ÉTAPES SUCCESSIVES DANS Ç
rouge », et un autre jour il me demande « une marque rouge » pour affranchir une lettre (v. encore l'oncle Marc au $ $r) : marque [mark] adapté de all. Marke [märk] «timbre » (entendu encore à la fin du 58° mois). Au 53°, comme j'arrange le feu du salon, il observe : « I y a beaucoup d’ache » : ache [as] adapté de all. Asche [d52] « cendre ».
Il faut remarquer que certains mots peuvent être laissés tels quels parce qu’ils ont une physionomie indifférente. Tel serait ee ex. le cas de fr. fil, qui pourrait passer tel quel en all., de all. Lamm, qui pourrait passer tel quel en fr., ces mots ne présentant que des phonèmes et combinaisons de phonèmes d’usage courant dans les deux langues. Tel est le cas de la corne pour faire du pain ( $o #1 fine). Mais il y a adaptation dans le cas suivant : au 47° mois [klat] « lisse » dans une phrase fr., avec une sourde forte [+] correspondant à la sourde douce de all. glatt prononcé [Klar]. Enfin quelques mots rebelles à l'adaptation sont laissés tels quels : ainsi au 41° mois, comme je fais remarquer à ma femme des fleurs qui ont épanoui dans un vase où on les avait mises en boutons, Louis incorpore le mot qu'il vient d'entendre dans une phrase all., aufgeblüht, à la phrase fr. : « Je veux voir si elles sont aufgeblüht ». C’est en somme un procédé qu’emploient parfois les grandes personnes quand un mot leur échappe momentanément.
Vers la fin du $8 mois, voyant une teigne qui volette autour de la lampe, Louis me dit : « Tiens! voilà un de ces petits papillons, tu sais... comme celui que nous avons vu hier ». Il connaît le nom allemand, Motte; quelques mois auparavant il l'aurait francisé en [mot], comme [as] << Asche. Nous sommes à la dernière de trois étapes intéressantes pour la conscience du bilinguisme :