‹ Le développement en photographieChapitre 37 sur 64 · BROMURE · texte numérisé non relu

BROMURE

de potassium.

«le sodium.

d’ammonium.

de lithium.

Formules atomiques..

KBr

NaBr4H20

AzH4Br

LiBr

Poids moléculaires . .

Quantités correspond

dantes j

168. — Sous prétexte que les bromures alcalins sont des dissolvants de l’argent, on a cherché à faire emploi d’autres agents pris plus spécialement dans la classe des chlorures. On a surtout préconisé, à cet effet, le chlorure de sodium et le chlorure de potassium.

Les essais que j’ai dirigés dans ce sens ne m’ont aucunement satisfait. Ces agents modèrent dans une très faible mesure l’action développatrice, mais se montrent assez impuissants contre la montée du voile.

Je crois donc oiseux d’en donner une liste qui, somme toute, paraît plutôt inutilisable ; d’autant plus, quenous trouverons le seul chlorure utilisable dans les modérateurs divers.

Modérateurs divers.

169. — Bien qu’on puisse affirmer, d’une façon générale, que les bromures alcalins soient très suffisants pour modérer l’action des divers développateurs et rendre les épreuves négatives brillantes, en empêchant la montée du voile, il en est quelques autres qui peuvent cependant s'appliquer plus particulièrement à tel ou tel développateur. Je les passerai rapidement en revue.

170. — L 'acide acétique C2H403 = 60, soluble en toute proportion dans l’eau et dans l’alcool , et les acétates des métaux alcalins , qui se préparent directement par l’action de l’acide acétique sur les oxydes ou mieux sur les carbonates de ces métaux, constituent d’excellents modérateurs pour l’acide pyrogallique.

Sur l’hydroquinone et ses isomères, leur action modératrice est tellement énergique qu’il suffit de les employer en doses relativement minimes pour entraver tout net leur fonction développatrice.

171. — L’acide boriqueBoOzH* = 62, lamelles brillantes qui sont solubles à 4 p. 100 dans l’eau froide, à 29 dans l’eau bouillante, à 25 dans l’alcool bouillant, à 10 dans la glycérine, et les borates des métaux alcalins , qui se préparent en traitant à chaud, par l’acide borique, les oxydes ou les carbonates de ces métaux, constituent des modérateurs extrêmement énergiques pour l'acide pyrogallique et îa pyrocatéchine.

LES MODERATEURS.

En revanche, leur action modératrice se montre beaucoup plus faible sur l’iconogène et sur l’hydroquinone. Toutefois, avec ces révélateurs ils empêchent, pour ainsi dire, complètement le voile et ils leur permettent de fournir des phototypes négatifs très brillants.

172. — Le chlorure de ‘potassium, KC1 = 74, qui se dissout à 29,2 p. 100 dans l’eau froide, 57 dans l’eau bouillante, et se montre peu soluble dans l’alcool, constitue un modérateur très doux pour l’hydroquinone.

173. — Des propriétés retardatrices et éclaircissantes des modérateurs, on a retiré une méthode de retouche chimique qui a été fortement préconisée par le commandant H. Fourtier. Lorsqu’au développement on s’aperçoit que certaines parties prennent trop d’intensité, comme les ciels et les grandes lumières, on arrête le développement et on lave la plaque. Après égouttage, on passe sur les parties qui se développent trop vite un pinceau chargé de la solution suivante :

Bromure de potassium 4 gr.

Citrate de potassium 2 gr.

On laisse pendant quelques instants le liquide pénétrer dans la couche et l’on replonge la plaque dans le bain développateur. Les parties du phototype, imbibées de la solution ci-dessus, ne montent plus que très lentement au développement.

On ne saurait trop appeler l’attention sur ce mode opératoire. î! rend d’excellents services quand on n’emploie pas des développateurs agissant en coup de foudre. 11 est loisible même, et c’est ce que j’ai l’habitude défaire, d’employer simplement, et sans la diluer, la solution de bromure de potassium à 10 p. 100 que l’on a constamment sous la main.

Vous évitez ainsi d’introduire dans le laboratoire une solution nouvelle, qui a le désagrément d’ailleurs de ne pas toujours se conserver très bien

LES SOLUTIONS

374. Ce qu’est une solution. — 175. La dissolution. — 176. La solubilitA.

— 177. Loi de solubilité. — 178. La saturation. — 179. Des différentes manières d'obtenir la saturation. — 180. Filtration. — 181. Décantation. — 182. Le titrage des solutions et la manière de faire une solution d’après une formule donnée. — 183. Conservation des solutions.

— 184. Constitution des solutions développatrices. — 185. Détermination du pouvoir réducteur pratique du révélateur. — 186. Quantités correspondantes des différents halogènes d’argent. — 187. Le sulfite de sodium n’est pas un obstacle à la précipitation complète de l’argent. —

188. Rapport de l’énergie réductrice des différents révélateurs. —

189. Détermination des quantités d’alcali correspondantes à une quantité de révélateur donné. — 190. Détermination de la quantité de sulfite nécessaire et suffisante. — 191. Du meilleur état d’une solution pour sa conservation.

1 74. — On donne le nom de solution au mélange d’un corps solide ou gazeux avec un liquide et donnant naissance à un liquide homogène. D’une façon générale, en photographie, la solution est aqueuse, c’est-à-dire que le liquide employé est de l’eau. Je poserai donc en principe que, toutes les fois que le mot solution n’est pas suivi d’un qualificatif, comme par exemple alcoolique, éthérique, etc., il s’agit invariablement d’une solution aqueuse.

Une solution peut être ou d’ordre physique ou d’ordre chimique.

On la dit d 'ordre physique , quand les particules du corps soluble se juxtaposent avec les particules du dissolvant. Dans ce cas, une simple évaporation de la solution restitue les corps dans leur état primitif. Le sel marin, fréquemment employé en photographie, donne une solution physique.

On la dit d 'ordre chimique , lorsqu’il y a combinaison des particules du corps solide et des particules du dissolvant. C’est le cas le plus général des solutions.

175 — L’action par laquelle une solution s’effectue Sè

LES SOLUTIONS

nomme dissolution. La dissolution donne lieu presque toujours à une absorption ou à un dégagement de chaleur. Indication évidente d’une action chimique. Ainsi, par exemple, lorsque vous dissolvez de l’hyposulfite de soude dans de l’eau, il y a un abaissement tel de température, que vous voyez immédiatement les parois du flacon, dans lequel s’effectue la dissolution, se couvrir d’une rosée abondante. Inversement, une dissolution d’acide sulfurique dans de l’eau produit une élévation de température très sensible à la main. En pareil cas, pour éviter tout accident, il faut toujours verser, lentement et par petites quantités, le corps à dissoudre dans le dissolvant et non inversement. On comprend en effet qu’une élévation brusque de température peut amener le bris du vase où. se fait la dissolution ou une vaporisation d’une partie du liquide. Ce qui peut causer des accidents graves à l’opérateur.

176. — Les corps pouvant être dissous sont dits solubles,. On appelle solubilité le pouvoir plus ou moins grand qu’ils ont de se dissoudre dans un liquide. En général, le degré de solubilité est donné par rapport à certains liquides et à certaines températures. Toutefois, ce degré de solubilité peut être modifié considérablement, soit par la présence de substances déjà dissoutes, soit par l’influence d’un second dissolvant.

Ainsi, par exemple, en photographie, la solubilité des révélateurs dans l’eau est généralement augmentée lorsqu’on a déjà dissous, dans cette eau, un sel alcalin.

Le glycin même ou l’oxalate de diamidophénol, presque insolubles dans l’eau pure, deviennent très solubles dans de l’eau contenant du sulfite de sodium. C’est l’augmentation de solubilité par la présence d’une substance déjà dissoute.

Si, à une solution de bdehlorure de mercure, on ajoute de l’alcool liquide, dans lequel le bi chlorure est beaucoup plus soluble que dans l’eau, on augmente Le degré de solubilité par la présence d’un second dissolvant.

177. — Lorsqu’il s’agit de corps solides, ce qui est pour ainsi dire presque invariablement le cas en photographie, la solubilité croît en raison directe de l’élévation de température. Cette loi est constante pour les dissolutions s’effectuant par action physique.

Dès lors, les quantités dissoutes demeurent parfaitement proportionnelles. Quelques exceptions, comme le sel marin, par exemple, confirment la règle.

Cette constance dans la loi n’existe plus si la dissolution s’effectue par action chimique. Puisque, dans ce cas, il y a combinaison, on comprend en effet que la dissolution cesse lorsque la combinaison est complète.

178. — Une solution est dite à saturation lorsque, pour une température déterminée, elle contient le maximum du corps soluble. Or, la solution ne saurait être toujours à saturation, à cause des différences de température qu’elle peut subir dans le laboratoire, qu’autant qu’elle contient un excès du corps soluble susceptible de se dissoudre dans la solution, au fur et à mesure que la température de celle-ci s’élève.

Cette considération va nous permettre de préciser les conditions dans lesquelles nous devons faire nos solutions de réserve.

Connaissant approximativement la solubilité d’une sub-' stance dans de l’eau à une température moyenne de 12 à 15* centigrades, nous serons certains d’avoir toujours une solution à saturation de ce corps en faisant dissoudre, dans de l’eau bouillante, une quantité supérieure à celle qu exprime son degré de solubilité et en laissant refroidir. Cette manière de faire est, sinon ia plus simple, du moins la plus rapide, et peut-être aussi la meilleure. En effet, nous pouvons employer de l’eau chaude, donc ayant bouilli, par conséquent débarrassée autant que possible de tous les gaz qu’elle peut contenir, et qui ont une influence néfaste sur la durée de conservation de la solution par la formation de sous-sels.

179. — Toutefois, on peut obtenir des solutions saturées sans faire appel à l’élévation de température, et cela de différentes façons.

La plus simple, évidemment, consiste à mettre dans un bocal une quantité de la substance supérieure à celle exprimée par son degré de solubilité et à verser dessus de l’eau froide. Pour atteindre à la saturation, il faudra attendre plusieurs heures, quelques jours même, si l’on n’a pas soin de remuer très fréquemment la solution, soit à l’aide d’une baguette

LES SOLUTIONS

de verre, soit en agitant le bocal. Cela se comprend si l’on réfléchit que les couches inférieures du liquide, se trouvant plus vite saturées que les couches supérieures, empêcheront la substance de continuer à se dissoudre. Pour éviter cette saturation des couches inférieures, on peut se servir d’un bocal à très large tubulure, muni d’un robinet de verre, an peu au-dessus de la partie inférieure, pour laisser aux

Dispositif pour obtenir des solutions saturées.

impuretés la place de.se déposer. La substance à dissoudre sera placée dans un nouet de mousseline que l’on suspendra dans le bocal, jusqu’à ce qu’il commence à plonger dans le liquide. Au fur et à mesure que l’eau se saturera, elle sera plus dense, tombera au fond du bocal, et sera remplacée par de l’eau nouvelle, qui se saturera à son tour.

Au lieu d’un nouet, on peut disposer la mousseline en forme de poche que l’on maintiendra en la ficelant autour du goulot du bocal, et, au fur et à mesure que l’on emploiera de la solution, on versera de l’eau dans la poche de façon que sa partie inférieure baigne toujours dans le liquide.

Si l’on veut encore ne pas employer, beaucoup plus qu’il ne convient, de la substance à dissoudre, vous pouvez vous servir du procédé indiqué par M. Davanne. Il résout très

élégamment le problème, en permettant une dissolution automatique et accélérée.

Ce procédé consiste à munir la douille d’un entonnoir d’un tube de caoutchouc, montant assez haut, pour qu’en plaçant l’entonnoir sur un flacon il se produise une fermeture hermétique du flacon, après avoir pris soin de verser dans celui-ci les deux tiers de l’eau devant être employée.

Dispositifs pour activer les dissolutions.

La longueur du tube de caoutchouc doit être telle qu'il s’enfonce un peu au-dessous du niveau de l’eau du flacon. Vous mettez alors dans l'entonnoir les cristaux à dissoudre et vous versez dessus la quantité d’eau qui vous reste et qui ne saurait s’écouler à cause de la poussée de l’air dans le flacon.

Néanmoins, il s’établit bientôt dans le tube un double courant, l’un de liquide saturé de sel, donc plus lourd, l’autre de liquide non saturé, et cette ascension continue jusqu’à saturation parfaite de tout le liquide.

LES SOLUTIONS

180. — I] va de soi que si vous avez pris soin de mettre, avant la substance soluble, une petite touffe de coton hydrophile dans le goulot de l’entonnoir, ou bien que si vous avez préalablement garni celui-ci d’un filtre de papier, il va de soi, dis-je, que votre solution se filtrera au fur et à mesure. Les produits en solution sont, en effet, souillés par les matières solides. On les sépare soit par filtration , soit par décantation.

Presque toutes les solutions photographiques peuvent être filtrées sur des papiers à filtre, ouate hydrophile, ou filtre à. l’amiante. Dans le cas des papiers à filtre, employer les blancs , les gris contenant trop souvent des traces de fer pouvant amener des réactions.

Toutefois, lorsque les liquides peuvent attaquer les matières organiques, il devient préférable d’employer un tampon de laine de verre.

181. — La décantation consiste à verser doucement dans un autre vase la partie surnageante du liquide.

Lorsqu’on cherche à décanter soigneusement une solution à saturation, il faut verser doucement, et par conséquent le liquide coule le plus souvent sur le flanc du vase et ne tombe pas dans celui qui doit le recevoir. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de poser verticalement une baguette de verre contre l’orifice du vase contenant la solution et de verser.

Le liquide s’écoulera tout le long de la baguette (1).

182. — Quand on fait des solutions de réserve, mieux vaut les faire au titre le plus élevé possible.

Il est, en effet, aisé d’obtenir immédiatement, avec elles, des solutions réduites à un titre déterminé. Ce qui reste également faisable avec les solutions à saturation quand on connaît le degré de saturation à une température donnée.

Dans l’un ou l’autre cas, il suffit de se livrer à un petit problème fort simple de mathématiques élémentaires. M. A. da Cunha a posé ce problème et en a tiré une règle pratique fort simple.

Soit une solution m pour 100 qu’on veut ramener à

(1) Voir mon ouvrage : la Pratique en Photographie , p V

n pour 100 en y ajoutant de l’eau, et soit x cette quantité d’eau, nous aurons :

100 “ ïüoTx

d’cù :

100 n -4- xn = 100 m.

et par conséquent :

x est la quantité d’eau à ajouter à 1 00 centimètres cubes de la solution pour réduire le titre de m à n. Mais si, au lieu de 100 centimètres cubes, nous n’en avions que n, la formule deviendrait :

X aa x i '

c’est-à-dire :

d’où la règle suivante :

Règle: Pour réduire une solution d’un titre à un autre, il suffit de verser dans un verre gradué autant de centimètres cubes que l’indique le chiffre du titre que l’on veut obtenir, puis ajouter de l’eau jusqu’à ce que l’on soit arrivé à la division qu’indique le chiffre du titre de la solution primitive.

Exemple : Soit une solution d’hyposulfite de sodium à 25 p. 100 que l’on veut ramener à 8 p. 100. On versera dans un verre gradué 8 centimètres cubes de la solution primitive et l’on ajoutera de l’eau jusqu’à affleurer la graduation indiquant sur le verre le nombre de 25 centimètres cubes.

Et maintenant, comment doit-on faire une solution à son véritable titre ?

C’est un point qu’il est absolument nécessaire d’élucider. Aux nombreuses consultations qui m’ont été maintes fois adressées, à ce sujet, je vois trop que les amateurs ne savent généralement pas faire leurs solutions comme elles doivent être faites.

Beaucoup de substances contiennent une grande quantité d’eau de cristallisation. En les faisant dissoudre dans la quantité d’eau indiquée, par une formule donnée, la solution n’est plus au titre de la formule. Pour exécuter une formule quel-

LES SOLUTIONS

conque, voici comment on doit toujours s’y prendre.

Soit une quantité x d’un corps à dissoudre dans 1000 centimètres cubes d'eau. Cette quantité x devra être dissoute dans la moins grande quantité d’eau possible, mettons 300, 500 ou 800 centimètres cubes si vous voulez. Cette quantité partielle n’est, en réalité, dépendante que de la solubilité du corps. Lorsque le corps x sera bien nettement dissous dans cette quantité d’eau, vous ajouterez alors à la solution ce qu’il faut d’eau pour parfaire le volume de 1000 centimètres cubes et vous emploierezpour cela de l’eau distillée ou de l’eau ayant bouilli et filtrée ensuite. Votre solution sera alors exactement au titre de x pour 1000, donc de x pour 100. En agissant autrement, ce titre ne serait plus exact, surtout lorsque le corps, comme le carbonate de sodium ou l’hyposulfite de sodium, par exemple, contient une grande quantité d’eau de cristallisation.

Supposons que, pour notre corps x, cette eau de cristallisation soit telle, qu’en faisant purement et simplement dissoudre x dans 1000 centimètres cubes on obtienne finalement une solution dont le volume soit 1500 centimètres cubes ; le titre de la solution ne sera plus à x pour 1 00 comme l’indique la formule, mais à x pour 150. Ce qui peut, dans certains cas, avoir une influence.

C’est pour cela d’ailleurs que l’cn devrait toujours dans une formule, et je tâcherai de m’y conformer, indiquer si le sel est cristallisé ou anhydre , lorsqu’il se présente sous ces deux formes dans le commerce, et à ne le faire suivre d’aucune mention s’il ne se présente commercialement et couramment que sous une seule espèce.

183. — Il y a à s’occuper maintenant de la conservation de certaines solutions. Cette question a son intérêt pour les développateurs en une seule solution que l’on emploie à l’état de vieux bain. Il arrive que, pendant l’été surtout, ces solutions, fraîches ou ayant servi, se conservent mal quand les flacons sont en vidange. Comment trouver un bon moyen de conservation ? On a préconisé pour cela l’emploi de petites billes de verre, que l’on introduit dans le flacon en quantité suffisante pour qu’il n’y ait plus d’air audessus du liquide. On a également préconisé l’emploi de tout petits flacons, quipoumdent être constamment tenus remplis.

Ces modes opératoires sont en effet efficaces, mais eu réalité assez peu pratiques. Je leur préfère le suivant : Vous prenez un flacon à assez large tubulure et muni, à sa partie inférieure, d’un robinet de verre. Vous percez de deux trous le bouchon destiné à fermer la tubulure. Par l’un de ces trous, vous introduisez un petit entonnoir, dont le tube sera assez long pour pénétrer presque jusqu’au fond

Dispositif pour la conservation des développateurs.

du flacon. Par le second trou, vous introduisez, jusqu’à affleurement de la partie inférieure du bouchon, un tube de verre recourbé en S. Pour plus de commodité, ce tube recourbé en S peut être le tube d’un petit entonnoir.

Par l’entonnoir à tube droit, vous versez votre développateur, neuf ou vieux, et par l’entonnoir à tube en S vous versez une quantité suffisante d’huile d’olive pour qu’elie forme une petite couche d’un demi-centimètre à un centimètre sur le révélateur. Il restera alors dans le siphon de l’S une petite quantité d’huile qui interceptera encore, quoique cela ne soit pas nécessaire, l’air extérieur. Toutes les fois que vous aurez à employer votre développateur, vous en ferez écouler la partie nécessaire et suffisante par le robinet.

LES SOLUTIONS

Voici encore un autre moyen. Il a été spécialement indiqué pour conserver les solutions de réserve du développateur à l’acide pyrogallique.il me semble néanmoinspouvoir s’adapter à toutes les solutions de réserve de tous les développateurs.

Le développateur à conserver est mis dans un flacon bien bouché par un bouchon de liège percé de deux trous. Dans l’un de ces trous l’on engage un tube de verre recourbé, formant siphon et dont l’extrémité de la branche, comprise

Dispositif pour la conservation d’un développateur à l’acide pyrogallique.

dans le flacon, arrive près du fond de celui-ci. La branche extérieure, beaucoup plus courte, est munie d’un petittube de caoutchouc et d’un autre tube de verre droit ou recourbé suivant la commodité que l’on y trouve. Cet ajutage sert de robinet par l’intermédiaire d’une pince métallique qui fait pression sur le tube de caoutchouc, et empêche ainsi l’écoulement du liquide quand le siphon est amorcé et tant qu’elle est fermée.

Sur une petite planchette, sertie sur le goulot du flacon, on dispose deux petites fioles également bouchées et munies

delubes de verre, comme l’indique notre figure. On les remplit aux trois quarts d’une solution de potasse caustique et d’acide pyrogallique.

Lorsque l’on fera pression sur la pince, le révélateur s’écoulera et fera forcément un appel d’air dans le flacon. Mais cet air, avant d’y entrer, passera nécessairement par les deux petites fioles supérieures, traversant en entier leur liquide . Son oxygène sera absorbé par la solution, et il n’entrera dans le flacon de réserve que de l’azote qui est sans action sur le développateur.

Constitution des solutions développatrices.

184. — Lorsqu’on veut faire une solution développatrice, on devra, d’après ce qui précède, la constituer avec un révélateur, un conservateur, et un alcalin. Une question se pose : Dans quelles proportions doit-on mettre ces trois corps en dissolution pour obtenir uue solution normale?

Sans passer en revue certains procédés très complexes, je me contenterai de vous indiquer la méthode qui a servi à M. Reeb pour^son étude sur l’hydroquinone, et qui me semble très suffisamment approximative pour l’ordinaire des opérations photographiques.

Elle comporte trois opérations :

1° Détermination du pouvoir réducteur du révélateur ;

2° Détermination des quantités d’alcalis ou de leurs carbonates correspondant à une quantité donnée du révélateur en expérience.

3° Détermination de la quantité de sulfite de sodium nécessaire et suffisante pour le parfait fonctionnement du développateur.

185. — Pour la première détermination, vous prenez 1 gramme d’azotate d’argent que vous dissolvez dans 30 centimètres cubes d’eau distillée, et vous précipitez cette solution par un très léger excès de potasse caustique. L’oxyde d’argent ainsi formé est lavé par décantation, puis vous le dissolvez à l’aide de S grammes de sulfite de sodium pour obtenir une solution d’oxyde d’argent d’un volume de 50 centimètres cubes. Cette quantité de sulfite est strictement nécessaire pour dissoudre l’argent correspondant à 1 gramme

LES SOLUTIONS

d’azotate d’argent. Avant cette addition, il vous est loisible d’aciduler les premières eaux de lavage à l’aide de quelques gouttes d’acide acétique pour enlever l’excès de potasse caustique.

Votre solution d’argent une fois obtenue, vous l’additionnez d’une solution du révélateur àl /200 jusqu a complète réduction de l’oxyde d’argent. Pour mener à bien cette opération, vous filtrez la liqueur après chaque addition de révélateur, de façon à pouvoir arrêter l’expérience exactement au moment où l’addition de révélateur ne trouble plus la liqueur. Quand il en est ainsi, c’est que tout l’argent est déposé.

En prenant l’hydroquinone comme révélateur, nous trouverons, avec cette méthode, que 0sr,08 d’hydroquinone suffisent pour réduire complètement 1 gramme d’azotate d’argent.

186. — En tenant compte des pôids moléculaires des différents halogènes, nous savons, comme l’indique le tableau ci-dessous, quelles sont leurs quantités correspondantes, donc les quantités de révélateur expérimenté nécessaire pour chacun d’eux :

DÉSIGNATION DES HALOGENES.

AZOTATI

d’argent.

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