SS 57, 58 & UNE PERS., UNE LANGUE
deux langues, et qu’une même personne puisse employer les deux langues en lui parlant (6 44). Il sait dès le 20° mois au moins quil est bilingue (Q 46) et probablement peu après il sait que ses parents sont bilingues ($ 49), mais il ne fait aucune interversion importante de langues en s'adressant à nous, pas plus que nous n’en faisons en nous adressant à lui ($S 47, 48), et il corrige à l’occasion une interversion faite par sa mère ou par luimême ( 47 ad finem). Il distingue nettement une mauvaise prononciation d’une bonne chez un adulte (Q 47). Il a le sentiment très net d’un système de correspondances phonétiques de langue à langue, sentiment qui se traduit par des adaptations très réussies dès le 27° mois ($6 41, 42). La pleine conscience du bilinguisme date au moins de la fin de la troisième année (66 49-57, traductions fréquentes, croisements provenant de l'habitude de rapprocher l’un de l’autre les deux vocabulaires, emploi des expressions langue, en allemand, etc...); son développement coïncide avec un développement intellectuel général qui pousse l'enfant à s’enquérir d’expressions délicates et à rechercher des formes grammaticales correctes (6 52). L'enfant a toujours nettement distingué un langage qui n'est ni du fr. ni de Pall. (Q 53); à partir du 42° mois il consent à répéter qqch. dans un tel langage, il apprécie l’élégance d’une langue au point de vue phonétique, il sait qu'il y a des pays où lon parle d’autres langues que le fr. et Pal.
CSS 54-56).
6 58. — J'ai dit que les résultats qui viennent d’être résumés ont été obtenus en suivant la méthode « une personne, une langue », mais je n’entends ni les présenter comme des résultats que cette méthode doive nécessairement et toujours donner (quoique, pour l’essentiel, la