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Les solutions de réserve se composent de

. ( Eau chaude ayant bouilli 1 OüO cm3.

| Sulfite de sodium anhydre 150 gr.

Laissez refroidir et filtrez soigneusement, sur un simple morceau d’ouate hydrophile bien tamponnée dans le goulot d’un entonnoir.

g ( Solution A froide iOO cm3.

^ Acide pyrogallique 5 gr.

Il est bon de filtrer également cette solution sur ouate hydrophile et de la mettre dans un flacon de verre jaune foncé.

ç ( Eau distillée 100 cm3.

/ Bromure de potassium 10 gr.

t Eau chaude ayant bouilli 100 cm3.

D 5 Carbonate de potassium 15 gr.

( Carbonate de sodium cristallisé..., 3lsr,5.

Ces deux solutions peuvent être également filtrées sur ouate hydrophile. La seconde surtout, les carbonates alcalins du commerce contenant souvent des matières étrangères.

202. — Un bain normal se compose en prenant les quantités suivantes de ces divers constituants :

Eau 80 cm3.

Solution A 14 —

Une plaque normalement posée, c’est-à-dire ayant reçu très approximativement le temps de pose nécessaire et suffisant par une bonne délimitation et une parfaite harmonie, se contentera d’un tel bain. Mais dans le travail exécuté au dehors surtout, on peut se trouver dans des conditions autres, ou désirer modifier l’effet en l’accentuant ou en le diminuant. Parlant du bain normal on peut, suivant les cas

ou les besoins, faire varier les doses des constituants pour ainsi dire à l'infini. Il suffit de connaître le rôle que chaque constituant joue dans le développement :

1° L 'eau modifie la concentration du bain, donc sa rapidité sanscepcndantmodilier son énergie, puisque, commeje l’ai dit précédemment, on peut tou jours, avec un bain dilué, arriver au même résultat qu’avec un bain concentré, en augmentant la durée du développement ;

2° La solution A donne de la transparence aux noirs du phototype, empêche la formation des produits d’oxydation colorés pouvant teinter la gélatine, communique à l’argent déposé une tonalité vert bleu, beaucoup plus propice au tirage que la tonalité brun roux donnée par l’acide pyrogallique non sulfîté. Néanmoins, en quantité par trop grande, elle agit comme retardateur du développement, sans cependant compromettre la venue des détails. Evidemment, le sulfite de sodium est un dissolvant de la gélatine et de l’argent. 11 est rare cependant qu’on ait besoin de l’employer dans le développement à une dose assez forte pour que celte action s’accuse nettement. Toutefois, on fera bien de ne pas perdre de vue cette propriété spéciale;

3° La solution B accentue les noirs, communique à l’ensemble de l’image une tonalité brun roux, accuse son relief en augmentant l’opacité des noirs, mais tend à colorer les produits d’oxydation, qui, conséquemment, colorent la gélatine ;

4° La solution C éclaircit les blancs en empêchant la montée de tout voile, modère et régularise l’action du développement. Je donne volontiers, dans bien des cas, la préférence à une solution de bromure d’ammonium, parce qu’il est d’une bonne pratique d’employer un bromure différent des bases des alcalis, les bromures doubles qui se forment étant plus solubles que les bromures simples. De plus, il se fait dans le bain un très léger dégagement d’ammoniaque, sensible à l’odorat. Or, nous avons constaté que l’ammoniaque était un très précieux agent du développement à l’acide pyrogallique. Cependant, si vous employez le bromure d’ammonium, rappelez-vous que vous ne devez en prendre que la quantité correspondante à la quantité jugée nécessaire pour le bromure de potassium, comme il est indiqué dans le

DEVELOPPATEUR A L ACIDE PYROGALLIQUE. 175

tableau des quantités correspondantes des modérateurs;

5° La solution D accélère la venue de l’image, accentue les détails et aussi l’intensité générale du phototype, mais pousse à la montée du voile. J’allie les deux carbonates parce que pratiquement leurs actions sont différentes. Le carbonate de potassium fouille et intensifie ; le carbonate de sodium donne la douceur etTharmonie.

On peut certainement développer plusieurs plaques dans un bain à l’acide pyrogallique constitué tel que je viens de le dire. Il ne s’oxyde, en effet, que très lentement. Toutefois, si l’on remarque, d’une part, que la solution B ne contient que 0gr,05 d’acide pyrogallique pour 1 centimètre cube, ce qui fait 6 X 0,05= 0,3 pour le bain, et, d’autre part, que la quantité de liquide contenue dans le bain est celle nécessaire et suffisante pour immerger convenablement une plaque 13X18, on peut poser en principe que nous nous trouvons en présence d’un minimum de révélateur, et que le bain deviendra par trop insuffisant lorsqu’on aura développé dedans une plaque 13x18 ou un nombre de petites plaques dont la surface totale équivaudra à 13 X i8. Je fais celte remarque pour le paysage surtout. Pour le portrait, la dose peut, sans inconvénient, être diminuée de moitié. Il est donc préférable, dans ce cas, de rejeter le bain et d’en faire un autre, la dépense étant infime et la sûreté des résultats étant beaucoup mieux affirmée par l’emploi d’un bain neuf, que nous pouvons mieux modifier, suivant les besoins de notre travail

Or cette modification dans l’emploi du développement à l’acide pyrogallique est justement ce qui forme la souplesse de ce révélateur, souplesse qui le rend éminemment propice à tous les travaux d’art.

203. — En ce qui est du sulfite de sodium employé comme conservateur de l’acide pyrogallique, je ferai remarquer que les résultats sont meilleurs, c’est-à-dire que les photo-types négatifs sont beaucoup plus brillants lorsqu’on emploie des solutions fraîches, et aussi lorsqu’on y ajoute une petite quantité d’acide citrique pour neutraliser l’alcali libre.

L’acide salicylique, proposé vers 1878 par Samman, permet à la solution d’acide pyrogallique de se conserver plus

longtemps encore. En général, il suffit d’une addition de 1/1000° d’acide salicylique. Dix grammes d’acide pyrogai lique, dissous dans un litre d’eau contenant un gramme d'acide salicylique, constituent une solution, se conservant des années, donnant des épreuves négatives brillantes, tout à fait exemptes de voile jaune, et présentant des ombres très claires. On peut allier l’acide salicylique et le sulfite de sodium en mettant ce dernier sel dans la solution de carbonate.

J’ai aussi essayé le thymol, mais son action me semble bien moins efficace que celle de l’acide salicylique.

Voici une bonne formule d’acide pyrogallique additionné d’acide salicylique :

Eau 1 . 000 cm3.

Acide salicylique 1 gr.

— pyrogallique 7 —

Glycérine 20 cm3.

Pour le développement, on prendra, de cette solution, la quantité nécessaire pour bien recouvrir la plaque à développer et on lui ajoutera l’alcali et le bromure dans les proportions convenables. Ces proportions sont, si l’on emploie le carbonate de sodium, par exemple, 3 à 4 grammes de ce carbonate pour 1 gramme de pyrogallol. Pour tout autre alcali, ces proportions seront modifiées suivant le tableau donné au chapitre des accélérateurs.

Dans la formule précédente, on voit figurer la glycérine, venant ajouter son action retardatrice à celle de l’acide salicylique. On a proposé aussi l’addition du sucre de raisin, de la gélatine, de l’albumine, de la bière, du tannin, etc. En réalité, toutes ces substances n’ont pas une influence très marquée dans le développateur à l’acide pyrogallique. Le ferrocyanure de potassium (prussiate jaune) que j’ai employé comme devant communiquer à l’image un brillant extraordinaire et prévenir efficacement le voile, ne m’a jamais fourni des résultats très dignes d’intérêt, attendu que, suivant les plaques employées, son action est très différente.

Quant aux sels qui peuvent être substitués aux bromures, je vous ai parlé suffisamment de leurs effets dans le chapitre des modérateurs.

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