DE ROBERT ET DE LOUIS
nique et syllabe posttonique finissant sur une voy., ex. [atüya] < voiture, le langage de la « petite sœur » ne pouvait présenter qu'entre voy. un yod correspondant à une r donnée (p. 76). « Il a immédiatement pris cette prononciation, non seulement pour les mots où il pouvait l’entendre chez sa sœur, mais, ayant un vocabulaire beaucoup plus considérable que cette dernière, il la étendue à tout r intervocalique ou final, sans aucune exception : [payi] « Paris »,.…... [pa téy] « par terre », [fæy] « fleur ». De cette dernière forme est née chez sa sœur la confusion des deux mots fleur et feuille, qu’elle à gardée jusqu’à deux ans et demi ».
6 41: — Louis a commencé à établir ses correspondances phonétiques à peu près au même âge que Robert. Avait-il à résoudre un problème plus difficile que ce dernier ? Oui et non. L’allemand et le français sont plus nettement distincts qu’un français correct et un français enfantin, donc l'attention peut être plus vivement éveillée. Mais d’autre part ils présentent beaucoup moins de points de contact que deux variétés de français entre des mots de même sens ou de structure semblable : l'attention de Robert était éveillée par un contact sémantique à peu près constant et un parallélisme de structure souvent très frappant. - Enfin il faut observer que chez Robert il s’agit en somme d’un simple jeu, puisque sa sœur comprend le fr. correct de ses parents, tandis que Louis sent le besoin de combler d’une manière quelconque les lacunes de ses vocabulaires : beaucoup de personnes de son entourage immédiat savent le fr. et l’all., mais il en est aussi qui ne connaissent qu’une seule de ces deux langues. On conçoit donc immédiatement que les adaptations phonétiques ont chez lui une durée beaucoup plus considérable ; d’ailleurs chez Robert