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Un mot encore avant de terminer ce chapitre

Lorsque vous entrez, pour vos besoins de travail, dans une maison photographique bien achalandée, vous n’êtes pas sans entendre demander au commis : « Quel révélateur nouveau avez- vous? » ou « Quel est le meilleur révélateur? » Et le commis de répondre, en présentant une fiole contenant un liquide plus ou moins coloré et étiquetée d’un nom souvent pompeux, presque toujours bizarre et terminé en 1 os, en ol, en al ou en ic. Ce ne sont pas là des révélateurs , mais seulement des développateurs, c’est-à-dire des solutions contenant, en plus d’un révélateur qui n’est et ne saurait être qu’un de ceux que je viens d’indiquer, les autres agents du développement, en des proportions plus ou moins rationnelles, ou surtout plus ou moins empiriques.

Il se peut que dans le nombre il y en ait d’excellents,

mais, je le répète, n’allez pas croire que vous vous trouvez en présence d’un révélateur nouveau. Ce n’est qu’un développateur à base de tel ou tel révélateur. Le plus souvent le même, car peu nombreux sont ceux qui se gardent en solutions marchandes.

Du reste, quand nous en serons aux développateurs, je vous indiquerai par quelles réactions on peut reconnaître quel est le révélateur qui a servi de base à un développateur donné.

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CONSERVATEURS

120. Ce qu’oa entend par conservateurs. — 121. Le sulfite de sodium cristallisé. — 122. Vérification de la pureté de ce produit. — 123. Le sulfite de sodium anhydre. — 124. Comparaison entre les deux sulfites. — 125. Le sulfite d’ammonium. — 126. Le bisulfite ou métabisulfite de sodium. — 127. Le bisulfite ou métabisulfite de potassium. — 128. Quantités correspondantes des différents sulfites. — 129. Conservateurs divers. 130. La glycérine. — 131. L’acide tartrique — 132. L’acide formique. 133. L’acide citrique. — 134. L’acide lactique. — 135. L’alcool méthyiique. — 136. Rôle du sulfite dans le développement.

120. — Les conservateurs sont ce que je nommerai des agents indirects. Us ne concourent pas, ou du moins on a cru longtemps, qu’ils ne concouraient pas absolument au développement. Leur rôle est de retarder, aussi longtemps que possible, la combinaison du révélateur avec l’oxygène de l’air, et de former avec l’eau du développateur une combinaison hydratée qui, par sa stabilité, reste sans action sur l’image latente. Grâce à l’addition d’un conservateur, le révélateur se garde donc plus longtemps en solution et, pendant l’opération du développement, il ne s’oxyde pas à l’air au détrimeni de son action révélatrice.

Les sulfites des métaux alcalins demeurent le plus généralement employés. A l’heure présente, même, ils le sont avec tous les révélateurs, bien qu’en réalité leur action varie avec la nature du révélateur. Certains acides : tartrique, formique, citrique, acétique, etc., sont également des conservateurs, employés en faible proportion. Toutefois, ils jouent généralement, en même temps et assez énergiquement, le rôle de modérateurs, c’est-à-dire qu’au cours de la révélation de limage latente, ils retardent l’action du développateur. D’autres corps, comme la glycérine, par exemple, sont aussi des conservateurs.

Mais, je le répète, c’est presque exclusivement aux sulfites

des métaux alcalins qu’on demande aujourd’hui la conservation. Nous allons donc étudier, tout d’abord et plus complètement, ces sulfites.

Sulfites.

121. — En première ligne, vient le sulfite de sodium cristallisé ou anhydre. Le sulfite de sodium cristallisé se présente en cristaux prismatiques incolores, inodores, d’une saveur fraîche d’abord, légèrement sulfureuse ensuite. Ce3 cristaux contiennent 100 p. 100 d’eau de cristallisation. Leur formule est, en effet, NasS03 -f-7(H20), et leur poids^ moléculaire 252. Ils deviennnent efflorescents en perdant cette eau de cristallisation, s’oxydent facilement au contact de l’air, pour se transformer en sulfate de sodium Na2SOl -f- 10(H2O).

Insoluble dans l’alcool, le sulfite de sodium est très soluble dans l’eau. Cent centimètres cubes d’eau en dissolvent 25 grammes à la température de 15° C. et 100 grammes à la température de 100° C.

Comme je l’ai dit, le sulfite de sodium est très efflorescent et se convertit facilement à l’air en sulfate. On a proposé, pour le conserver, de verser dans le flacon qui le contient de l’éther sulfurique en quantité suffisante pour recouvrir les cristaux, et de le placer, ensuite, à l’abri de la lumière Lorsqu’on veut faire usage du sulfite de sodium, on retire alors les cristaux du flacon avec une cuiller et on les égoutte sur un papier buvard. L’éther s’évapore vite et l’on peut alors procéder aux pesées nécessaires.

Quand on veut reconnaître si la solution de sulfite de sodium que l’on a en réserve ne s’est pas, peu ou prou, transformée en sulfate, on prend une petite quantité de cette solution et l’on verse dedans de l’acide chlorhydrique. 11 se forme du chlorure de sodium avec dégagement d’acide sulfureux.

On ajoute alors quelques gouttes d’une solution de chlorure de baryum. On voit tout aussitôt apparaître un abondant précipité blanc de sulfate de baryum, s’il existe dans la solution en expérience du sulfate de sodium.

122. — N’étaient que ces manipulations, l’emploi du sulfite de sodium cristallisé n’offrirait pas de grands inconvénients. Par malheur, les cristaux vendus dans le commerce sont

CONSERVATEURS

rarement à l’état suffisamment pur pour que leur solution reste neutre, et cette neutralité est une condition primordiale. Le plus souvent, la solution a une réaction acide due à la présence de bisulfite ou une réaction alcaline due à la présence du carbonate de sodium. Il est donc absolument nécessaire d’analyser ce produit lorsqu’on n’a pas la certitude absolue de sa pureté. Plusieurs moyens ont été proposés pour procéder utilement à cette analyse.

Celui préconisé par M.C. Frécot est suffisamment complet, tout en restant d’une pratique facile.

Dans 15 grammes d’alcool à 60°, vous dissolvez 1 gramme de phtaléine de phénol. Une seule goutte de cette solution suffit à teindre en rouge violacé toute solution de sulfite de sodium contenant un alcali libre ou carbonaté.

On ne saurait employer ni la cochenille, ni le tournesol, ces réactifs colorés donnant des réactions secondaires avec le sulfite.

Afin de neutraliser cet alcali et de connaître la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour neutraliser 1 kilogramme de sulfite de sodium à essayer, voici à quelles opérations successives on se livrera :

1° Peser 10 grammes de sulfite de sodium ;

2° Verser dans un verre à pied 200 centimètres cubes d’eau distillée ou simplement bouillie ;

3° Y faire dissoudre la quantité pesée de sulfite, ce qui donne une solution à 5 p. 100 ;

4° Teindre la solution avec une trace de phtaléine prise avec un agitateur ;

5° Faire dans un flacon une solution d’acide sulfurique à 65° Baumé (1 : 100);

6° Verser un volume connu de cette solution sulfurique dans un flacon compte-gouttes comptant environ les gouttes à 1 3 pour 1 centimètre cube ;

7° Verser goutte à goutte, et en agitant continuellement, dans la solution de sulfite. Au moment où la neutralisation sera complète, on verra la coloration de la solution disparaître brusquement;

8° Sachant la valeur des gouttes, le nombre des gouttes versées indiquera le nombre de décigrammes d’acide sulfurique employés;

Si 100 gouttes (=10 g.) d’acide sulfurique en solution à 1 p. 100 neutralisent 200 cm3 d’une solution de sulfite de sodium à 5 p. 100, 100 dg. ou 10 g. neutraliseront 1 kilog. de sulfite de sodium. Dans le cas où les 100 gouttes ne feraient pas 10 g., on opérerait la correction correspondante.

Lorsque l’alcalinité n’est pas considérable, on peut, en pratique, remplacer l’acide sulfurique par du bisulfite de sodium. Ce corps agit également sur la phtaléine de pbénol et possède l’avantage de ne point former du sulfate de sodium . Dans ce cas, on ajoutera simplement, à la solution de sulfite, du bisulfite en solution saturée jusqu’à la disparition de la coloration. Le sulfite se trouvera dès lors bon pour les usages photographiques.

Quant à la quantité de carbonate contenue dans le sulfite, on en reconnaît assez approximativement la teneur en multipliant par 3 la dose d’acide sulfurique employée.

123. — Le sulfite de sodium anhydre , débarrassé de toute eau de cristallisation, affecte la forme d’une poudre Blanche amorphe, due à un broyage énergique de ce corps qui se présente, dans la fabrication, sous l’aspect de plaques très dures.

. Ce broyage amène souvent dans la poudre des parcelles de grès provenant des broyeurs et les solutions de sulfite de sodium anhydre ont besoin d'être filtrées ou simplement décantées.

Le sulfite de sodium anhydre répond à la formule constante Na2S03 et son poids moléculaire est 126, c’est-à-dire exactement moitié de celui du sulfite de sodium cristallisé. D’ores et déjà, on voit donc que ce corps, sous un même volume, est deux fois plus actif que le précédent qui renferme 100 p. 100 de son poids d’eau. Par conséquent, dans toute formule indiquant du sulfite de sodium cristallisé, on pourra remplacer celui-ci par du sulfite de sodium anhydre, à la condition d’en employer un poids deux fois moindre.

Même à 100° C., le sulfite de sodium anhydre est inaltérable à l’air. Bien qu’un peu plus long à se dissoudre dans l’eau, il y est aussi soluble cependant que le sulfite de sodium cristallisé. Quant à sa composition, elle esl absolument constante.

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