CONSTITUANTS
plaques
normales
donnant
doux
et
faible.
plaques normales donnant plus dur et
pur.
plaques qui donnent trop dur avec les
révélateurs
précédents.
plaques qui donnent remarquablement dur.
plaques
instanta-
nées
(dévelop-
pement
rapide).
Eau
100cm3
100cm3
100cm3
100cm3
Solution d'acide py-
rogallique à 1/10°.
3cm3
2cm3
2cm3
VIII à X gouttes
4cm3
Solution de bromure de potassium à 1/10=
4cm3
2cm3
XX gouttes
IV gouttes
5cm3
Ammoniaque diluée (4 vol. d’eau, l vol.
d’ ammoniaque D =0,91)
5 à 6cm3
2 à 3cm3
XV à XX gouttes
| 2 cm 3
Nota. — Les gouttes sont comptées à raison de XV gouttes par centimètre cube.
C’est de ce tableau dont je me suis uniquement servi, lors de mes débuts en photographie. Je m’en suis admirablement trouvé et je ne doute pas un seul instant que c’est à lui que j’ai dû d’arriver vite à bien me rendre maître d’un développement.
198. — Pour s’en servir, on devra toujours commencer avec le développateur I, en versant les constituants dans l’ordre du tableau. S’aperçoit-on que la pureté n’est pas franche et que l’intensité ne s’accentue pas suffisamment? On pourra porter à 5 ou même à 10 centimètres cubes la solution de bromure de potassium. Vraisemblablement, vous obtiendrez plus de pureté, mais il peut se faire que l’intensité reste encore insuffisante. Dans ce cas, il faudrait porter à 4 centimètres cubes la dose de la solution de pyrogallol.
Si, au contraire, le phototype négatif présentait de la dureté.
DÉVELOPPÂT IlU R A L’ACIDE PYROGALLIQUE. 169
on devrait alors forcer la solation ammoniacale jusqu’à 6 et 7 centimètres cubes en diminuant aussi la dose de la solution de bromure. Ou bien encore rejeter le développaleur I pour employer le développateur II.
Dans le cas où le développateur II accuserait un voile, il serait présumable que ce voile provient de la nature même de l’émulsion. Il y aurait lieu, dès lors, de revenir au développateur I. Avec l’emploi du développateur II, l’image se présente-t-elle peu brillante et sans grands détails dans les ombres? Diminuez la quantité de bromure, ou bien portez jusqu’à 7 centimètres cubes la dose de la solution ammoniacale. Il est loisible aussi d’effectuer simultanément les deux opérations.
Quoi qu’on fasse, les phototypes négatifs présentent-ils encore trop de dureté? Ayez recours au développateur III, ou même au développateur IV. J’estime cependant que l’emploi de ce dernier développateur n’aura lieu qu’exceptionnellement.
En ce qui concerne le développateur V, le Dr Eder engage, au lieu de mélanger d’abord tous les constituants, de ne mélanger que l’eau, l’ammoniaque et le bromure ; de faire tremper la plaque pendant une ou deux minutes dans ce mélange; de l’enlever; d’ajouter la solution de pyrogallol, et de l’immerger à nouveau. Le conseil est excellent. J’ajouterai, en passant, que j’opère toujours ainsi avec n'importe quel développateur , du moment qu’il est en deux ou plusieurs solutions. Je me trouve parfaitement bien de ce tour de main.
En réfléchissant sur les indications données ci-dessus, on comprend de reste que si le développateur V donne des phototypes négatifs trop intenses, on devra diminuer la proportion de pyrogallol, ou l’augmenter si le cas contraire se présente, la solution ammoniacale ayant atteint un maximum qu’il ne faut pas dépasser.
Lorsque l’on se trouve en présence d’une exposition très courte, Wortley et Burton modifient un peu le tour de main indiqué ci-dessus. Au lieu d’immerger préalablement la plaque dans le développateur privé de la solution de pyrogallol, ils la plongent dans une solution ammoniacale diluée Le procédé a du bon. A condition cependant :
1° Que la plaque soit très fortement sous-exposée;
2° Que la dilution soit très grande, environ \ centimètre cube d’ammonraque pour 120 centimètres cubes d’eau. S’il en était autrement, on aurait la production d’un voile contre lequel aucun remède ne serait efficace.
Dans le travail au dehors, on ne sait jamais au juste si la plaque a subi une pose trop courte, trop longue ou exacte. La prudence commande de commencer toujours à l’attaquer avec un développateur faible, et de ne faire agir qu’après cet essai le développateur concentré.
En employant les constituants ci-dessus, un bain faible peut être formé comme suit :
Eau 100 cm3.
Solution de pyrogallol XX gouttes.
— de bromure X —
— d’ammoniaque X —
Les plaques exactement posées, trop posées ou légèrement sous-exposées, viennent suffisamment bien dans un tel bain.
S’il n’est besoin que de donner un peu de force à l’image, on se contentera de porter à XX ou à XXX gouttes chacune des solutions de bromure et d’ammoniaque. Si le nain paraît un peu faible, on lui substituera le développateur I ; s’il paraît par trop faible, on lui substituera le développateur V.
Sait-on que l’on se trouve, ou croit-on se trouver en présence d’une très grande surexposition ? Il est d’une bonne pratique de composer le bain en omettant d’y mettre la solution ammoniacale. Quand la solution de pyrogallol contient du sulfite de sodium, il peut très bien se faire que l’image apparaisse assez vite. On peut forcer la dose de la solution de bromure, puis n’ajouter la solution ammoniacale que goutte par goutte, en retirant la plaque au moment de chaque addition. Dès que l’on constate l’apparition de la plus grande partie des détails, pour faire mieux ressortir les grandes lumières et conserver la gradation des demi-teintes, on ajoute au développateur une assez forte dose de la solution de bromure. On laisse monter jusqu’à l’intensité voulue, puis on ajoute de l’ammoniaque ou bien l’on plonge dans
DEVELOPPATEUR A L’ACIDE PYROGALLIQUE. 171
le développateur I pour parachever les demi-teintes et la venue des détails.
On arrive ainsi à tirer d’une plaque très surexposée un phototype négatif parfait.
D’une façon générale :
Une augmentation de la dose d’ammoniaque rend le développement plus rapide, et permet d’obtenir un bon résultat en donnant une durée moindre au temps de pose. En revanche, et avec l’ammoniaque surtout, on court les risques de voir le voile se produire avec facilité.
L’augmentation de la solution de bromure prévient d’ordinaire tout voile et accuse un peu plus les oppositions, par le brillant qu’elle communique à l’image.
L’augmentation de la solution d’acide pyrogallique augmente l’intensité générale du phototype négatif.
Quant à l’augmentation de l’eau dans le révélateur, elle n’a en réalité d’autre influence que de ralentir la venue de l’image. Toutefois, le développement ne se présente pas tout à fait de la même façon. Dans le bain très dilué, l’image atteint tout son développement, bien avant d’atteindre son intensité requise. Ce qui a fait dire à quelques expérimentateurs, que plus le développateur est étendu d’eau, plus les phototypes négatifs sont faibles et peu corsés. C’est juste, si l’on retire la plaque après la venue complète des détails. C’est faux, si on la laisse dans le bain. Cet état, en effet, étant obtenu, on voit l’image monter lentement en intensité, et finalement acquérir toute la valeur d’une image développée dans un bain normal, c’est-à-dire ne présentant que la quantité d’eau indiquée dans les formules du tableau ci-dessus.
C’est d’ailleurs à ce résultat d’expérience, signalé pour la première fois, en 1880, par Swan, que je dois de m’être mis et d’avoir poussé énergiquement tous mes confrères au développement lent dont je vous parlerai ultérieurement.
199. — Si excellent que soit le développement à l’acide pyrogallique, avec l’ammoniaque comme accélérateur, et malgré la reconnaissance que je lui dois pour m’avoir amené dès mes débuts à des résultats parfaits, en tant que développement, je dois à la vérité de déclarer qu’il possède certains défauts, desquels découle directement ou son abandon ou son rejet sans phrases.
Je passerai sous silence l’odeur désagréable de l'ammoniaque. N’était que cela, un véritable amateur, désireux de bien faire, n en prendrait aucun souci. Ce que je reproche à l’ammoniaque, c’est d’abord sa volatilité. On n’est jamais certain avec elle du degré d’alcalinité de la solution ou alors il faut faire constamment usage de l’aréomètre. Ensuite la quantité d’ammoniaque à employer semble demeurer en rapport intime avec la quantité d’acide pyrogallique. L’ammoniaque est-elle en excès, même léger? La plaque se voile et l’on ne peut, dans certains cas, pousser le développement aussi loin qu’on l’aurait désiré. En outre, même en employant des solutions de pyrogallol contenant du sullite de sodium, on arrive presque toujours à des phototypes négatifs présentant une teinte jaunâtre caractéristique, teinte excellente pour un bon tirage de la photocopie positive, mais très défavorable pour l’agrandissement, parce que l’on juge mal de la durée du temps de pose et que cette durée est d’ailleurs considérablement augmentée. Or, comme je 11e cesse de le répéter, l’agrandissement se présente comme un des bons moyens d’art et nous aurions tort de ne pas tenir en considération ce qui peut lui être nuisible ou utile.
200. — Aussi a-t-on substitué à l’ammoniaque d’autres alcalis ou leurs carbonates. Avec eux on peut développer sans voile tout en augmentant assez fortement la dose du sel alcalin. Ce qui permet de pousser très loin le développement. De plus, quand la solution d’acide pyrogallique est bien dosée en sulfite de sodium, on n’a jamais la teinte jaune caractéristique ancienne du développement au pyrogallol. Par conséquent encore, on ne se tache jamais les doigts.
En substituant à l’ammoniaque une solution titrée de carbonate de sodium ou de carbonate de potassium, et en tenant compte des poids moléculaires de ces différents carbonates alcalins, on peut parfaitement se servir du tableau d’Eder et de toutes les indications que j’ai fournies pour son emploi. C’est une très bonne méthode de début. Je l’ai employée. Elle m’a parfaitement réussi. Vous pouvez recommencer mes études pour votre compte si bon vous semble. Toutefois, pour éviter ces recommencements à ceux qui n’ont nulle envie de les faire, je vais leur indiquer à quelle formule type mes études m’ont conduit, de façon à avoir
DÉVELOPFATEUR A L’ACIDE PYROGALLIQUE. 473
des phototypes négatifs légers, bien brillants, bien définis, sans le moindre empâtement dans les noirs, très harmonieux, en un mot des phototypes négatifs concourant essentiellement à l’obtention de l’épreuve artistique.