RÉFECTIONS ET RECTIFICATIONS Ç
deux formes d’âge différent (ex. [pp] et [pat], [hab] et [bat], $ 19) ou mêmes simultanées (ex. [yahgp] et [babÿp], Ç 18), soit persistance d’une forme de mot très usité après extinction dela loi phonétique dont elle procédait (ex. [wiPe], \ 19 in fine), soit triomphe, sur une forme récente et plus conforme au modèle donné, d’une forme ancienne adoptée par l'entourage que l’enfant cherche toujours à imiter (ex. [habôp, papip], $S 18, 19 in fine, et cf. Meringer, p. 201, la petite Wika répétant d’abord son nom Diffa, puis prononçant correctement au 20° mois Wika pour reprendre ensuite son ancien Dita); on trouvera d’autres exemples aux (6 26 et 27. Tous les linguistes feront d'eux-mêmes le rapprochement avec l’existence, dans toutes les langues, de couches d'âge différent, mots populaires, mots mi-savants, mots savants, ou, plus généralement, d'éléments qui ne présentent pas le même développement phonétique.
M. Grammont (p. 70) avait déjà noté avec beaucoup de précision des faits analogues chez son fils Robert, spécialement dans la « période où l'enfant garde encore tous les mots dans lesquels il a fait des dissimilations nasales, mais n'en crée plus de nouvelles. Alors [ peté] apparaît concurremment avec [ment], puis élimine peu à peu cette dernière forme en attendant d'être remplacé à son tour par [met], puis [mesi] et en définitive merci. C’est à la même période qu'appartient {bulé] « mouillé » ; un mois plutôt « mouillé » serait devenu [*muré]. Pour les mots qui contiennent une consonne nasale et une consonne orale, il y a trois phases bien nettes : 1° la consonne orale s’assimile à la nasale, [meni] « merci »; 2° il s'établit une sorte de lutte entre la consonne orale et la nasale; cette dernière n’est plus de force à s’assimiler sa rivale, elle succombe même à son tour et s’assimile à la consonne orale en perdant sa nasalité et à l’occasion sa sonorité, [pet] « merci »; 3° consonnes