‹ Le développement en photographieChapitre 11 sur 64 · SI · texte numérisé non relu

SI

1 5 3 IQH

OH

Hydroquinone.

Pyrocatéchine.

Résorcine.

68. — Les constitutions intimes des corps établis ainsi, par des représentations schématiques, ne sauraient être évidemment qu’hypothétiques. Toutefois, l’hypothèse s’accorde assez bien avec les propriétés et les réactions des corps. De plus, elle sert de base à une classification rationnelle des substances et permet de voir telle ou telle réaction que l’expérience devra ultérieurement confirmer. C’est un secours précieux pour l’.étude de cette innombrable quantité de corps qui entrent dans la partie de la chimie dite chimie organique et lesquels sont, en somme, toujours constitués des mômes éléments.

Les principes retirés des êtres organisés ne renferment

RAPPEL DE CHIMIE

qu’un très petit nombre d’éléments : le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, l’azote et aussi, mais en quantité beaucoup moindre, le soufre et le phosphore. Donc six éléments, dont quatre principaux. Encore de ces quatre principaux n’y en a-t-il qu’un qui ne fasse jamais défaut, c’est le carbone. Aussi désigne-t-on quelquefois la chimie organique par le nom de Chimie des composés du carbone.

69. — Les substances organiques, dont cette partie de la chimie se réserve l’étude, ont été classées d’après leur? fonctions chimiques. Suivant M. Berthelot, cette classification comprend :

1° Les hydrocarbures , composés d’hydrogène et de carbone ;

2° Les alcools, composés d’hydrogène, de carbone et d’oxygène ;

3° Les éthers , qui résultent de la réaction d’un acide organique ou minéral sur les alcools avec élimination d’eau ;

4° Les aldéhydes , qui dérivent des alcools, ceux-ci ayant échangé une partie de leur hydrogène contre de l’oxygène;

5° Les acides organiques , dérivant eux aussi des alcools par une oxydation beaucoup plus énergique que celle qui contribue à la formation des aldéhydes ;

6° Les amines , ou alcalis organiques, qui sont des composés azotés, dérivant également des alcools par une combinaison de ceux-ci avec l’ammoniaque;

7° Les amides , composés azotés également, mais par une combinaison de l’ammoniaque avec des acides, au lieu d’une combinaison avec des alcools ;

8° Les phénols , qui sont des intermédiaires entre les alcools et les acides ;

9° Les alcaloïdes végétaux.

Les acides organiques , comparables aux acides minéraux, rougissent la teinture bleue de tournesol et forment des sels en se combinant avec les bases.

Les alcools peuvent être sensiblement rapprochés des bases ou hydrates métalliques.

Les éthers-sels ressemblent aux sels minéraux dérivant des acides et des bases.

Sans chercher à pénétrer dans ’étude des multiples coin-

posés qui ressortent des neuf classes ci-dessus détaillées, jetons un coup d’œil sur leur définition. Elle est des plus utiles au point de vue photographique.

70. — Hydrocarbures. — Ce sont les combinaisons binaires du carbone et de l’hydrogène. Leur formule générique est CnHn. L’étude de ces carbures et de leurs dérivés se divise en deux parties : la série grasse et la série aromatique.

La première comprend les corps gras proprement dits, d’où son nom, et aussi les corps présentant une apparence huileuse. On considère le méthane CH4 comme étant l’hydrocarbure fondamental de cette série. Aussi serait-il préférable de substituer au titre de : série grasse, celui de : dérivés du méthane.

La seconde comprend des corps dont les premiers étudiés possédaient une odeur aromatique très accentuée. De là son nom de série aromatique. L’hydrocarbure fondamental de cette série est le benzène C6H6, vulgairement dénommé benzine. Aussi serait-il préférable de substituer au titre de : série aromatique, celui de dérivés du benzène.

71. — Alcools. — Ce sont les combinaisons ternaires du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène. En d’autres termes, ils peuvent être considérés comme un hydrocarbure dans lequel un atome d’hydrogène a été remplacé par l’oxhydryle OH.

On subdivise les alcools en trois grandes classes, suivant le; nombre des atomes d’oxygène qu’ils contiennent. Alcool monoatomique , quand il contient un atome d’oxygène ; alcool diatomique , quand il en contient deux ; alcool triatomique , quand il en contient trois.

72. — Éthers. — D’après la définition même des éthers, donnée plus haut, ces composés comprennent les éléments constitutifs de l’alcool et de l’acide, moins une certaine quantité d’eau. Il y a lieu cependant de distinguer entre les étherssels et les éthers-oxydes. Les éthers-sels sont des corps comparables aux sels minéraux. Mais il existe, en chimie organique, des corps analogues aux anhydrides des hydrates métalliques, c’est-à-dire analogues aux oxydes métalliques. Ce sont des éthers-oxydes. Ainsi, par exemple, à l’alcool éthylique ou hydrate d’éthyle correspond un anhydride ou éther-oxyde qui est l’éther éthylique.

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73. — Aldéhydes. — Le groupement CHO caractérise les aldéhydes. Aussi l’alcool ordinaire CH3 — CH2OH perdant deux atomes d’hydrogène aux dépens de son groupement alcool donne l’aldéhyde ordinaire CH3 — CHO. On peut donc considérer les aldéhydes comme des corps engendrés aux dépens des alcools par la perte de deux atomes d’hydrogène. L’aldéhyde n’est qu’un passage entre l’alcool et l’acide. Elle peut, par réaction inverse, former des alcools.

74. — Acides organiques. — Si les aldéhydes représentent le premier degré d’oxydation des alcools, les acides représentent le second degré d’oxydation. C’est le remplacement de deux atomes d’hydrogène par un atome d’oxygène divalent. Ainsi l’alcool ordinaire CH3 — CH2OH, étant oxydé, donnera naissance à l’acide acétique CH3 — CO — OH. C’est ce groupement CO — OH qui caractérise les acides organiques. On lui donne le nom de carboxyle. Par conséquent, toutes les fois que l’on rencontre ce groupement dans la formule d’un corps organique, on peut en inférer sûrement que ce corps est acide.

D’une façon générale, les acides organiques sont incolores, solides et cristallisables, et présentent un degré plus ou moins grand de solubilité dans l’eau. La plupart sont décomposés par l’action de la chaleur. Il peut arriver que la chaleur les modifie de telle sorte qu’elle donne naissance à un corps nouveau jouissant de propriétés nouvelles. L’acide est alors dit pyrogéné. On indique cette intervention de la chaleur en ajoutant au nom primitif de l’acide le préfixe pyro (feu). Les acides pyrogénés diffèrent des acides primitifs par quelques atomes d’eau ou d’acide carbonique. Ainsi l’acide gallique chauffé donne l’acide pyrogallique qui diffère de l’acide gallique par la suppression d’un atome d’acide carbonique.

75. — Amines. — Ce sont des composés azotés dont la constitution est comparable à celle de l’ammoniaque. Ils peuvent se combiner avec les acides pour former des sels. Les amines sont représentées par la substitution des éléments de l’ammoniaque aux éléments de l’eau dans les alcools et les phénols. Les plus simples sont les mono amines . Elles peuvent être considérées comme dérivant de l’ammoniaque AzH*par la substitution de 1, 2 ou 3 radicaux hydrocar-

bures monovalents à 1, 2 ou 3 atomes d’hydrogène. Ce sont des composés volatils dont les dissolutions jouissent des propriétés alcalines de la solution ammoniacale.

Les amines primaires aromatiques dérivent des hydrocarbures ou des phénols monoatomiques, comme les auiines primaires de la série grasse dérivent des hydrocarbures ou des alcools monoatomiques.

C«H'°-H C6IIS — OH C6H5 — AzH*

Benzène Phénol. Aniline

ou ou

Hydrure de phényle. Phénylamme.

Si on les envisage comme dérivant de l’ammoniaque, par la substitution d’un radical d’hydrocarbure à un atome d’hydrogène, on a :

Az— H Az— H

Ammoniaque. Aniline.

On peut effectuer ainsi plusieurs substitutions. Considérant, par exemple, le schéma du benzène, nous voyons que deux substitutions de AzH2 peuvent s'effectuer de trois manières différentes qui nous donnent trois isomères connus :

Orthophénylène diamine . .

Métaphénylène diamine...

'Aztia (6)

Paraphénylène diamine ... (4)

76. — Amides. — Les amides sont des composés azotés qui ont, avec les acides, les mêmes relations que les amines avec les alcools. Par exemple, une monoamide primaire dérived’un acide monobasique par la substitution du radical Azïï* à l’oxhydryle OH dans le groupement caractéristique des acides. Ainsi :

Acide acétique. ..... CH3 — COOH

donne

Acétamide CH3CO — AzH*

Un acide bibasique forme deux sels ammoniacaux : un

RAPPEL DE CHIMIE

sel neutre ou biammoniacal; un sel acide ou monoammoniacal. Ainsi l’acide oxalique donne :

Oxalate neutre CO.OAzH4 — CO.OAzH4

et

Oxalate acide CO.A.AzII4 — CO. OH

L’acide carbonique fonctionne comme un acide bibasique. Lorsque le sel neutre perd de l’eau (H20), il donne naissance à une diamide. Par exemple, le carbonate neutre d’ammoniaque CO (OAzH4)3 correspond à une diamide, la diamide carbonique ou carbamide CO (AzH2)* qui est identique à l’urée, une des formes sous lesquelles l’azote est éliminé de l’organisme.

77. — Phénols. — Composé ternaire oxygéné, le phénol G6li60, devenu le type de la fonction phénol , se rapproche des alcools, bien qu’il en diffère sous certains rapports. Il est au benzène ce que l’aleool éthylique est à l’éthane ou hydrure d’éthylène :

Éthane C^Hs.H Benzène C6H*.H

Alcool C2H5.OH Phénol C«H5.0H

Nons avons vu que nous avions des substances possédant plusieurs fois la fonction alcool. Nous pouvons donc évidemment avoir des substances présentant plusieurs fois la fonction phénol. Ainsi, par exemple, si dans le schéma du benzène, nous remplaçons deuxHpar deux oxhydryles OH, nous aurons un diphénol. Toutefois, si la substitution, comme c’est le cas, peut être faite à différents sommets de l’hexagone, nous aurons des isomères contenant les mêmes poids de carbone, d’hydrogène et d’oxygène et ne différant que par le groupement des atomes ;

Orthodiphénol . . . .

Métadiphénol

Paradiphénol C6H4^^

78. — Alcaloïdes végétaux. — Ce sont des combinaisons azotées douées de propriétés basiques. Généralement peu

solubles dans l’eau, mais plus solubles dans l’alcool et l’éther, elles forment, avec les acides, des sels cristallisés.

79. — Fonctions mixtes. — 11 existe certains corps qui peuvent présenter simultanément plusieurs fonctions. Ce sont des corps à fonction mixte. Ainsi, par exemple, les amido-phénols :

^-AzHs

qui, comme l’indique la formule, possèdent à la fois la fonction phénol OH et la fonction amine AzHs.

Je n’irai pas plus loin. J’ai déjà peut-être trop insisté sur ce rappel de chimie. Je ne crois pas cependant que ce soit peine perdue pour ceux qui voudront suivre les réactions que j’aurai occasion de décrire dans l’étude du développement en photographie, ou pour ceux qui voudront chercher à établir celles que je passerai sous silence, ou ne ferai qu’indiquer. A ce point de vue, les conceptions purement hypothétiques qui résultent de la théorie atomique ont cela d’éminemment intéressant qu’elles peuvent nous faire prévoir bien des réactions, et qu’au demeurant elles suffisent jusqu’à ce jour à nous montrer avec une certitude presque absolue les choses qui se passent.

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