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Autres industries de traitement des métaux

Les industries du bourg de Bezvodnoïé, district et province de Nijni-Novgorod, appartiennent aussi à la manufacture capitaliste. C'est aussi un de ces bourgs industriels dont la majeure partie des habitants ne pratiquent point l'agriculture, et qui est le centre d'un groupe industriel de plusieurs villages. D'après le recensement des zemstvos de 1889 [Matériaux, fasc. VIII, N.-N. 1895), 67,3% de feux du canton de Bezvodnoïé (581 feux) n'ensemençaient pias ; 78,3% n'avaient pas de chevaux ; 82,4% exerçaient des métiers ; 57,7%) comptaient des membres sachant lire et écrire ou fréquentant l'école (au lieu de 44,6%, la moyenne du district). Les industries de Bezvodnoïé consistent dans la fabrication de différents objets de métal : chaînes, hameçons, toiles métalliques; on estimait la production en 1883* à 2,5 millions de roubles; en 1888-1889**, à 1,5 millions. L'organisation de l'industrie : les koustari travaillent pour les patrons avec les matières premières fournies par ces derniers, travail distribué à des ouvriers de détail est exécuté en partie dans les ateliers des entrepreneurs, en partie à domicile. Par exemple, dans la fabrication des hameçons les différentes opérations sont exécutées par des « courbeurs », des « coupeurs » (travaillant dans un local spécial), des « appointeurs » (femmes et enfants qui taillent en pointe les hameçons à domicile). Tous ces ouvriers travaillent à la pièce, pour un capitaliste ; le courbeur remettant de son côté le travail aux coupeurs et aux appointeurs. « L'étirage du fil de fer se fait maintenant à l'aide de treuils à chevaux ; auparavant, c'étaient des aveugles qui venaient ici en grand nombre. . . » Voici bien une des « spécialités » de la

* Travaux de la Comm. artisanale, t. IX. Le nombre d'habitants au village de Bezvodnoïé était de 3 296 en 1897.

** Comptes rendus et recherches, t. I. La Liste indique dans cette région 4 « fabriques » avec 21 ouvr. travaillant dans l'atelier et 29 ouvriers à domicile; prod. 68 000 roubles.

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manufacture capitaliste ! « Cette production diffère beaucoup des autres par les conditions du travail. Les ouvriers sont obligés de travailler dans une 'atmosphère étouffante, saturée des émanations délétères du crottin des chevaux »*. Le même type de manufacture capitaliste est appliqué dans la fabrication des tamis **, des épingles ***, de la cannetille ****, dans la province de Moscou. Dans cette dernière industrie on comptait, au début des années 80, 66 établissements avec 670 ouvriers (dont 79% de salariés) et une production de 368 500 roubles. Quelques-uns de ces établissements capitalistes ont figuré parfois au nombre des « fabriques et usines »*****.

L'organisation de la serrurerie dans le canton de Bourmakino (et les cantons environnants) du district et de la province de laroslavl, est vraisemblablement du même type. Du moins voyons-nous ici même division du travail (forgerons, souffleurs, serruriers) ; même développement intense du salariat (sur 307 forges du canton de Bourmakino, 231 emploient des ouvriers salariés) ; même domination du grand capital sur tous ces ouvriers de détail (les revendeurs sont en tête ; les forgerons travaillent pour eux ; les serruriers pour les forgerons) ; même combinaison pour les opérations des revendeurs avec la fabrication des objets dans des ateliers capitalistes, dont quelques-uns tombent parfois au nombre des «fabriques et usines »(*).

* Comptes rendus et recherches, I, p. 186. ** Anne.xe I au chapitre V, Industrie n° 29. *** Ibid., n° 32.

**** Recueil de rens. statistiques sur la province de Moscou, t. VI, fasc. I, 2° partie et Ind. du district de Bogor. en 1890. ***** Voir, par exemple, la Liste n° 8819.

(*) Travaux de la Comm. artisanale fasc. VI, enquête de 1880, — Comptes rendus et recherches, t. I. (1888-18S9), cf. p. 271 : «presque toute la production ... est concentrée dans les ateliers employant des ouvriers salariés ». Cf. aussi la Revue de la province de laroslavl, fasc. II. laroslavl 1896, p. 8, 11. — La Liste, p. 403.

Dans l'annexe au chapitre précédent, nous avons rapporté les données statistiques relatives aux industries des plateaux et de la chaudronnerie* dans la province de Moscou (la chaudronnerie y occupe la région qui porte le nom de « Zagarié ») . Ces données montrent que le travail salarié joue dans ces industries un rôle prépondérant ; qu'elles ont à leur tête de grands ateliers comptant en moyenne de 18 à 23 ouvriers salariés par établissement et produisant chacun pour une somme de 1 6 000 à 7 000 roubles en moyenne. Si on ajoute à cela que la division du travail y est appliquée sur une très large échelle"^*, il appiaraîtra clairement que nous sommes en présence d'une manufacture capitaliste***. « Les petites unités industrielles qui, dans les conditions existantes de la technique et de la division du travail constituent une anomalie, ne peuvent se maintenir à côté des grands ateliers qu'au prix d'un allongement maximum de la journée de travail» (Issaïev, /. c, p. 33), par exemple, jusqu'à 19 heures chez les fabricants de plateaux. La journée est ici habituellement de 13 à 15 heures, et chez les petits patrons de 16 à 17 heures. Le paiement en marchandises est très répandu ici (en 1876 comme en 1890)****. Ajoutons que l'ancienneté de l'industrie (elle date d'avant le commencement du XIX^ siècle) et sa spécialisation très

* Annexe I au chapitre V, Industries nos 19 et 30. ** Chez les chaudronniers, cinq opérations sont exécutées par des ouvriers différents ; chez les fabricants de plateaux il y en a au moins 3. tandis qu'un « atelier normal » demande 9 ouvriers. « Dans les grands établissements » on emploie une « division (du travail) raffinée ayant pour but d'élever la productivité du travail » (Issaïev, /. c, pp. 27 et 31).

*** Vfndex de 1890 compte dans la région de Zagarié 14 usines avec 184 ouvr. et une production de 37 000 roubles. La comparaison de ces chiffres avec ceux de la statistique des zemstvos, cités plus haut, montre que la statistique des fabriques et usines n'a enregistré, cette fois encore, que les sommets de la manufacture capitaliste dans tout son développement.

**** Cf. L'industrie artisanale du district de Bogorodsk

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poussée ont formé ici aussi des ouvriers de grande habileté ; ceux de Zagarié sont renommés pour leur maîtrise. Mais l'industrie a vu apparaître des spécialités qui ne demandent aucune formation préalable, et sont accessibles même aux tout petits ouvriers. « Par elle-même, cette seule possibilité de devenir directement ouvrier dès l'enfance et d'apprendre, pour ainsi dire, le métier sans étudier, remarque avec raison Issaïev, montre bien que l'esprit de métier qui demande l'éducation de la main-d'œuvre disparaît ; la simplicité d'un grand nombre de procédés de détail marque le passage du métier à la manufacture» {1. c, p. 34). Notons seulement que « l'esprit de métier » persiste toujours jusqu'à un certain point dans la manufacture, car sa base est toujours la production manuelle.

10. Bijouterie. La fabrication des samovars et des accordéons

Le bourg de Krasnoïé (district et province de Kostroma) est un de ces bourgs industriels qui sont d'ordinaire les centres de notre manufacture capitaliste « populaire ». Ce gros village (2 612 habit, en 1897) a tout d'une ville; les habitants vivent en citadins et (à quelques exceptions près) ne s'occupent pas d'agriculture. Krasnoïé est le centre d'une industrie de joaillerie, qui embrasse 4 cantons et 51 villages (dont le canton de Sidorovskoïé, district de Nérekhta) avec 735 feux et environ 1 706 ouvriers *. « Ce sont sans contredit les grands industriels du village de Kras-

* Travaux de la Comm. artisanale, îasc. IX, article de M. A. Tille— Comptes rendus et recherches, t. III. (1893). L'industrie se développe toujours. Cf. la correspondance des Rousskié Védomosti pour 1897, n° 231. Le Messager des Fmances, 1898, n° 42. Le montant de la production est supérieur à 1 million de roubles dont 200 000 roubles environ couvrent les frais de main-d'œuvre et près de 300 000 roubles vont aux revendeurs et aux marchands.

noie, les Pouchilov, les Mazov, les Sorokine, les Tchoulkov et autres marchands que l'on doit considérer comme les principaux représentants de l'industrie, déclare M. Tillo. Ils achètent la matière première, or, argent, cuivre, entretiennent des maîtres-ouvriers, accaparent les objets finis, distribuent des commandes à domicile, fournissent des modèles à copier, etc. » (2043). Les grands industriels possèdent des ateliers — « rabôtorni » (laboratoires), où sont forgés et fondus les métaux qu'on distribue ensuite pour être travaillés aux petits producteurs autonomes ; ils ont un outillage technique : presses, estampeuses (pour découper les pièces), «frappeuses» (pour imprimer les dessins), « étireuses » (pour étirer le métal), établis, etc. La division du travail est largement appliquée dans la production : « Presque chaque objet passe par plusieurs mains suivant un ordre établi. Ainsi, pour faire des boucles d'oreilles, le métalargent est d'abord remis par le patron à son atelier, où il est partie laminé, partie étiré en fil ; la matière est ensuite envoyée avec commande à un artisan spécialiste ; s'il a une famille, l'exécution du travail est partagée entre plusieurs personnes : l'un, à l'aide de l'estampe, donne à lia plaque d'argent le dessin et la forme de la boucle d'oreille ; un autre en courbant le fil d'argent en fait l'.anneau qu'on passe dans l'oreille ; un troisième fait la soudure et enfin le quatrième polit la boucle terminée. Le travail n'est pas difficile et ne demande pas un grand apprentissage ; très souvent, la soudure et le polissage sont confiés aux femmes et aux enfants à partir de 7-8 ans» (2041) *. La journée de

* « Chaque variété et même chaque partie de l'objet chez les petits producteurs autonomes de Krasnoïé a ses spécialistes ; c'est pourquoi il est très rare qu'on fasse, par ex., dans une même maison les bagues et les boucles d'oreilles, les bracelets, les broches, etc. Ordinairement, les parties d'un article sont fabriquées par des ouvriers spécialistes habitant non seulement différentes maisons, mais même différents villages» {Comptes rendus et recherches, t. III, p. 76).

travail est, ici de même, excessivement longue, atteignant d'ordinaire 16 heures. Il est d'usage de faire le payement en provisions.

Les données statistiques ci-dessous (publiées tout dernièrement par l'inspecteur du bureau local du titre) montrent clairement la structure économique de l'industrie ^^ :

Groupes d'artisans

Nombre d'artisans

Total des ouvriers (approximatif)

Articles (en pouds)

N'ayant pas pré-

senté d'articles

Ayant présenté

Ue.o

jusqu'à 12 livres

Ayant présenté

de 12 à 120 livres

Ayant présenté 120

livres et plus

Total

« Les deux premiers groupes (environ les Vs des artisans) peuvent être assimilés moins laux petits producteurs autonomes qu'aux ouvriers de fabrique travaillant à domicile. » Dans le groupe supérieur « le travail salarié est de plus en plus fréquent. . . Déjà les ^artisans commencent à faire l'achat d'articles fabriqués par d'autres » ; dans les couches supérieures du groupe, «ces achats prédominent » et « quatre revendeurs n'ont point d'iateliers »*.

Les industries du samovar et de l'accordéon de Toula et de ses environs offrent des échantillons extrêmement typiques de manufacture capitaliste. D'une façon générale, les

* Messager des Finances, 1898, n" 42,

industries artisanales de cette région se distinguent par leur grande ancienneté : leur origine remonte au XV^ siècle*. Elles se sont surtout développées depuis le milieu du XVIP siècle; c'est à cette époque que commence, pour M. Borissov, la deuxième période de l'histoire des industries de Toula. La première fonderie a été construite en 1637 (par le Hollandais Vinius). Les armuriers de Toula habitaient un faubourg spécial de forgerons, formaient une corporation ayant ses droits et privilèges. L'année 1669 voit naître à Toula la première fonderie équipée par un forgeron hors ligne, et l'industrie s'étend vers l'Oural et la Sibérie**. Dès lors s'ouvre la troisième période de l'histoire industrielle de Toula. Les artisans montent leurs ateliers et initient au métier les paysans des environs. Aux années 1810 et 1820 apparaissent les premières fabriques de samovars. « En 1825, on comptait déjà dans cette ville 43 fabriques ayant appartenu à des armuriers ; au reste, celles d'aujourd'hui appartiennent presque toutes à d'anciens armuriers, actuellement marchands de Toula » (/. c, p. 2262). Nous voyons donc ici une filiation, un lien direct entre les anciens corporants et les maîtres de la manufacture capitaliste. En 1864, les armuriers de Toula sont affranchis du servage "3 et enregistrés comme bourgeois ; les gains diminuèrent par suite de la forte concurrence des koustari (ce qui détermina aussi le retour des industriels de la ville vers les campagnes) ; les ouvriers se tournent vers les industries du samovar, la serrurerie, la coutellerie, l'industrie de l'accordéon (les premiers accordéons de Toula firent leur apparition en 1830-1835).

♦ Voir l'article de M. V. Borissov dans les Trav. de la Comm. ariis., fasc. IX.

** Le forgeron Nikita Démidov Antoufiev de Toula gagna la bienveillance de Pierre le Grand en construisant une usine en face de Toula et obtint en 1702 l'usine de Néviansk. Ses descendants sont les fameux Démidov, maîtres de forges de l'Oural.

L'industrie du samovar est organisée actuellement de la façon suivante. A la tête se trouvent de grands capitalistes, propriétaires d'ateliers avec des dizaines et des centaines d'ouvriers salariés ; de plus, ils confient maintes opérations de détail à des ouvriers à domicile, en ville comme à la campagne; ces exécuteurs des opérations de détail ont parfois eux-mêmes des ateliers avec des ouvriers salariés. Il va de soi qu'à côté des grands ateliers il en existe de petits, comportant toute une échelle de dépendances vis-àvis des capitalistes. La division du travail constitue la base commune de toute cette structure de la production. La fabrication du samovar comprend les opérations parcellaires suivantes : Г la mise en tubes de la plaque du cuivre (ajustage) ; 2° la soudure ; 3° le limage des soudures ; 4° raccord du fond; 5° le forgeage des détails (ce qu'on appelle Г« achevage») ; 6° le nettoyage de l'intérieur; T le tournage du samovar et du col ; 8° l'étamage ; 9° le perçage mécanique des trous du fond et de la collerette; 10° le montage du samovar. En outre, il y a la fonte des petites pièces de cuivre : a) le moulage et b) la fonte *. Quand le travail est distribué à domicile, chacune de ces opérations peut former une industrie artisanale distincte. M. Borissov a décrit une de ces « industries » dans le fasc. VII des Travaux de la Commission artisanale. Cette industrie (la mise en tubes) consiste en ce que les paysans exécutent à la pièce avec la matière première du marchand, la première des opérations de détail décrites plus haut. Les koustari sont venus de Toula pour travailler à la campagne après 1861 : au village la vie est moins chère et les besoins moins grands (/. c, p. 893). M. Borissov explique avec raison cette vitalité du « koustar »

* Travaux de la Comm. artis., fasc. X, on y trouve une belle description de l'industrie du samovar à Souksoun (province de Perm) par M. Manokhine. L'organisation est la même que dans la province de Toula. Cf. ibid., fasc. IX, article de M. Borissov sur les petites industries, à l'Exposition de 1882.

par la conserviation du forgeage à la main des samovars : « Le koustar sera toujours employé avec avantage par le fabricant qui passe les commandes parce que son travail revient de 10 à 20% moins cher que celui de l'artisan de la ville» (p. 916).

M. Borissov a évalué le montant de la production des samovars, en 1882, à 5 millions de roubles environ, le nombre d'ouvriers étant dé 4 000 à 5 000 (artisans, si l'on veut). La statistique des fabriques et usines ne comprend, cette fois aussi, qu'une petite partie de la manufacture capitaliste. L'Index pour 1879 comptait dans la province de Toula 53 « fabriques » de samovars (toutes à production manuelle) avec 1 479 ouvriers et une production de 836 000 roubles. L'Index pour 1890 en comptait 162, avec 2 175 ouvriers et une production de 1100 000 roubles. Cependant, dans la liste des entreprises on ne trouve que 50 fabriques (dont une à vapeur) avec 1 326 ouvriers et une production de 698 000 roubles. Il est évident que pour cette fois on a classé parmi les « fabriques » une centaine de petits établissements. Enfin la Liste relève en 1894-1895, 25 fabriques (dont 4 à vapeur) avec 1 202 ouvriers (plus 607 à domicile) et une production de 1613 000 roubles. Ces données ne permettent de comparer ni le nombre des fabriques, ni celui des ouvriers (pour la cause indiquée plus haut et aussi à cause de la confusion entre ouvriers travaillant en atelier et ouvriers à domicile pendant les années précédentes). Ce qui est certain, c'est l'éviction progressive de la manufacture par la grande industrie mécanique : en 1879 deux fabriques employaient 100 ouvriers et plus ; en 1890 il y avait deux fabriques (dont une à vapeur) ; en 1894-1895 il y en avait 4 (dont trois à vapeur)*.

* Il y a visiblement des traits analogues dans l'organisation de la serrurerie de Toula et de ses environs. M. Borissov estimait en 1882 que ces industries occupaient de 2 000 à 3 000 ouvriers produisant pour 2 millions V2 de roubles environ. La soumission de ces « koustari »

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L'industrie de l'accordéon, qui se trouve à un stade inférieur de développement économique, présente exactement la même org'anisation*. « Plus de dix spécialités prennent part à la fabrication des accordéons » (Travaux de la Comm. artis., fasc. IX, p. 236) ; la fabrication des différentes pièces de l'accordéon ou l'exécution de certaines opérations de détail fait l'objet d'industries artisanales particulières, quasi-indépendantes. «Pendant la période d'accalmie, tous les koustari travaillent pour les fabriques ou pour des ateliers plus ou moins importants dont les propriétaires leur distribuent la matière première ; quand la demande d'accordéons est forte, on voit apparaître une foule de petits producteurs qui achètent aux koustari les pièces détachées, assemblent eux-mêmes les instruments et les portent dans les boutiques de la localité, où on les achète volontiers» (ibid.). M. Borissov comptait en 1882 dans cette industrie 2 000 à 3 000 ouvriers produisant pour 4 millions de roubles environ ; la statistique des fabriques et usines comptait en 1879 2 «fabriques» avec 22 ouvriers et une production de 5 000 roubles; en 1890, 19 fabriques avec 275 ouvriers et une production de 82 000 roubles ; en 1894-1895, une fabrique avec 23 ouvriers (plus 17 ouvriers au dehors) et une production de 20 000 roubles**. Les machi-

au capital commercial est très grande. Les « fabriques » de quincaillerie de la province de Toula emploient parfois aussi des ouvriers à domicile (cf. la Liste, pp. 393-395).

* L'évolution de l'industrie de l'accordéon est également intéressante en tant que processus d'éviction des instruments populaires primitifs et de formation d'un marché national étendu : en l'absence de ce marché il ne saurait y avoir de division du travail par opérations de dét il et sans la division du trcvail le produit à bon marché serait impossible. « Grâce à leur prix bas les accordéons ont presque partout évincé l'instrument musical populaire primitif à cordes, la «balalaïka ». (Travaux de la Comm. artis., fasc. IX, p. 2276).

** Le recensement de la ville de Toula du 29 novembre 1891 enregistre dans cette ville 36 établissements faisant le commerce

LA MANUFACTURE CAPITALISTE DANS L'INDUSTRIE RUSSE 48l

nés à vapeur sont entièrement inconnues. Tous ces sauts que font les chiffres montrent qu'on a pris au hasard tels ou tels établissements qui sont parties intégrantes de l'organisme complexe de la manufacture capitaliste.

m. LA TECHNIQUE DANS LA MANUFACTURE.

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