‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 44 sur 115 · EMPRUNTS ; PARTICULES · texte numérisé non relu

EMPRUNTS ; PARTICULES

tement l'expression à sa mère, qui l’emploie volontiers quand elle parle français.

Du 20° au 43° mois (et même sporadiquement jusqu’au s9°) j'entends souvent fr. comment grand, comment loin, calques de all. wie gross, wie weit. Pour si beaucoup « tant » et très beaucoup renforcement de beaucoup, entendus assez fréquemment du 44° au 53°, et encore jusqu’au 59°, il ny a pas nécessairement calque de all. soviel, sehr viel, puisque le fr. fournit les modèles 57 peu, sibien, si mal, très peu, très bien, trés mal.

$ 35. — Sauf l’accouplement de all. auch et de fr. vache observé vers la fin du 20° mois dans [awh vat] « encore une vache », je ne remarque pas d'emprunt proprement dit pour les nombreuses particules que Louis acquiert principalement aux 18°, 19°, 20° et 21° mois, all. mehr, noch, nur, sebr, auch, und, fr. [epé] < et puis, etc... Cela se comprend aisément. Si p. ex. il veut demander en fr. un objet dont il ne sait le nom qu’en all., la relation entre la représentation mentale d’un objet matériel et celle d’un nom qui désigne cet objet étant tout ce qu'il y a de plus immédiat, le nom all. se place pour ainsi dire de lui-même dans la phrase fr., et cela d’autant mieux qu’il existe un vocabulaire commun assez étendu et comprenant des mots très importants, comme [te] « thé », [üt] « sucre », [bud] «biberon’ ». Il en va tout autrement avec des particules sans

1. Je n'ai jamais pu déterminer l’origine de ce mot. Ce n’est pas un vocable usuel de l’Ammensprache all. ou fr. Les enfants ne créent point de mots de toutes pièces (v. Stern, p. 338-343). Notre [bud], qui date de la période d'imitation, sort-il de fr. boire? je ne le crois pas, parce qu’au moment où Louis la adopté il n’entendait presque qu’en all. des mots se rapportant à sa nourriture, à sa toilette, etc. Il me semble plus probable (cf. la fin de la note au Ç 24 in fine) que ce soit

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