‹ Le développement en photographieChapitre 38 sur 64 · BROMURE · texte numérisé non relu

BROMURE

d’argent.

IODDRB

d'argent.

Formules atomiques.

AgAzO3

AgCl

AgBr

Agi

Poids moléculaires

Quantités correspondantes.

Pour l’emploi de ce tableau, voir le n° 128.

187. — On pourrait croire que le sulfite de sodium, en sa qualité de conservateur, met obstacle à la complète précipitation de l’argent. Il n’en est absolument rien. La précipitation est la même avec le sulfite de sodium en excès que si elle avait été obtenue par un autre moyen. On peut d’ail leurs toujours contrôler si la précipitation est complète, en trai-

tant la ligueur par le chlorure de sodium. Les sels d’argent sont éminemment sensibles à ce réactif. Une goutte d’une solution de chlorure de sodium suffira à troubler la liqueur si elle contient encore de l’oxyde d’argent non réduit.

Toutefois, la réaction étant parfaitement complète en présence du sulfite, elle ne saurait qu’être ralentie en présence d’un grand excès. Ce qui n’a d’ailleurs nulle importance pour la détermination que l’on cherche.

188. — Dans les quelques expériences assez rapides que j’ai pu, entre temps, mener sur ce sujet, je suis arrivé à des résultats que la pratique m’a semblé confirmer. Toutefois, je ne les tiens pas comme étant très rigoureusement exacts. Aussi, en vous les donnant à titre d’indication, est-ce aussi sous toutes réserves que je le fais.

Si nous prenons, comme unité, le pouvoir réducteur de l’hydroquinone, nous avons :

Hydroquinone 1

Acide pyrogallique 1,2

Paramidophénol 2

Métol 2,3

Pyrocatéchine ' 2,5

Glycin 3,3

Iconogène 4

Il faut en conclure qu’avec des solutions développatrices de même force, mais forméespar des révélateurs différents, on peut trouver une relation entre la densité des lumières et les chiffres indiqués pour le pouvoir réducteur relatif de ces différents révélateurs. Donc, en nous reportant au tableau ci-dessus et si nous faisons agir d’une part une solution développatrice à l’hydroquinone et d’autre part une solution dévetoppatrice à l’iconogène, mais toutes les deux au même titre, nous verrons que l’intensité des plus grandes lumières sera quatre fois moindre avec la solution à l’iconogène qu’avec la solution à l’hydroquinone. En d’autres termes, pour obtenir la même intensité, il aurait fallu prendre quatre fois plus d’iconogène.

En conséquence, si, ayant l’habitude de travailler avec une formule à l’hydroquinone, on veut travailler avec une formule à l’iconogène, il faudra que celle-ci contienne quatre fois plus de révélateur que celle-là pour obtenir un résultat identique.

LES SOLUTIONS

Cette explication vous donne la marche à suivre pour employer utilement le tableau ci-dessus.

189. — Quant aux quantités d’alcalis et de leur carbonate correspondant à une quantité donnée de révélateur, c’està-dire, dans l'espèce, à la quantité nécessaire et suffisante pour réduire un gramme d’azotate d’argent, les proportions nous seraient données d’après M. Reeb par le rapport des poids moléculaires.

Le poids moléculaire de l’azotate d’argent AgAzCPest 170, et les poids moléculaires des différents alcalis ou de leurs carbonates nous sont fournis par le tableau dressé au chapitre des accélérateurs. Ce qui nous donne pour les quantités cherchées :

Potasse caustique 56 : 170 = 0,3294

Soude caustique '..... 40 : 170 = 0,2353

Lithine caustique 24 : 170 — 0,1452

Carbonate de potassium 138 : 170 = 0,8235

Carbonate de sodium anhydre 106 : 170 = 0,6235

Carbonate de sodium cristallisé.... 286 : 170 = 1,6835

Carbonate de lithium .... 74 : 160 == 0,4353

Donc, si dans l’expérience précédente il nous a fallu Qgr,08 d’hydroquinone pour réduire complètement un gramme d’azotate d’argent, il nous faudra lui ajouter comme alcali ou carbonate alcalin l’une des quantités ci-dessus. Pour ramener à l’unité du révélateur, nous devrions les multiplier par 12, S, puisque 0,08x12,5 = 1.

En considérant, par exemple, le carbonate de potassium comme un des types d’accélérateurs les plus employés, nous voyons ainsi qu’avec 1 gramme d’hydroquinone, il nous faudrait prendre 0,8235 x 12,5 = 10,3 de carbonate de potassium.

En tenant compte des énergies relatives des différents révélateurs ci-dessus mentionnés, les quantités de carbonatede potassium à employer pour 1 gramme de chacun d’eux seraient donc ■

Pour Phydroqmnone

— l’acide pyrogallique

— le paramidophénol

— le mètol

— la pirocatechine

— le glycin

— l'iconogène

ïlsemble donc que sur ces données on puisse établir telles formules rationnelles que bon semblera. Toutefois, elles peuvent, pour une bonne pratique, subir des modifications.

Si, en effet, ces quantités sont ou paraissent rationnelles, il faut tenir compte de ce fait qu’en les augmentant ou en les diminuant, on peut cependant, pratiquement, faire varier la rapidité de l’action. En conséquence, il me semble, quant à moi, que l’on décide mieux de la proportion d’alcali par méthode expérimentale.

Sur des plaques exactement posées le même temps et dans les mêmes conditions, on fait agir 1 gramme du révélateur à expérimenter en l’additionnant de quantités croissantes de carbonate de potassium, par exemple, et l’on note à quelle quantité correspond le maximum de rapidité d’action.

Approximativement pour la substitution d’un autre alcalin au carbonate de potassium, on n’aurait qu’à faire emploi du tableau donnant leurs quantités correspondantes. Ainsi, pour le glycin, la dose de carbonate de potassium semble pouvoir être efficacement portée à 5 au lieu de 3,12. Au demeurant, l’expérience nous apprend que pour utiliser complètement l’énergie d’un révélateur il faut l’additionner d’un excès d'alcali relativement considérable.

190. — Il nous reste maintenant à déterminer la quantité de sulfite de sodium nécessaire et suffisante pour le parfait fonctionnement du révélateur.

Dans ce but, vous faites une solution de la quantité nécessaire du révélateur pour réduire complètement 1 gramme d’azotate d’argent et vous lui ajoutez la quantité reconnue utile de l’alcali ou d’un carbonate alcalin. Vous additionnez cette solution de quantités croissantes de sullile de sodium. Vous agitez vivement. Ou, pour opérer plus vite, vous y faites passer un courant d’oxygène gazeux. La solution jaunira d’autant moins rapidement qu’elle sera plus riche en sulfite. Par additions successives de sulfite, il arrivera un moment où la solution ne jaunira plus ou à peine. Vous touchez à la limite. -

Comme exemple, voici le détail d’une expérience de M. Reeb exécutée avec l'hydroquinone comme révélateur : Il fit la solution suivante :

LES SOLUTIONS

rwi distillée 20 cm3.

n'ydroquinone 0sr,08.

Potasse caustique 0&r,33.

Sulfite de sodium cristallisé 0sr,08.

et il agita avec quatre ou cinq fois son volume d’air. La solution jaunit rapidement et la couleur ne disparaît pas par le repos. Il fit passer alors un courant d’oxygène pendant une heure. La liqueur devint de plus en plus foncée et finalement garda la teinte brun rouge.

La quantité de sulfite était donc insuffisante.

L’auteur recommença l’expérience, en portant successivement la proportion de sulfite et d’hydroquinone à 2/1 , 3/1, 4/1, 5/1, 6/1, 7/1, 8/1. Il reconnut alors que pour 1 partie d’hydroquinone et 5 parties de potasse caustique il fallait 7 parties de sulfite de sodium cristallisé, pour conserver à la solution, dans les conditions de l’expérience, la teinte nlanche ou légèrement jaune-paille, c’est-à-dire, l’inaltérabilité de l’hydroquinone. Par conséquent, pour la constitution d’une bonne solution, il y avait lieu d’adopter les proportions suivantes :

Hydroquinone 1 partie.

Potasse caustique 4 parties.

Sulfite de sodium cristallisé 7,5 —

Afin de bien mener l’expérience, il ne faut pas perdre de vue ce que j’ai dit au sujet des alcalis caustiques et des carbonates alcalins, c’est-à-dire tenir compte de l’action certaine de l’acide carbonique dans l’emploi des carbonates. On fera donc bien d’exécuter deux expériences ; l’une, avec le révélateur et un alcali; l'an re, avec le révélateur et un carbonate alcalin. Elles sulbront amplement, mais elles sont nécessaires, car on y reconnaîtra, comme l’a démontré M. H. Reeb, que la proportion de sulfite ne dépend pas seulement de la quantité de révélateur, mais d’abord du rapport du révélateur et de son alcalin et ensuite du choix de cet alcalin : alcali caustique ou alcali carbonaté.

Ayant la quantité pour deux quelconques de ces alcalins, on l’aura pour tous les autres en se servant de la table des quantités correspondantes des alcalins (Voir le n° 150).

En résumé, la dose de sulfite de sodium nécessaire varie suivant ia laciüté avec laquelle les différents révélateurs

1 ôi

s’oxydent et surtout forment des produits colorés. Ainsi, d’une façon générale, si le diamidophénol, le pyrogallol et le métol exigent environ dix fois leur poids de suliile de sodium cristallisé, le glycin et l'hydroquinone n'en exigeront que le quintuple ou le triple. D'autre part, la proportion de sulfite de sodium doit toujours être plus grande dans un développateur à alcali caustique que dans un développateur à carbonate alcalin, et augmenter rationnellement si l’on augmente la quantité d’alcalin.

191. — Je terminerai en rappelant qu’une solution se conserve d’autant mieux qu’elle est plus concentrée. Par conséquent, plus un développateur sera concentré, plus sa conservation sera assurée.

Ce qui arrive à dire que le meilleur moyen .de Je (bien conserver est de 1 amener à saturation, de telle sorte que le révélateur, s’y trouvant partiellement à l'état solide, s'oppose ainsi à l’oxydation.

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