LE FR. DONNE
$2. — Mon français et celui de la plupart de nos parents et amis de langue française est ce français moyen (parisien
dégagé de particularités qui étonnent l’auditeur en dehors d’une zone plus où moins limitée autour de Paris, telles que a fermé dans paille, casser, Pasteur, conservation, etc…., consonnes géminées dans addition, grammaire, etc...) qui se répand de plus en plus comme une xewx à l'usage des classes cultivées — ou se croyant telles — un peu partout, et peut-être spécialement dans nos pays, qui font histori: quement partie du domaine linguistique franco-provençal. C’est comme une monnaie de change sans empreinte et qui a cours partout. Tandis que le parisien pur nous choque comme un langage affecté, pointu — j'entends ici noter une impression incontestable, et non critiquer une prononciation parfaitement légitime en soi —, notre français ne détonne ou n’étonne pour ainsi dire nulle part : dans les pays français les plus divers on nous dit que nous parlons sans accent, et il n’y à guère que les spécialistes qui sachent nous situer au moyen de quelques particularités comme o ouvert ou moyen dans pot, mot, gigot, etc.…, où comme percerette au lieu de vrille, coulant au lieu de rond de serviette, etc.
C’est mon français qui a été « emmagasiné » par Louis : pendant les deux premières années de sa vie il n’en a guère entendu d’autre. Nous avions alors à la maison un personnel allemand. Quand l’enfant a eu des bonnes françaises, leur langage teinté de franco-provençal n’a eu aucune influence sur lui : les habitudes articulatoires étaient prises. Ce qu’il a pu entendre dans la rue ou à la campagne n’a pas eu non plus d’action sur son langage. j
L’allemand de ma femme, de ma belle-mère et de ma belle-sœur (Louis a vu et entendu sa grand’mère et sa tante pendant environ huit mois en tout en quatre ans, et