LECTURE ET ECRITURE
nommer | /,0, #,i, s] et à les tracer assez bien, sauf que S est généralement à l’envers, l'extrémité supérieure à gauche et l’inférieure à droite ; il appelle [s] un petit gâteau en forme de S, un bout de fil de fer tordu en S et le serpent tortillé des armoiries de Colbert (sur une gravure dans notre salle à manger). À la fin du mois il trace correctement S, M et N, mais il ne sait pas bien lequel de ces deux derniers signes il doit appeler [#] et lequel [#|].
Nous décidons, ma femme et moi, de ne pousser Louis en rien; s’il me demande à lire ou à écrire, je le renvoie à sa mère, afin de ne pas charger son petit cerveau de deux systèmes d’épellation et de quatre types d'écriture. Voici un exemple des confusions qui pourraient se produire très fréquemment si nous voulions tout mener de front. Vers la fin du 48° mois, Louis sait lire et écrire des groupes comme MAMI ; trouvant dans sa chambre un bout de papier sur lequel est écrit le prénom de sa mère, ILSE, je lui demande : « Qu'est-ce qu'il y a écrit ? » [Il répond en épelant [z, 4, 5, 2]; je dis [/x2], il observe : « Pour faire [f/7] on aurait dû mettre encore un [x] ». On lui donne pour ses quatre ans un abécédaire allemand. Il reste encore un certain temps un peu étonné qu’on puisse former un mot à laide de plusieurs lettres, mais bientôt il peut de lui-même écrire p. ex. OMA (et qaf., dans les débuts, AMO, parce qu'il n’a pas encore bien compris qu’on écrit toujours de gauche à droite) ; alors il lit fréquemment en détachant les syllabes Olma ; il dit à sa mère: « Zu Vogel braucht man Vo, und dann gel! » (même observation faite par lui pour Rälbe et pour d’autres mots encore), et à lui-même, en monologue : « Jacob, il ya Ja, et puis cob». Ce sentiment de la syllabation n’a rien d'étonnant : l’écriture syllabique paraît bien avoir précédé l’écriture alphabétique dans le développement