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suite viennent les légumes. Les frais d'achat de légumes se montent à 85 kopecks par tête (de 56 кор. dans le groupe b à 1 rbl. 31 dans le groupe e), dont 47 en argent. Ce fait intéressant nous montre que,
La transformation de la paysannerie en prolétariat rural crée donc un marché principalement pour les objets de consommation, et sa transformation en bourgeoisie rurale — principalement pour les moyens de production. Autrement dit, dans les groupes inférieurs de la « paysannerie », nous voyons la force de travail se convertir en marchandise, et les moyens de production, en capital dans les groupes supérieurs. Cette • double transformation donne justement le processus de constitution du marché intérieur, processus établi par la théorie pour les pays capitalistes en général. C'est pourquoi Fr. Engels a écrit au sujet de la famine de 1891 qu'elle marquait la création d'un marché intérieur pour le capitalisme,'^'^ thèse inintelligible pour les populistes qui ne voient dans la ruine de la paysannerie que le déclin de la « production populaire », au lieu d'y voir la transformation de l'économie patriarcale en économie capitaliste.
M. N. — on a fait tout un livre sur le marché intérieur sans s'apercevoir que le processus de création de ce marché est déterminé par la décomposition de la paysannerie. Dans un article intitulé : « Comment expliquer l'accroissement des revenus de notre Etat ? » {Novoïé Slovo, 1896, février, n° 5), il envisage cette question en raisonnant comme suit : les tables des revenus d'un ouvrier américain montrent que plus le revenu est bas, et plus la part des frais de nourriture est grande. Par conséquent, si la consommation de nourriture diminue, la consommation des autres produits diminue encore davantage. Or en Russie la consommation de pain et d'eau-de-vie diminue, donc la
même dans la population rurale, sans parler de la population urbaine, il se constitue un marché pour les produits d'une des formes de l'agriculture marchande, à savoir la culture maraîchère. La dépense d'huile est faite pour les 2/3 en nature : donc, dans ce domaine dominent encore la production domestique et le métier primitif.
consommation des autres produits diminue de même, d'où il suit que la consommation plus grande de la « couche » aisée (p. 70) de la paysannerie est amplement compensée par la consommation diminuée de la masse. Ce raisonnement comporte trois erreurs : premièrement, en substituant l'ouvrier au paysan, M. N. — on saute par-dessus la question ; il s'agit justement du processus de formation des ouvriers et des exploitants. Deuxièmement, en substituant l'ouvrier au paysan, M. N. — on ramène toute к consomm^ation à la consommation individuelle et oublie la consommation productive, le marché des moyens de production. Troisièmement, il oublie que le processus de décomposition de la paysannerie est en même temps un processus de substitution de l'économie marchande à l'économie naturelle ; que, par conséquent, le marché peut se créer, non par l'accroissement de la consommation, mais par la transformation de la consommation naturelle (fût-elle plus abondante) en consommation monétaire ou payante (fût-elle moins abondante). Nous venons de voir que pour les objets de consommation individuelle les paysans sans chevaux consomment moins, mais achètent plus que la paysannerie moyenne. Ils deviennent plus pauvres, tout en recevant et dépensant plus d'argent. Ce sont ces deux aspects du processus qui sont nécessaires au capitalisme*.
* Ce fait qui, au premier abord, apparaît comme un paradoxe, est en réalité en pleine harmonie avec les contradictions fondamentales du capitalisme qui se rencontrent à chaque instant dans la réalité vivante. Aussi les observateurs attentifs de la vie campagnarde ont-ils pu relever ce fait indépendamment de toute théorie. « Pour que son activité puisse se développer, dit Engelhardt en parlant du koulak, du marchand, etc., il importe que les paysans soient pauvres. . . que les paysans reçoivent beaucoup d'argent » {Lettres de la campagne, p. 493). Sa sympathie pour la «vie agricole bien assise» (sic) (ibid.) n'a pas empêché Engelhardt de découvrir parfois les contradictions les plus profondes au sein de la fameuse commune.
Pour conclure, nous mettrons à profit les données budgétaires afin de comparer le niveau de vie des paysans et des ouvriers ruraux. En calculant la consommation personnelle non par tête d'habitant, mais par travailleur adulte (suivant les normes des statisticiens de Nijni-Novgorod, indiquées dans le recueil déjà cité), nous obtenons le tableau que voici :
Un travailleur adulte consomme
en pro
duits
dépei
ises en
roubles
aj >
bu'"'