EXPLICATION GÉNÉRALE
d'un mot par le commencement : la tendance inverse paraît bien plus naturelle, la pensée allant plus vite que la parole.
«Dans la prononciation des séries phonétiques (mots, phrases) il y a nécessairement... une succession de mouvements articulatoires, mais pour le sujet parlant, au moment où il commence un mot ou une phrase, l’ensemble existe déjà dans l'esprit à l’état conscient comme une représentation d'ensemble du son et du sens: il y a en même temps l’aperception du son et du sens dans un acte simultané et unique » (Brugmann, p. 40-42).
« L’attention est en avance sur les organes vocaux. Tous les phonèmes ont été préparés par l'esprit avant d’être prononcés, mais pendant que les organes vocaux expriment le commencement d’un mot l’attention est déjà portée sur la fin » (Grammont, Dissim., p. 184). De là vient p. ex. que «de deux phonèmes intervocaliques c’est le premier qui est dissimilé :.…. it. veleno << lat. uenenum,.…. mha. enelende << vha. elilendi.……. » (1bid., p. 79-86, avec nombre d’autres ex. dans diverses langues indo-européennes).
Si l'assimilation enfantine est en général progressive, c’est, je crois, par application de la loi qui domine l’assimilation comme la dissimilation, la loi du plus fort, suivant la frappante expression de M. Grammont (Dissim., p. 186). Spécialement, si chez Louis elle est progressive dans les” monosyllabes tels que [.fap >> tal], cest que Pexplosive est plus forte que l’implosive : ily a là une tendance générale (humaine), qui se manifeste par la débilité des consonnes finales dans des langues aussi différentes que le latin, l'anglais et l’annamite, où les explosives initiales de mot peuvent se maintenir avec leurs trois phases bien nettes de tension, tenue et détente (pour les occl., implosion, occlusion et explosion), tandis que les implosives finales de mot