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dû soit approuver soit expliquer qu'il s'agissait « d’un monsieur appelé Donner ». Il est en tout cas remarquable que Louis ne s'étonne pas de m’entendre mettre dans une phrase fr. un mot qu’il prend pour un nom commun all. Le lendemain, mêmes chant, question, réponse et substitution : « C’est la chanson de Donner. — Chanson du tonnerre » ; cette fois je n’ajoute rien. Le lendemain également, comme nous parlons d’un de mes cousins que nous appelons l'oncle Marc, Louis observe : « Et aussi timbre », pensant immédiatement au mot marque adapté de all. Marke « timbre-poste » (v. 42).
Au commencement du 39° mois Louis siffle avec un de ces « rossignols de potier », petits pots dont le bec est fait en embouchure de flageolet : on souffle dans le bec après avoir rempli d’eau la panse. « Comment ça fait ? — Comme un petit oiseau ». Cette réponse ne le satisfait pas, et il me dit que « ça s'appelle un rossignol », puis il ajoute : « s'appelle aussi Nachtigall ». C’est évidemment pour montrer son savoir : il connaît fr. rossignol, puisqu'il vient de l’employer à l'instant ; il ne tient all. Nachtigall que de sa mère; il ne peut pas prendre Nachtigall pour un mot du vocabulaire commun, pour une sorte de synonyme de rossignol : la différence de structure phonétique est trop marquée; du reste il a correctement dit un rossignol, et Nachtigall sans marquer le genre (le mot all. est féminin).
Au commencement du 40° mois, Maria, la bonne, envoie Louis demander à sa mère, dans une chambre voisine, quelle heure il est. Message transmis en all., et réponse : « Drei viertel sieben ». Il court vers Maria : « Tu ne sais pas quelle heure il est ? drei viertel sieben ! — Mais je ne comprends pas. — Drei viertel sieben, en allemand..…. ja, ja / » Son intention me paraît être de masquer par une plaisanterie qu’il juge excellente son impuis-
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sance à transmettre le message parce qu’il ne connaît pas l'équivalent fr. de drei viertel sichen, sept heures moins un quart, ou ne sait pas le trouver sur le moment. Cest le souvenir de cet incident qui a dû, cinq ou six jours après, lui donner l’idée d’apprendre à sa bonne à compter en allemand ; pour ses leçons il employait constamment les expressions en allemand et en français. À lafin du 42° mois, comme je l’invite à venir avec moi faire une visite à notre ami M. Allemand, il me demande immédiatement : « Est-ce qu'il parle allemand? » Au commencement du 43° il demande à sa mère pourquoi les soldats portent un drapeau devant eux. « Frag mal den Papa’ ». Il me pose la question en fr. et je lui explique qu’on tient le drapeau en l'air pour que tous les soldats le voient de loin et puissent se rassembler autour de lui. Il va vers sa mère; elle lui demande : « Weiïsst dus jetzt? — Ich kann das nicht sagen, ich kann nurs sagen, wie der Papa sagt, auf franzüsisch? ». [l paraît un peu humilié en renonçant à une traduction qui lui paraît difficile (j'avais probablement employé des mots tels que capitaine, régiment, etc, pour lesquels les équivalents all. pouvaient lui manquer), mais il est tout rayonnant en produisant pour la première fois la tournure élégante auf franzôsisch. « Dann sags mir doch auf franzôsisch. — Nein, nein »5, et rien ne peut le décider à enfreindre la règle « une personne, une langue ».
Au milieu du 43° mois j'avais fait avec Louis une promenade pendant laquelle de petits lézards gris l’avaient vivement intéressé. Nous rentrons à la maison, et en prenant le thé de l’après-midi je lui demande : « As-tu raconté