‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 17 sur 115 · EXPLICATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

EXPLICATION GÉNÉRALE

peuvent se réduire plus ou moins à la première phase, tension (pour les occl., implosion ).

M. Meringer a observé que l’explosive est mieux répétée par l'enfant que l’implosive, laquelle peut être purement et simplement laissée de côté (p. 215, 216). Chez Louis l’assimilation est au contraire régressive dans les polysyllabes oxytons, ex. kaput >> [, ?apit >> papip] et (S 18) Jakob > [habép, wabép|, tandis qu’elle est progressive dans les paroxytons, ex. Puder > [,püde" >> pibe'] : l’explosive de la syllabe tonique (p dans kaput, Puder) est plus forte que l’explosive de la syllabe prétonique (% dans käpur) ou posttonique (4 dans Puder) ; dans kaput, p explosif en syllabe tonique assimile régressivement + explosif en syllabe prétonique et progressivement / implosif en syllabe tonique. Cf. encore lobservation de M. Grammont sur certaines formules de dissimilation : si les formules en question «sont toujours régressives, ce nest pas par nature, mais grâce au hasard de la position respective des phonèmes dissimilant et dissimilé » (Dissim., p. 65, 66). Ex. nombreux d’assimilations dans Stern, p. 291-296, mais mal expliqués, et en confondant parfois assimilation et analogie.

Ÿ 45. — Quand un peu plus tard Louis parvient à articuler un groupe implosif nasale + occl., le groupe tout entier est assimilé : entendant Armband [- bant], il complète en [ambdämp] son ancien [ambäm] et, fier de ce perfection-

1. Réduction de lat. -#1, -5 dès l’époque républicaine, tandis que #-, s- persistent jusque dans les langues romanes. Prononciation de b- comparée à celle de c- dans un mot angl. tel que cab. « Les consonnes finales sont en annamite uniquement implosives..…. les consonnes initiales sont caractérisées par la netteté et la dureté de l'attaque et par la tension extrême des muscles pendant toute leur durée » (Gramniont, BSL, t, xvIL, p. cxlix).

CAN a VA

GROUPES DE CONS.; |7, w, y| 23

nement, il fait retentir le p final avec une explosion forimidable ; mais par contre il dissimile presque immédiatement Pimplosive en syllabe atone »27 par le groupe #p implosif en syllabe tonique (dissim. 1) : [abdmp].

Outre ses occlusives et ses nasales Louis possède les consonnes [v, w, y, b].

Par sa nature nettement consonantique, [v] semble a priori propre à jouer le rôle d’inducteur. Mais son articulation est moins ferme que celle des occlusives ou des nasales (qui dans un certain sens sont également des occlusives, leur articulation comportant une fermeture complète du canal buccal). Aussi, quand je dis vite, au commencement du 15° mois, Louis ne veut pas répéter ce mot, probablement parce qu'il lui vient en même temps sur les lèvres deux formes entre lesquelles il ne sait pas choisir, [uit] reproduction pure et simple du mot entendu et [*vip] assimilé. Ce n’est que vers la fin du mois qu'il se décide à dire all. [vdbe < , vate] << Wagen, au mois suivant [vam << van] << wann (v. 19).

Il ne faut pas abuser de l’attention des enfants en prolongeant ou en multipliant outre mesure des expériences auxquelles ils finissent par ne plus vouloir se prêter. M. Grammont recommande avec raison de ne donner en principe qu'un mot à la fois et d'attendre que ce mot soit digéré pour en donner d’autres (p. 63). Il résulte de cela qu'on doit souvent se contenter de résultats incomplets : quand un mot est bien digéré et qu’on voudrait en donner un nouveau, il peut arriver que la loi phonétique dont on recherche l’action se soit évanouie dans l'intervalle ; cf. [kotük|, etc.…, au Ç 17.

C’est ainsi que je n’ai pas donné fr. ouate, ouest, ètc.…, donné fr. yeuse ou fait donner all. /agd, jung, etc.…., ou des combinaisons créées de toutes pièces pour mesurer la

24 [w, y, b]; sussrir. DE [%, K, gl NN

force inductive de [w] et de [y]. Je ne sais si ouate, ouest auraient été répétés sans assimilation [*wat, “wet| ou avec assimilation [*wap, * wep] ; pour les mots en [y-] l'assimilation paraît à première vue impossible, Louis ne possédant à l'époque considérée ni occl. ni nasales articulées dans la région de [y]. D'une manière générale, [w|] et [y] semblent trop près des voyelles par toutes les conditions de leur articulation pour entrer avec un rôle actif dans un jeu d'assimilations consonantiques. Pour [y] induit, v. $.=r8:

Pour h j'aiall. heiss [hais] => [hait]. Pourquoi pas s L'haib parce que h n'a pas une force inductive suffisante ; pourquoi pas [*tait] ? parce que h et ? ont trop peu de points communs pour pouvoir réagir l’un sur l’autre : est une occl. à l’articulation nette et ferme ; h est un souffle sourd très ouvert, avec point d’articulation mal déterminé, c’est à peine une consonne.

646. — Fr. [k, g], all. [4, X, g] ont été perdus vers le 15° mois et remplacés par fr. [#, d], all. [#, T, d]. Cependant il en a subsisté un souvenir plus ou moins effacé : au commencement du 16° mois j’entends encore fr. [Syd] (v. $ 25). Au commencement du 15° mois all. danke est encore quelquefois [dén2] (v. au début du $ 13), mais bientôt s'établit une forme définitive [dénte]; le mot danke est fréquemment donné et par conséquent exposé à de fréquentes réfections. À ce moment all. + e [- 2] est répété [+ e] (-er [+r]> [-3]); pour le reste du mot l'assimilation peut être hors de cause, [ddnie] peut sortir directement de danke [ddñka] par substitution des dentales [u, fJaux vélaires [n, k]. Il semble de même que |téte| puisse remonter directement à Kette, [tdne] à Kanne, [tte] à Küche par {tite], [tt] à kühl par [2] Mais fr. came >>

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