CONSCIENCE DE DEUX VOCAB. BI
ration culinaire essentiellement romane, et même particulière à une aire assez restréinte autour du Dauphiné, mais nous disons toujours Lôwenzahn « dent de lion » (à Paris pissenlit), aussi je dis à ma femme : « Er darf nicht sagen dents de lion, Wenn er deutsch spricht ‘ », sur quoi il me demande immédiatement : « Comment ? » et, suivant mon habitude invariable, je réponds : « Demande à maman ». Je nai jamais voulu lui donner de mots all., mais il sait parfaitement que je pourrais le faire, sa question le prouve, comme aussi une exclamation comique dont quelques jours après il émaille une conversation entre ma femme et moi : m'entendant dire zmmer, il relève ce mot : « Immer? nicht zu glauben! ? »
$ 46. — La conscience de posséder deux vocabulaires distincts s’est nettement manifestée dès le 20° mois: Louis montre son œil en disant {æy dude] < œil Auge ; apercevant d’une fenêtre un bateau sur le Rhône il dit de luimême | ft balé| << Schiff bateau ; dans les deux casles deux mots se suivent sans intervalle appréciable. Vers la fin du 30° mois, à table, il ponctue la conversation entre ses parents de oui ja, articulés sans intervalle appréciable, avec un sourire marquant qu'il croit dire quelque chose de très fin.
Ces exercices spontanés ont préparé l’enfant à transmettre dans une langue des messages donnés ou des récits entendus dans l’autre. Dès le 21° mois ils ont pris une forme plus développée que dans les ex. précédents : se trouvant à la campagne chez des parents de langue française, entouré par notre cuisinière allemande, que nous avons
1. & Il ne faut pas qu’il dise dents de lion quand il parle allemand ». 2. « Toujours ? incroyable ! »
J. Ronxjar. — Enfant bilingue. 6