TRANSMISSIONS DE MESSAGES
emmenée avec nous pour servir de bonne d'enfant, et par des domestiques français de ces parents, il dit quelque chose en all. à cette cuisinière, puis, considérant sa communication comme d'importance, il la répète en fr. aux autres domestiques. Au 26° mois nous emmenons la même cuisinière chez d’autres parents ; elle comprend mal le français, et nos parents ne savent pas un mot d’allemand : ils envoient Louis, en l’absence de ma femme et de moi, demander à sa bonne d’apporter du lait, d'allumer la lampe, etc...; le message donné en français, et consistant soit en un mot seul, soit en une phrase très simple, est irréprochablement transmis en allemand.
Voici un ex. de phrase un peu plus longue, transmise au commencement du 30° mois. Comme Louis entre dans mon cabinet de travail à un moment où il n’y fait pas assez chaud pour lui — ou j'imagine ce moyen de le renvoyer gentiment —, je lui dis : « Non, ne reste pas ici, il fait trop froid, va voir Deda » (nom familier de Fräulein). Il s'en va immédiatement faire ce rapport : [papé Simo' 1 Su ayt] = Papas Zimmer ist zu kalt *.
Les transmissions en sens inverse, d’all. en fr., sont également fréquentes et aussi bien exécutées, p. ex. quand sa mère l'envoie me demander quelque chose; je ne retrouve dans mes notes aucun exemple textuel, mais mon souvenir général est parfaitement net.
Louis continue d’ailleurs à manifester son bilinguisme par pur amusement ou pour sa satisfaction personnelle, comme dans [æy dude] ou[fit baté], quand il peut construire de véritables phrases : ainsi au 43° mois, ayant dit à sa bonne : « Maria, apporte-moi mon fusil », il court vers sa mère et Jui fait rapport : « Maria, bring mir mein Gewehr, hab ich gesagt ». Même quand il sait pertinemment