C FORMES ; COULEURS $S
tordus à la pince de manière à former une tige d’assemblage, le tout présentant la figure ©O——©.
La mémoire des formes se développe bien et produit des rapprochements curieux. Pendant son séjour à Paris (34° mois), Louis appelle aéroplanes (il a vu des aéroplanes dessinés et possède un jouet qui a la même forme) les grues à décharger les bateaux qu'il voit au bord de la Seine, dessin du temple un appareil photographique sur un prospectus et les raies verticales que laissent un moment sur la peau de ses jambes, quand on le déshabille, les lignes saillantes de la tige de ses chaussettes (les saillants des plis du soufflet de la chambre noire et les raies marquées par les chaussettes lui rappellent les colonnes de notre temple d'Auguste et de Livie à Vienne). Déjà à deux ans il appelait la musique notée [fabif] « fabrique », croyant reconnaître dans les lignes parallèles de la portée les fils parallèles d’une conduite électrique qui franchit le Rhône et aboutit sur la-rive opposée à une fabrique bien en face des fenêtres de notre maison. Cf. au ( 70 ses premières interprétations des lettres d'imprimerie.
6 65. — Les couleurs intéressent beaucoup Louis à partir de la fin du 27° mois. Il les distingue sans pouvoir toujours les nommer; il s'amuse parfois à des confusions volontaires, sans doute pour masquer les lacunes de son savoir. En revenant d’une promenade d'automne il raconte à sa mère qu'il a vu des feuilles jaunes, des feuilles rouges «und das andere, das pickt. — Du meinst, dass die Tannenbäume grûn bleiben ?— Ja' ». A la fin du 31° mois il connaît à peu près toutes les couleurs (avance édnsidérable sur la moyenne des enfants de son âge, cf. Stern, p. 228, 229) et
1. « Et l’autre, qui pique. — Tu veux dire que les sapins restent verts. — Oui ».