‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 51 sur 115 · ADAPT. PHONÉT. DE LOUIS Ç · texte numérisé non relu

ADAPT. PHONÉT. DE LOUIS Ç

elles ne peuvent guère se prolonger longtemps au delà de l’époque où la « petite sœur » acquiert une prononciation correcte et où par conséquent il n’a plus à « se mettre à son niveau » en imitant son langage enfantin.

J'ai noté au 27° mois deux adaptations en sens inverse. Louis me montre ur oiseau dans un livre d’images et veut le nommer en fr., mais oiseau où poulet ou tout autre mot analogue manque à son vocabulaire, ou n'est momentanément pas présent à l'esprit : il dit [##4], avec adaptation nasale ‘, sur le modèle de mots connus comme fr. [#3] < tante — all. [idnte] << Tante, de son mot all. [##n|, donné en Ammensprache sous les formes Tipp Ham, Tipptipp Hübnchen, etc. à l’époque des assimilations (v. ( 13). Parlant à sa mère et ne sachant pas comment dire « tourner », il construit [#irnn] parce que la plupart des mots dont il se sert pour désigner une action, un état, un rapport sont des disyllabes qui en fr. ont l’accent sur un [el final de la seconde syllabe et qui en all. ont laccent sur la première, la seconde finissant sur |#], types fr. [#wrné] << tourner, all. [mdxn| << machen.

De même au 28° mois fr. | papemet] adapté de all. | papemént| <Z Kaffeemensch, au 33° all. [mwisn] adapté de fr. [musé] <Z moucher. Kaffeemensch désignait le livreur de café, personnage des plus importants, remarquable par une sorte d’uniforme verdâtre comportant une casquette plate, et Louis n'a pas manqué d’appeler |papemént| des officiers allemands, russes, etc... représentés coiffés de casquettes plates dans des journaux illustrés. On remarquera que [rirnn] et [muiÿn] sont construits comme les emprunts anciens du germanique au latin ou au roman : lat. dam-

1. Le sentiment d’une ressemblance phonétique, à l’intérieur d’une même langue, entre voy. nasale et voy. + cons. nasale se manifeste dans [@& de] cité au S 43.

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