‹ Le Développement Du Langage Observé Chez Un Enfant BilingueChapitre 7 sur 115 · L’ALL. DONNÉ NE · texte numérisé non relu

L’ALL. DONNÉ NE

cela à des phases très diverses de son développement) est une xcw# comparable à mon français. Il contient une proportion très discrète de traits appartenant spécialement à Vall. du Sud; principalement, s sourde est fréquente à l'initiale, même dans des groupes tels que die Sonne; pour [i, u, ü] v. à la fin de ce livre la table des Procédés graphiques.

L’allemand discrètement francfortois (Francfort-sur-le- Main) d’une Fräulein qui a donné ses soins à Louis pendant la seconde année de sa vie ne paraît avoir eu aucune influence appréciable.

L’allemand appris à l'école, mais fortement teinté de parler badoiïs, d’une cuisinière et d’une bonne que nous avons eues à la maison pendant la première année de la vie de Louis, puis d’une cuisinière pendant la seconde année, n’a eu aucun effet. Il parle « comme maman ».

L'importance des impressions linguistiques emmagasinées peut donc dépendre non seulement de la fréquence des impressions reçues, mais encore de l’importance familiale et sociale des personnes de qui l’enfant les reçoit. Un enfant distingue de très bonne heure sa mère d’une bonne. Le nôtre a entendu plus souvent sa mère que sa bonne. Mais je crois que le même résultat se produirait avec une fréquence d’impressions inverse, au moins jusqu’à une certaine limite. C’est ce qui peut expliquer que souvent un enfant français confié à une bonne allemande, même vivant plus avec sa bonne qu’avec ses parents, n'arrive pas à parler allemand d’une façon satisfaisante, si les parents ne parlent pas eux-mêmes cette langue, et quand même la bonne ne parlerait jamais français : dans cette situation, la langue étrangère apparaît à l'enfant comme socialement inférieure et peut soit être abandonnée très tôt, soit n'avoir jamais été vraiment adoptée; cf. À 60.

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Positions respectives des deux langues à différentes époques

$ 3. — Pendant la première année de sa vie Louis a entendu beaucoup plus d'allemand que de français. Voici quelques détails sur son entourage immédiat outre ses parents : premier mois et première moitié du deuxième, all. sa grand-mère, fr. une garde; aux deuxième et troisième mois, cinq semaines à la campagne, fr. six personnes de ma famille, all. une bonne; ensuite, all. deux bonnes constamment et, de plus, deux semaines environ au cinquième mois, sa grand’mère et sa tante, et les onzième et douzième mois passés dans deux villégiatures en Allemagne (Forêt-Noire, hôtels avec clientèle et personnel allemands). En somme, sauf pendant les trois premières semaines (la garde qui avait assisté le médecin accoucheur), j'ai été la seule personne parlant français dans l'entourage immédiat.

Ces circonstances n’ont pas nui à la correction de Particulation française. Mais le vocabulaire allemand s’est trouvé naturellement beaucoup plus riche que le vocabulaire français, et cela d'autant plus que c’est en allemand qu'ont été donnés et répétés les mots les plus importants pour un enfant, ceux qui concernent les repas, la toilette, etc. Au 20° mois Louis a encore quelques mots allemands dans une phrase française à moi adressée. Je réponds toujours : « Oui, tu veux dire (ici l’équivalent français) », ou par une formule analogue. Sa mère et Fräulein ne font pas toujours exactement la réciproque, mais cela n’a pas grande importance, les mots français dans une phrase allemande constituant un fait extrêmement rare. Vers cette époque Louis se rend nettement compte qu’il s'exprime en français moins facilement qu’en allemand.

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