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* Nous englobons sous ce terme les colonnes du Recueil: viande de bœuf, mouton, porc, lard. Pour exprimer en seigle les autres céréales, nous avons suivi les normes de la Statistique comparée de lanson, adoptées par les statisticiens de Nijni-Novgorod (cf. les Matériaux sur le district de Gorbatov). La base de l'équivalence est constituée par la proportion d'albumine assimilable^^^
les V. LENINE
De ce tableau il ressort que nous avions raison de compter ensemble les paysans sans chevaux et à cheval unique, et de les opposer laux autres. Le trait distinctif de ces groupes de paysans est le manque de nourriture et sa qualité inférieure (pommes de terre). Le paysan à cheval unique se nourrit même plus mal, à certains égards, que le paysan sans cheval. Même sur ce point, la « moyenne » générale est absolument fictive ; elle dissimule la sousalimentation de la masse des paysans par l'alimentation satisfaisante de la paysannerie aisée, qui consomme près d'une fois et demie plus de produits végétaux et trois fois plus de viande*, que les pauvres.
Pour comparer les autres données sur l'alimentation des paysans, tous les produits doivent être estimés à leur valeur, en roubles.
Par individu, en roubles
Dépenses
en argent
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♦ A quel point la consommation de viande chez les paysans est inférieure à celle des citadins, c'est ce que montrent, par exemple, les données fragmentaires que voici. En 1900, les abattoirs de Moscou ont abattu environ 4 millions de pouds de bétail valant 18 986 714 r. 59 k. (Moskovskié Védomosti, 1901, n° 55). Ce qui donne environ 4 pouds ou environ 18 roubles par an et par individu des deux sexes. (Note de la 2e édition.)
** Bœuf, porc, lard, mouton, beurre, produits laitiers, poules, œufs. *** Sel, poisson frais et salé, harengs, eau-de-vie, bière, thé et sucre.
LA DliCOMPOSlïION DE LA PAYSANNERIIÎ 169
Ainsi, les chiffres d'ensemble sur l'alimenlation des paysans confirment ce qui a été dit tout à l'heure. Trois groupes se détachent nettement : groupe inférieur (sans chevaux ou à cheval unique) ; groupe moyen (2 et 3 chevaux) et groupe supérieur, qui mange presque deux fois mieux que le groupe inférieur. La « mioyenne » générale efface les deux groupes extrêmes. Les frais de nourriture en argent atteignent leur maximum absolu et relatif dans les deux groupes extrêmes : chez les prolétaires ruraux et dans la bourgeoisie rurale. Les premiers, tout en consommant moins que le paysan moyen, achètent plus, ils achètent les produits agricoles les plus indispensables dont ils ont grand besoin. La seconde achète plus parce qu'elle consomme plus, surtout les produits non agricoles. Le rapprochement de ces deux groupes extrêmes nous montre avec évidence comment, dans un p:ays capitaliste, se crée le marché intérieur des articles de consommation individuelle*.
Autres dépenses relatives à la consommation individuelle :
Par individu des deux sexes, en roubles
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* Parmi les dépenses en argent pour l'achat de produits agricoles, Ift seigle, acheté surtout par les pauvres, tient la première place : en-
Il n'est pas toujours juste de calculer ces dépenses par individu des deux sexes car, par exemple, le coût du chauffage, de l'éclairage, des ustensiles de ménage, etc., n'est pas proportionnel au nombre des membres de la famille.
Ces chiffres aussi montrent la division de la paysannerie (au point de vue du niveau de vie) en trois groupes distincts. Et une particularité curieuse apparaît : la part-argent de tous les frais de consommation individuelle atteint son maximum dans les groupes inférieurs (près de la moitié de la dépense, en argent dans le groupe a), tandis que dans les groupes supérieurs elle ne s'élève pas, ne constituant qu'un tiers environ. Comment concilier ce fait avec celui, déjà noté plus haut, que le pourcentage des dépenses en argent monte en général dans les deux groupes extrêmes ? Sans doute que dans les groupes supérieurs la dépense en argent va surtout à la consommation productive (frais d'exploitation) , et dans les groupes inférieurs, à la consommation individuelle. Voici les chiffres précis :
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