PRÉDOMINANCE DU FR
Au 22° mois nous passons trois semaines (avec la cuisinière allemande fonctionnant comme bonne d’enfant pendant une absence de Fräulein) à la campagne chez des parents : le père, la mère, quatre enfants et trois domestiques de sexe féminin, tous parlant exclusivement français, s'occupent beaucoup de Louis. Il se produit en lui un travail d’incubation. Rentré à la maison au 23° mois, il raconte ses petites histoires plus volontiers en allemand qu’en français et ne répète pas volontiers des mots français nouveaux ; il commence vers la fin du mois à répéter plus volontiers.
Ç 4. —— Le 26° mois est décisif. Nous passons cinq semaines à la campagne chez d’autres parents : all. la mère et la bonne, fr. moi, sept personnes de ma famille, un valet de chambre et cocher, une cuisinière et une femme de chambre, tous s’occupant beaucoup de Louis. Les deux langues arrivent à peu près à égalité.
Au 27° mois nous rentrons à la maison : Fräulein et cuisinière all. ; au 28°, la cuisinière devient bonne d’enfant et nous avons une cuisinière fr. ; au 30°, bonne fr. également. Vers le 33° mois, la situation du français monte : les mots français sont fréquents dans une phrase allemande, et la mère ne rectifie pas toujours ; inverse très rare, sauf pour les noms propres; les monologues de l’enfant sont en français.
Louis passe un mois (2° moitié du 34° et r'° du 35°) à Paris, avec sa mère et sa bonne (fr.), chez sa grand’mère. Il voit souvent mes parents de langue fr., mais, sauf la bonne, son entourage immédiat et à peu près constant est surtout all. (mère, grand’mère et tante). Ses monologues sont en français, et son allemand progresse peu. On ne. rectifie pas toujours quand il emploie en parlant allemand