de paysans d'après leur fortune : nous avons vu partout, dans nos chiffres, que la paysannerie aisée accapare toujours l'affermage, bien qu'elle soit mieux lotie. Il est clair que précisément l'aisance d'un feu est le facteur déterminant dans l'affermage et que ce
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facteur, sans cesser d'être déterminant, peut seulement se modifier selon l'étendue des lots et les conditions d'affermage. Mais M. Karychev, quoiqu'il ait étudié l'influence de la « fortune », ne s'en est pas tenu d'une façon conséquente à ce point de vue ; aussi a-t-il donné du fait une définition inexacte en parlant de la dépendance directe entre la terre possédée par le preneur et la terre prise à bail. Ceci d'une part. D'autre part, ce qui a empêché M. Karychev d'apprécier à sa juste valeur l'accaparement des affermages par les richards, c'est le caractère unilatéral de ses recherches. En étudiant « l'affermage en dehors du lotissement », il se borne à totaliser les chiffres de la statistique des zemstvos sur l'affermage, sans tenir compte de la propre exploitation des preneurs. Etudiée ainsi, d'une manière plutôt superficielle, la question des rapports de l'affermage et de la «fortune», du caractère marchand ou commercial de l'affermage, ne pouvait évidemment pas être résolue. M. Karychev, par exemple, a eu en mains les mêmes chiffres sur le district de Kamychine, mais il s'est contenté de reproduire les chiffres absolus des seuls affermages (v. appendice, n° 8, p. XXXVI) et de calculer l'étendue moyenne des terres affermées par feu (texte, p. 143). La concentration de l'affermage aux mains de la paysannerie aisée, son caractère industriel, son rapport avec les cessions de terre à bail par le groupe paysan inférieur, tout cela a été laissé de côté. Aussi M. Karychev n'a-t-il pas pu ne pas remarquer que les chiffres de la statistique des zemstvos réfutent les idées populistes sur l'affermage et font apparaître l'éviction de la paysannerie pauvre par la paysannerie aisée ; mais il a donné une caractéristique inexacte de ce fait et, pour ne l'avoir pas étudié sous toutes ses faces, il s'est mis en contradiction avec ces chiffres en répétant la vieille antienne sur le « principe du travail », etc. Or, même la simple constatation de la division et de la lutte économiques au sein de la paysannerie, a été taxée d'hérésie par MM. les populistes,
et ils se sont mis en devoir de « corriger » M. Karychev à leur manière. Voici comment le fait M. N. — on, qui « se sert», comme il l'affirme (p. 153, note), des objections opposées à M. Karychev par M. N. Kabloukov. Au § IX de ses Esquisses M. N. — on traite de l'affermage et de ses diverses formes. « Lorsque le paysan, dit-il, possède assez de terre pour subsister par son travail agricole sur sa propre terre, il n'en prend plus en location» (p. 152). Donc, l'existence de l'esprit d'entreprise dans l'affermage paysan, son accaparement par les riches qui pratiquent des emblavements pour le marché, sont niés p^ar M. N. — on sans autre forme de procès. Ses preuves ? Aucune absolument: la théorie de la «production populaire» n'est pas démontrée ; elle est simplement décrétée. Contre M. Karychev, M. N. — on tire du recueil des zemstvos sur le district de Khvalynsk un tableau montrant que « à égalité de bêtes de travail, moins le lot de terre est étendu, et plus le déficit doit être comblé par la location » (p. 153)*. Et encore : « Si les paysans sont placés dans des conditions absolument identiques au point de vue de la possession du bétail, et s'ils ont dans leur famille assez de bras, ils prennent à bail d'autant plus de terre que leur lot est moins étendu » (p. 154). Le lecteur se rend compte que de telles « conclusions » ne sont que chicane verbale contre la formule inexacte de M. Karychev ; que la question des rapports entre l'affermage et l'aisance, M. N. —on la noie tout simplement sous des futilités sans importance. N'est-il pas évident qu'à égalité de bêtes de travail, moins on a de terre à soi, et plus on en loue ? Inutile même d'en parler, car on suppose ici égale justement la fortune dont on envisage les différences. L'affirmation de M. N. —on que les
* Les statistiques fournissent un tableau strictement analogue pour le district de Kamychine. Recueil de rens. stat. sur la province de Saratov, t. XI. District de Kamychine, pp. 249 et suiv. Nous pouvons donc fort bien utiliser les chiffres pour le district pris par nous.
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paysans qui possèdent assez de terre n'en louent pas, n'est nullement prouvée par là, et ses tableaux montrent seulement qu'il ne comprend pas les chiffres qu'il cite : en classant les paysans d'après l'étendue de leurs lots, il met encore davantage en relief le rôle de la « fortune » et l'accaparement des affermages en rapport avec les cessions de terre à bail par la paysannerie pauvre (cession à ces mêmes paysans aisés naturellement)*. Que le lecteur se souvienne des chiffres cités à l'instant sur la répartition des terres affermées dans le district de Kamychine ; supposez que nous ayons mis à part les paysans « possédant la même quantité de bêtes de travail » et que, après les avoir rangés en catégories d'après leurs lots concédés et en sections d'après le nombre de bras, nous déclarions : moins ' ils ont de terre, plus ils en louent, etc. Cet artifice fera-t-il se volatiliser le groupe de paysans aisés ? Or M. N. — on, avec ses phrases creuses, l'a justement fait se volatiliser, ce qui lui a permis de reprendre les vieux préjugés du populisme.
Le procédé absolument impropre de M. N. — on, qui consiste à classer les affermages des paysans par feu, en des groupes comprenant 0, 1, 2, etc., travailleurs, est repris par M. L. Maress dans le livre : L'influence des récoltes et des prix du blé. . . (I, p. 34). Voici un petit exemple des « moyennes » dont se sert hardiment M. Maress (comme du reste les autres auteurs du livre écrit avec un parti pris populiste). Dans le district de Mélitopol, raisonne-t-il, on compte 1,6 déciatine de terre affermée par feu preneur sans travailleurs mâles ; 4,4 déci^atines dans les feux ayant un seul travailleur ; 8,3 dans ceux qui en ont deux ; 14,0 dans ceux qui en ont trois (p. 34). Conclusion : « la distribution à peu près égale de la terre affermée par individu »! ! M. Maress n'a pas jugé utile de regarder la répartition véritable
* Le fait que les données citées par M. N. — on infirment ses conclusions a déjà été signalé par M. P. Strouvé dans ses Remarques critiques.
de la terre affermée dans les groupes de feux de diverse consistance économique quoiqu'il ait pu le voir dans le livre de M. V. Postnikov et dans les recueils des zemstvos. Le chiffre « moyen » de 4,4 déciatines de terre affermée par feu preneur dans le groupe de feux ayant un travailleur du sexe mâle, a été obtenu en additionnant des chiffres comme 4 déciatines dans le groupe de feux cultivant de 5 à 10 déciatines avec 2-3 bêtes de travail et 38 déciatines dans celui cultivant plus de 50 déciatines avec 4 bêtes de travail et plus. (V. le Recueil sur le district de Mélitopol, pp. D. 10- 11.) Il n'est pas étonnant qu'en additionnant ensemble riches et pauvres et en divisant par le nombre des composants, on puisse obtenir partout où l'on veut une « répartition égale » !
En réalité, dans le district de Mélitopol, les 21% de 'feux riches (25 déciatines et plus de surface ensemencée), formant 29,5% de la population paysanne détiennent, quoique étant les mieux pourvus en terre concédée et achetée, 66,3% de tous les labours affermés {Recueil sur le district de Mélitopol, pp. B. 190-194). Par contre, les 40% de feux pauvres (jusqu'à 10 déciatines de surface ensemencée), formant 30,1% de la population paysanne détiennent, quoique les moins pourvus en terre concédée et achetée, 5,6% des labours affermés. Comme on le voit, cela ressemble fort à une « répartition égale par tête » !
Ses calculs concernant l'iaffermage paysan, M. Maress les fonde sur Г« hypothèse » que « les feux preneurs appartiennent principalement aux deux groupes inférieurs » (les plus mal pourvus de terre concédée) ; que « la terre affermée est répartie parmi la population preneuse selon un taux égal par tête » (sic) ; et que « l'affermage détermine le passage des paysans des groupes inférieurs moins pourvus aux groupes supérieurs» (34-35). Nous avons déjà montré que toutes ces « hypothèses » de M. Maress sont en contradiction flagrante avec la réalité. En fait, c'est
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exactement le contraire, et M. Maress n'aurait pas pu ne pas le remarquer si, en traitant des inégalités économiques (p. 35), il avait pris les données sur le groupement des feux d'après les critères économiques (et non d'après le lot de terre concédée qu'ils détiennent) , au lieu de se borner à une « hypothèse » gratuite inspirée des préjugés populistes.
Comparons maintenant le district de Kamychine aux autres districts de la province de Saratov. Les rapports entre groupes de paysans sont partout uniformes, comme l'attestent les chiffres suivants pour les 4 districts (Volsk, Kouznetsk, Balachov et Serdobsk) où, nous l'avons dit, les paysans moyens et aisés sont réunis :
4 districts de la province de Saratov en o/qO/o par rapport au total £
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Groupes d'
'exploitants
VU
Sans
bêtes
de
travail
Avec
1 bête
2 bêtes
et
plus
Nous voyons donc que partout les pauvres sont évincés par la paysannerie aisée. Mais dans le district de Kamychine les paysans aisés sont plus nombreux et plus riches que dans les autres districts. Ainsi, dans 5 districts de la province (dont celui de Kamychine) les feux se répartissent d'après les bêtes de travail comme suit : sans bêtes de travail, 25,3% ; avec 1 tête, 25,5% ; .avec 2,20% ; avec 3, 10,8% et avec 4 et plus, 18,4% ; tandis que dans le district de Kamychine, nous l'avons vu, le groupe de paysans aisés est plus nombreux ; en revanche, le groupe pauvre l'est un peu moins. Ensuite, si nous réunissons les paysans moyens et
aisés, c'est-à-dire que si nous prenons les feux possédant 2 bêtes de travail et plus, nous obtenons pour ces districts les chiffres suivants :
Chaque feu possesseur de 2 bêtes de travail et plus compte dans les districts:
de Kamychin(
ai <u
Bêtes de travail
Total de bêtes
Lots en déc.
Terre prise en location
Surface cultivée
C'est dire que dans le district de Kamychine, les paysans aisés sont plus riches. Ce district est parmi ceux qui sont le mieux pourvus de terre : 7,1 déciatines de terre concédée par tête recensée du sexe mâle^s contre 5,4 déc. pour toute la province. Par conséquent, la richesse de la « paysannerie » en terre dénote seulement une bourgeoisie paysanne plus nombreuse et plus riche.
En terminant notre analyse des données sur la province de Saratov, nous tenons à nous arrêter à la classification des feux paysans. Le lecteur l'aura déjà remarqué, nous rejetons a limine^- la classification d'après le lot concédé et usons exclusivement de la classification d'après la consistance économique (d'après les bêtes de travail, la surface ensemencée). Cette façon de procéder demande à être motivée. La classification d'après le lot est beaucoup plus répandue dans notre statistique des zemstvos, et on invoque d'ordinaire en sa faveur les deux arguments suivants, qui, à première vue, semblent fort probants**.
* D'emblée. {N.R.) ** Voir, par exemple, les introductions au Recueil récapitulatif sur la province de Saratov, au Recueil récapitulatif sur la province de
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On prétend d'abord que pour étudier les conditions d'existence de la paysannerie agricole, la classification d'après la terre est chose naturelle et indispensable. Pareil argument omet un trait essentiel de la vie russe, à savoir : que la possession du lot concédé n'est pas libre, qu'elle porte de par la loi un caractère d'égalitarisme, et que la mobilisation de cette terre est entravée au dernier degré. Tout le procès de décomposition de la paysannerie agricole consiste justement en ce que la vie passe outre à ces prescriptions juridiques. En classant les paysans d'après leurs lots, nous additionnons ensemble le pauvre, qui cède de la terre, et le riche qui en afferme ou en achète ; le pauvre qui abandonne la terre, et le riche qui « arrondit » la sienne ; le pauvre, qui exploite très mal avec une quantité infime de bétail, et le riche qui possède un nombreux troupeau, engraisse la terre, introduit des améliorations, etc., etc. Nous additionnons, en d'autres termes, le prolétaire rural et les représentants de la bourgeoisie rurale. Les « moyennes » ainsi obtenues voilent la décomposition et sont par conséquent purement fictives*. Les tableaux combinés que nous
Samara et au Recueil des renseignements estimatifs sur quatre districts de la province de Voronèje ainsi que d'autres travaux de la statistique des zemstvos.
* Nous saisissons cette occasion bien rare pour dire que nous sommes solidaires de M. V.V. qui, en 1885 et au cours des années postérieures, a fait bon accueil, dans ses articles de revues, à un « nouveau type de travaux de la statistique des zemstvos », à savoir les tableaux combinés permettant de grouper les renseignements par feux, non seulement d'après les lots concédés, mais aussi d'après la consistance économique. « Il faut, écrivait alors M. V. V., appliquer les données numériques non pas à un conglomérat des groupes économiques les plus différents, comme le bourg ou la commune, mais à ces groupes eux-mêmes ». (V. V. Un nouveau type de travaux de la statistique des zemstvos, pp. 189 et 190 du Séverny Vestnik, 1885, n° 3. Cité dans l'Introduction au Recueil récapitulatif sur la province de Saratov, p. 36.) A notre très vif regret, M. V. V. n'a, dans aucun de ses écrits ultérieurs, essayé de jeter un coup d'œil sur les données
avons décrits plus haut des statisticiens de Saratov permettent de montrer avec évidence que la classification d'après les lots est sans utilité. Prenons, par exemple, pour le district de Kamychine, la catégorie des paysans dépourvus de terre concédée (v. le Recueil récapitulatif, pp. 450 et suiv., le Recueil sur le district de Kamychine, t. XI, pp. 174 et suiv.). Pour caractériser cette catégorie, l'auteur du Recueil récapitulatif dit que la surface qu'elle ensemence est « très insignifiante » {Introduction, p. 45) ; autrement dit, il l'attribue à la paysannerie pauvre. Prenons les tableaux. La « moyenne » de la surface ensemencée dans cette catégorie est de 2,9 déciatines par feu. Mais voyez comment s'est formée cette « moyenne » : par addition des détenteurs de grande surface cultivée (18 déciatines par feu dans le groupe de possesseurs de 5 bêtes de travail et plus ; ce groupe compte environ 1/8 des feux dans toute cette catégorie, mais ils détiennent près de la moitié de la terre ensemencée par cette catégorie), et des pauvres sans cheval, avec 0,2 déciatine de terre ensemencée par feu ! Prenez les feux employant des salariés agricoles. La catégorie en compte très peu : 77, soit 2,5%. Mais sur ces 77 feux, 60 font partie du groupe supérieur, ensemençant 18 déciatines par feu, et dans ce groupe les feux employant des ouvriers salariés représentent déjà 24,5%. Il est évident que nous sous-estimons la décomposition des piaysans et présentons la paysannerie pauvre sous un jour meilleur qu'elle n'est en réalité (en y adjoignant les riches et en établissant des moyennes). Tandis que la paysannerie aisée, nous la représentons comme étant moins forte, puisque la catégorie des paysans
ayant trait aux différents groupes de paysans et même, nous l'avons vu, il a passé sous silence la partie du livre de M. V. Postnikov oîi sont rassemblés les faits, et pourtant cet auteur est peut-être le premier qui ait tenté de faire l'analyse des données sur ks différents groupes de paysans, et non sur « les conglomérats des groupes les plus différents ». Pourquoi cela ?
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pourvus de lots de terre importants comprend, avec une majorité de paysans aisés, d'autres qui ne le sont pas (on sait que, même dans les communes bien pourvues en terre, il y a toujours des paysans pauvres). On voit maintenant la fausseté du second argument en faveur de la classification d'après les lots. On dit que cette classification fait toujours apparaître l'élévation constante des signes de prospérité (quantité de bétail, surface ensemencée, etc.) avec l'augmentation du lot. Fait indiscutable, le lot étant un des principaux facteurs de la prospérité. C'est pourquoi on trouve toujours plus de représentants de la bourgeoisie paysanne parmi les paysans bien lotis, et c'est ce qui fait que les chiffres « moyens » par lots s'élèvent pour toute la catégorie. De tout cela cependant on ne saurait encore déduire la justesse d'un procédé qui confond la bourgeoisie rurale et le prolétariat rural.
Conclusion : en analysant les données sur les feux paysans, il ne faut pas s'en tenir au groupement d'après le lot concédé. La statistique économique doit nécessairement fonder ses groupements sur l'étendue et les types de l'ex-* ploitation. Les indices servant à différencier ces types doivent être choisis en fonction des conditions locales et des modes de culture ; si, dans la culture extensive des céréales, on peut s'en tenir au groupement d'après la surface ensemencée (ou d'après les bêtes de travail), il faut, les conditions étant différentes, tenir compte de la culture des plantes industrielles, du traitement technique des denrées agricoles, de la culture des plantes à racines ou fourragères, des produits laitiers, de la culture maraîchère, etc. Lorsque la paysannerie joint sur une large échelle l'agriculture aux occupations auxiliaires, il faut combiner les deux systèmes de groupement déjà indiqués, c'est-à-dire le groupement d'après l'étendue et les types des cultures et le groupement d'après l'étendue et les types des « occupations ». La question des procédés de récapitulation des
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recensements par feux est loin d'être une question étroitement spéciale et d'importance secondaire, comme on pourrait le croire de prime abord. Au contraire, il ne serait pas exagéré de dire que, pour le moment, c'est le problème fondamental de la statistique des zemstvos. L'ampleur des renseignements sur les feux et la technique du recensement* ont atteint un haut degré de perfection, mais par suite d'une récapitulation insuffisante, une foule de renseignements très précieux se perd tout bonnement, et le chercheur n'a à sa disposition que des chiffres « moyens » (par communes, cantons, catégories de paysans, étendue des lots, etc.). Et, comme nous l'avons déjà vu et le verrons encore, ces « moyennes » sont souvent absolument fictives.