PART. PRISE AUX CONVERS. D'ADULTES
peu étendu, « c’est que les mots qu’on leur adresse sont en réalité fort peu nombreux et toujours les mêmes; quand les grandes personnes parlent entre elles devant eux, les jeunes enfants ne comprennent pas ce qu'on dit et ne retiennent à peu près rien. [ls sont dans la même situation que celui qui voyage dans un pays étranger dont il sait mal la langue : il peut saisir et comprendre des mots isolés, mais une conversation entre indigènes lui échappe totalement » (Grammont, p. 81). Le nôtre a commencé vers le 30° mois à franchir cette première période : alors il attrape au vol dans la conversation des grandes personnes des mots qu'il répète en prenant souvent un petit air malin. À partir de trois ans il suit assez bien une conversation sur des sujets simples bien connus de lui et fait son profit d'observations qui ne lui sont pas directement adressées. Voici des ex. notés au 38° mois. A table, parlant à sa mère, 1l dit für mir ; je dis à ma femme : « Er darfnicht für mir sagen : », sur quoi il dit immédiatement für mich: il a pris de suite l'observation pour lui et a substitué à la forme fautive une forme correcte, donnée précédemment, et non au moment même, car j'avais dit « Er darf nicht für mir sagen », et non « Er soll für mich sagen * ». Une autre fois, parlant à sa mère, il glisse le mot champignons dans une phrase allemande ; je dis à ma femme : « Er darf nicht champignons sagen, wenn er deutsch spricht 5 », sur quoi il dit immédiatement Pilze : même remarque, substitution de vocable donné précédemment, car je n’ai pas dit « Er soll Pilze sagen + ». Au 44° mois il parle-à sa mère d’un Gratin von dents de lion ; nous disons Gratin en
. «I ne faut pas qu’il dise für mir ». + . CII devrait dire für mich » .
« Il ne faut pas qu’il dise champignons quand il parle allemand ». . © Il devrait dire Pilze ».