‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 20 sur 115 · SUBSTITUTS DANS LES INDUCTIONS · texte numérisé non relu

SUBSTITUTS DANS LES INDUCTIONS

lieu au sentiment du redoublement ; mais on ne doit pas oublier que ce [,#ätük| n’est qu'une phase intermédiaire qui n’a jamais eu d'existence réelle, et dans laquelle les deux premières consonnes avaient déjà subi une modification. Caril ne faut pas croire que si l’enfant avait prononcé [, älük] pour du sucre c’est qu'il aurait entendu [#ätük]: l’enfant entend exactement, autant qu'on peut s’en rendre compte, mais il y a des sons qu’il est incapable de reproduire tels quels. La preuve que ce sont les organes émetteurs de sons qui sont en défaut, beaucoup plutôt que les organes récepteurs, l'oreille, nous est fournie par les divers substituts qui apparaissent parfois à la place d'un mème son: ainsi l’on verra plus loin » (observations sur Geneviève) «[epina]à côté de [e/ina]| pour -éphine» (dans le nom propre Joséphine); «ce sont évidemment là pour l’enfant deux approximations différentes, deux essais de reproduction d’un modèle qu'il n’atteint pas. Voilà pourquoi {utu, dont nous parlions tout à l'heure : et que la dissimilation vocalique aurait certainement transformé en [*o#i|, n'aurait probablement pas évolué jusqu’en [*kof], car ses deux /, faisant partie du modèle, étaient forts et résistants. Mais voilà aussi pourquoi du sucre ne pouvait pas s'arrêter à [.tütük] ni à [,/otik], mais devait, grâce à l’action dissimilante exercée par le second { sur le premier, passer directement à [kotäk] » (Grammont, p. 67, 68).

Ÿ 48. — Un cas assez curieux est celui de Jakob (Louis aime beaucoup et réclame souvent les histoires du petit - Jakob que raconte sa mère). Il me paraît bien illustrer la

1. P: 66 : M. Grammont se proposait de donner*ke mot /ufu après digestion du groupe du sucre ; à ce moment il a été obligé de s’absenter quelque temps, et à son retour les phénomènes de dissimilation avaient cessé.

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