‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 49 sur 115 · ADAPTATIONS PHONÉTIQUES · texte numérisé non relu

ADAPTATIONS PHONÉTIQUES

ce qui concerne spécialement une de ses manifestations les plus intéressantes, l’aperception de correspondances phonétiques de l’all. au fr. et réciproquement, laquelle n'a pu se développer que quand l'usage des deux langues à comporté des vocabulaires assez étendus pour que lattention de l’enfant für éveillée sur les différences de prononciation dans des couples de mots de même sens du vocabulaire commun et dans des groupes de mots de vocabulaires différents présentant des ressemblances de structure (cf. $$ 7; 8).

M. Grammont (p. 79-81) avait déjà noté des adaptations phonétiques fort intéressantes chez l’un des deux enfants observés par lui et remarqué « avec quelle pénétration cet enfant à deux ans distinguait le langage correct et grave du langage enfantin, si bien qu’à cette époque, où il était parvenu à prononcer tout d’une façon irréprochable, il s’est refait un nouveau langage pour parler avec sa sœur ou pour faire le câlin avec les grandes personnes ». Pour ce langage refait l'enfant emprunte le principal à sa sœur et des éléments accessoires à d’autres enfants ; il ne reproduit pas exactement le principal emprunté, mais donne p. ex. une extension nouvelle à un phénomène particulièrement frappant. « À l’âge de deux ans Robert prononcçait très bien les 7 dans toutes les positions : il n’en supprimait plus aucun et n’en remplaçait aucun par /, sauf celui de [palém] ». Ce mot, qui signifie « parrain », présente un cas particulier d'emprunt d’un enfant à l’autre qui est étudié par M. Grammont p. 78, 79. « À ce moment sa « petite sœur » s'est mise à parler, et il a souvent imité, pour se mettre à son niveau, son langage qui lui paraissait enfantin. Ce qui l'avait le plus frappé, c’est le changement de 7 en yod ». Par la structure de ses mots, tous trisyllabiques avec syllabe tonique au milieu, voy. préto-

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