L'EMPLOI DES VOCABULAIRES
1° Emprunts de mots laissés tels quels. L'enfant a besoin d’un mot; en général il possède son vocabulaire par couples de formes; ici manque la forme applicable à la personne à qui l’enfant s'adresse; il emploie l’autre à tout hasard.
(e] © OK .
2° Adaptations; la première que je note date du 27° mois. L'enfant sait dès le 20° (( 46) qu’il possède des
couples de mots; ne trouvant dans sa mémoire qu'un
membre d’un couple donné, il forge l’autre d’après certaines correspondances qu'il à remarquées.
3° La mémoire est mieux meublée et le sens linguistique est plus affiné (entre le milieu et la fin de la cinquième année). Des corrections du type « [aÿ|? ah! oui, tu veux dire cendre » montrent à l'enfant que ses adaptations ne produisent pas en général des mots corrects. Il demande le membre qui lui manque dans un couple (et cela même dès la fin de la troisième année, v. Ç 49) ou procède par définition (ex. plus haut pour Motte).
6 43. — Sous réserve des lacunes de vocabulaire qui sont comblées, suivant les circonstances et les époques, par acquisition de mots nouveaux, par emprunt de langue à langue avec adaptation, par emprunt sans adaptation ou par définition, Louis possède — au moins à létat embryonnaire aux débuts du langage articulé conscient — deux collections de vocables correspondant aux deux sections de son entourage. Du 13° au 16° mois il na presque que des mots du vocabulaire commun issus d’onomatopées où donnés en Ammensprache. Mais dès le 16° se manifestent nettement l’existence des deux collections et leur usage distinct : sil veut une croûte de pain, il dit [hop] < Brot à sa mère et [pa] << pain à son père; au 20°,