Ç 18 JAKOB
finesse d’orcille que j'ai prêtée à mon fils dans mon explication de came => | pam]( 16) et que M. Grammont attribue très justement d’une manière générale à tous les enfants bien constitués. Au 8° jour du 15° mois j'entends | yabép] et [bgbÿp] ; cette dernière forme devient vite la seule employée. Voici comment je m'explique le procès. La syllabe -kob | -kép] devient [, -pép] par assimilation renversée de |, -? 6p]. Le [y] initial est tantôt laissé tel quel, comme une sorte de voyelle ne prenant pas part au jeu des inductions consonantiques, |[,yapép|, tantôt assimilé, d’où occl. labiale comme p inducteur, sonore comme [y] induit, [xbapép], dont une nouvelle assimilation due au sentiment du redoublement fait [babp|, sur lequel se modèle | yabép|; cette assimilation ne s’étend pas au p final, parce que la prononciation all. n’admet en fin de mot que des occl. sourdes. Quand la prononciation | babÿp] est établie, Louis, la comparant avec la prononciation de sa mère, | yak6p|, sent une discordance entre son occlusive initiale et la spirante de sa mère : il cherche dans la région d’articulation des consonnes qu’il émet pour ce mot quelque chose qui ait la fluidité de [y], et trouve [w] qui est en effet, de tous les phonèmes qu’il possède, le plus satisfaisant : à la fin du 16° mois j'entends [wgbÿp]. Mais cette solution a dû être trouvée bien avant le moment où j'en constate l'adoption : en effet, comme on va le voir tout à l'heure, les assimilations de ce type cessent de se produire à partir du commencement du 16° mois. Du reste [wgbÿp] n'a qu’une existence éphémère, étant bientôt supplanté par [babÿp], forme adoptée par la mère comme particulièrement plaisante :[babép] est désormais un mot du vocabulaire all. et fr. de toute la famille, et désigne d’une part le petit Jakob de l’histoire, d'autre part les clowns de cirque et généralement tous les gens qui se signalent par des vêtements ou des gestes excentriques.