S 47 CORRECTIONS
allemand, même si nous sommes tous deux seuls, mais il continue à cultiver également les deux langues et à les employer d’une manière distincte suivant la personne à laquelle il s'adresse *. Une confusion commise par sa mère le choque. Au commencement du 31° mois, sa mère l’invitant à faire pipi et glissant ce mot fr. dans une phrase all., il-dit : « Nein, das ist nicht richtig, das heisst [ad]? ». Vers le milieu du 36° il demande à sa mère le nom d’un plat que la cuisinière vient d’apporter : « Mami, das heisst..…., ? — Gratin de courge. — Neiïn, das heisst Kürbis ».
Il lui arrive aussi de se corriger lui-même. Ainsi au milieu du 26° mois, à la campagne, il raconte à sa mère que je suis allé me promener avec une de mes nièces dans la vnontagne pour ramasser des champignons, et complète immédiatement son récit ainsi : [m”61dn, daç haiçt bért]. Ce n'est pas, je crois, qu’il pense que sa mère n'a pas compris le mot fr. montagne qu’il a glissé dans sa phrase all., encore tout plein du souvenir de ce que je lui avais dit en le quittant; c’est plutôt la correction spontanée d’une inadvertance dont il s'aperçoit. Pour champignons, il n’a pas à traduire ou à corriger : le mot est d’usage courant en all. au sens spécial de Psalliota aruensis, et Louis ne distingue pas encore, bien que ces végétaux l’intéressent beaucoup, les champignons en général ou telle ou telle espèce particulière.
1. M. l’abbé Rousselot, bilingue de naissance, n’a jamais, jusqu’à l’âge de cinquante ans, parlé à sa mère que le patois de Cellefrouin; il ne lui est jamais venu à l’idée d'employer le fr. en s'adressant à elle. Il parlait toujours fr. à son père ; quand il avait commencé une conversation en fr. avec son père, il la continuait en patois s’il adressait ensuite la parole à sa mère, et inversement. — Communication verbale de M. l'abbé Rousselot. Les faits concordent avec ceux que j'ai observés
chez Louis.