‹ Le développement en photographieChapitre 34 sur 64 · P04H* = PO -OH · texte numérisé non relu

P04H* = PO -OH

les trois oxhydriles présentent des caractères acides très différents les uns des autres. L’uu a des propriétés acides très énergiques; le deuxième des propriétés plus faibles ; le troisième des propriétés si atténuées que les phosphates tribasiques alcalins ne sauraient être directement préparés par voie humide au moyen des carbonates alcalins et du phosphate tribasique. 11 faut, bon gré mal gré, se servir des alcalis caustiques. L’équation de la réaction est la suivante :

/OH /O Na

PO— ONa -f Na OH = H20 + PO— ONn \ONa \ONa

En outre, une solution aqueuse de phosphate tribasique alcalin absorbe, peu à peu, l’acide carbonique de l’air pour se dissocier lentement en phosphate bibasique et carbonate alcalin.

En présence de ces propriétés, il était à prévoir que les phosphates tribasiques alcalins devaient non seulement se comporter comme les alcalis carbonates, mais aussi, dans une certaine mesure, comme les alcalis caustiques.

. L’expérience a confirmé cette prévision.

Le phosphate tribasique de sodium peut être employé avec un certain nombre de révélateurs, aux lieu et place des alcalis caustiques et carbonatés, même avec avantage dans certains cas, comme nous le verrons en parlant des développateurs. L’avantage le plus intéressant à signaler ici est qu’avec une dose de phosphate tribasique de sodium correspondant à celle du carbonate de sodium, c’est-à-dire 133 grammes de phosphate pour 100 grammes de carbonate, on a dans tous les cas des négatifs plus intenses qu’avec le

LES ACCÉLÉRATEURS.

carbonate et, à fortiori , si l’on force la dose de phosphate, ce que l’on peut faire sans risquer de compromettre la solidité de la couche de gélatine. H est loin d’en être de même dans le cas des alcalis caustiques ou carbonatés.

Le seul inconvénient que je trouve à l’emploi du phosphate tribasique, c’est son peu de solubilité. En effet, 100 centimètres cubes d’eau à la température de 15° ne dissolvent que 16 grammes de phosphate tribasique. Seulement, comme cette solubilité croît considérablement avec la température iusqu’à atteindre 280 grammes à 100° C., on peut chauffer pour dissoudre le produit, ajouter ensuite la totalité du liquide constituant le dé veloppateur et finalement refroidir.

Néanmoins, cela rend difficile la fabrication d’un développateur de réserve très concentré.

155. — MM. L umière frères et Sevewetz ont recherché encore des succédanés des alcalis dans les amines grasses et les amines aromatiques. Disons tout de suite que ces dernières, bien qu elles soient pour la plupart des bases énergiques, n’ont rien produit au développement. Il n’en a pas été de môme des amines grasses qui proviennent du remplacement de l’hydrogène de l’ammoniaque par des radicaux de carbure» gras, tels que : CH3, C2H5, C3H7, etc.

Comme l’ammoniaque dont elles dérivent, les amines grasses jouissent de très fortes propriétés basiques, et se comportent avec les révélateurs alcalins comme de véritables alcalis caustiques, bien qu’elles dérivent de l’ammoniaque et que l'ammoniaque, ainsi que je vous l’ai fait remarquer, n’agisse réellement qu’avec l’acide pyrogallique. Beaucoup toutefois donnent le voile dichroïque.

Des études de MM. Lumière frères et Seyewetz, il résulte cependant que la triméthy lamine N(CH8)3 ne donne pas le voile dichroïque, et fournit des images extrêmement pures. Malheureusement, les amines grasses ont des odeurs si nauséabondes, que je doute fort de la vulgarisation de leur usage. Tout au plus les emploiera-t-on, à contre-cœur c’est le mot, quand on aura besoin, dans certains cas spéciaux, de propriétés réductrices très énergiques»

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