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ETUDE DES EXCAVATIONS DE ROCHERS

Entrée des gorges de l’Aar.

Représenta lion d’un phototype négatif de l’auteur.

COMMENT ON RENFÔRCE.

coloré ie ferrocyanure d’uranium. L’argent du phototype se trouve alors converti en un mélange de ferrocyanures d’argent et d’uranium, qui renforcent l’image, en lui communiquant une coloration qui peut varier du brun sépia au rouge vif. C’est, en somme, un virage. La réaction peut s'écrire :

4Ag 4- 2U3Fe2(C4z)lï = Ag»Fe(CAz)« + 3U2Fe(CAz)6

Pour tirer tous les avantages de ce procédé, il est nécessaire que la réaction donne naissance à un produit coloré. Si, en effet, on employait, par exemple, du ferricyanure de plomb, on obtiendrait des ferrocyanures incolores. L’image se trouverait dès lors simplement blanchie, comme dans le bain de bichlorure de mercure, et il faudrait ensuite procéder à son noircissement. Ce noircissement pourrait avoir lieu par une solution de sulfite d’ammoniaque, qui provoquerait la formation de sulfures noirs.

346. — Dans la pratique, pour effectuer un renforcement, de ce genre, on constitue le ferrocyanure d’uranium, en mélangeant, à parties égales, une solution à 1 p. 100 de ferricyanure de potassium, avec une solution à 1 p. 100 d’azotate d’uranium. Pour lui donner un pouvoir pénétrant plus grand, et aussi pour empêcher la dissolution du ferrocyanure formé, dans une eau, même légèrement alcaline, il vous est loisible de lui ajouter quelques centimètres cubes d’acide acétique cristallisable. On peut cependant fort bien se dispenser de cette addition, lorsqu’on fait usage d’eau parfaitement distillée.

L’épreuve à renforcer doit être dépourvue de tout voile ; préalablement ramollie dans l’eau, et passée, comme il a été dit plus haut, pour le bichlorure de mercure, dans de l’eau acidulée à l’acide azotique. Puis, rincée ; elle est trempée dans le mélange ci-dessus. On arrêtera un faible renforcement à une coloration sépia, et un fort renforcement à une coloration rouge.

Au cas où vous dépasseriez le but que vous désiriez atteindre, et que l’image renforcée présenterait trop d’opacité, par suite du ferrocyanure d’argent blanc opaque, allié au ferrocyanure d’uranium, vous immergeriez la plaque dans une solution à 10 p. 100 de sutfocyanure

d’ammonium acidulée avec quelques gouttes d’acide acétique. C’est pour arriver à un résultat analogue, que certains auteurs ont préconisé l’adjonction d’un sulfocyanate alcalin, au bain même de renforcement. Cette adjonction, dans le cas particulier du renforcement, me semble être d’une pratique défectueuse, si bonne elle est pour le virage de certains papiers, celui au platine principalement.

Au lieu d’employer le mélange que je viens d’indiquer, on peut immerger tout d’abord la plaque dans la solution seule d’azotate d’uranium, et l’y laisser pendant une demi-minute environ. Après ce laps de temps, on la retirera du bain auquel on ajoutera quelques gouttes d’une solution de ferricyanure de potassium à 2 p. 100. Si, au bout d’une demi-minute, la coloration de l’image ne semble pas suffisante, on recommencera l’opération, et ainsi de suite jusqu a intensité jugée nécessaire. C’est une méthode rationnelle de conduire le renforcement à son gré.

Le ferricyanure de potassium que I’od emploiera devra être rigoureusement pur, autrement le mélange se troublerait, et occasionnerait des taches lorsqu’on l’ajouterait à la solution d’azotate d’uranyle. Le même fait se présente d’ailleurs quand la solution de ferricyanure a été préparée trop longtemps à l’avance et n’a pas été conservée dans l’obscurité. La lumière, en effet, transforme le ferricyanure en ferrocyanure. Il faut donc que le mélange soit absolument limpide. Les cristaux effleuris de ferricyanure peuvent conduire également aux mômes insuccès. Il est donc bon de les laver rapidement avant de les employer pour faire la solution.

Le renforcement terminé, on se contente de laver très abondamment l’épreuve, pendant une dizaine de minutes, en eau stagnante, renouvelée trois ou quatre fois. Il est toujours préférable, pour combattre l’alcalinité des eaux employées, d’effectuer le lavage dans :

Eau 1 000 cm3.

Acide acétique cristallisable '-’O —

On peut considérer le lavage comme suffisant lorsque la dernière eau ne donne pas de coloration bleue en présence du perchlorure de fer ou d’un peu de révélateur à i’oxa-

COMMENT ON RENFORCE

iate ferreux. L’image est alors beaucoup plus stable que toutes celles renforcées aux différentes méthodes au mercure.

Si, voulant obtenir un renforcement très énergique, on en est arrivé à légèrement colorer en jaune les blancs de l’image on peut faire disparaître cette teinte en alcalinisant légèrement les premières eaux de lavage avec du carbonate de sodium, par exemple (1 ou 2 grammes pour 100). Il faut surveiller attentivement cette action éclaircissante, car en la prolongeant trop, ou en l’accentuant, on arriverait fatalement à affaiblir l’image renforcée.

347. — Le renforcement physique s’obtient en provoquant sur la plaque un précipité d’argent qui, obéissant aux lois des phénomènes de précipitation, se déposera de préférence sur les points où existe déjà de l’argent. L’image se trouvera donc renforcée par juxtaposition, en proportions forcément irrégulières, d’une nouvelle couche d’argent à l’argent constituant l’image. Il est probable que cet apport progressif des molécules d’argent du renforçateur physique autour d’un noyau primitif, formant l'image, est entretenu par la décomposition électro-chimique de l’azotate d’argent contenu dans le renforçateur. Celui-ci, en effet, est généralement formé d’un mélange d’azotate d’argent et d’un révélateur. Un tel mélange, facilement oxydable, décompose l’eau, et l’hydrogène dégagé réduit le sel d’argent. Cette action rentre dans le mode de développement du procédé au collodion humide. Admettons que le renforçateur physique soit composé d’azotate d’argent et de sulfate ferreux, la réaction définitive pourra s’écrire :

3AgAz03 + 3FeS04 = 3Ag + Fe2(S04)3 + Fe(Az03)3

348. — Ce genre de renforcement, qu’on peut plus spécialement dénommer renforcement à l'argent , est certainement le meilleur qui soit et puisse être : 1° parce qu’il ne change pas la constitution de l’image ; 2° parce qu'il ne nuit en rien à la délicatesse des. demi-teintes ; 3° parce qu’il permet d’atteindre n’importe quel degré d’intensité, puisqu’on suit parfaitement bien son action et qu’il reste toujours loisible de l’arrêter quand bon semble.

Au temps du collodion humide, il jouissait d’une grande faveur, bien justifiée du reste. Avec le procédé au géla-

tino-bromure, on l’a trop délaissé. Sans doute parce qu’au début on a rencontré dans son application de réelles difficultés. Elles n’étaient et ne sont cependant pas insurmontables, provenant toutes, en réalité, d’une mauvaise élimination de l’hyposulfite, et de la présence d’un voile léger général qui, comme dans tout renforcement, mais peut-être encore plus spécialement dans celui-ci, doit être rigoureusement enlevé avant de procéder à l'opération. S’il existe la moindre trace d’hyposulfite dans la couche de gélatine, il se produit presque instantanément et inévitablement un voile jaune; s’il existe un voile, même le plus léger, il amène des réductions irrégulières et l’image se couvre d’un voile rouge qui la détruit sans qu’il soit possible d’y apporter le moindre remède.

Le renforcement à l’argent peut s’effectuer de plusieurs manières. La plus ancienne est la méthode au sulfate ferreux. D’après Wratten et Wainwright, on fait les solutions suivantes :

Solution A.

Solution B.

Solution G.

Eau 20 cm3

Gélatine 1 gr.

Acide acétique. . 12 cm3

Sulfate ferreux. 3 gr.

Eau distillée .... 50 cm* Azotate d’argent. I gr.

Acide acétique.. 60 cm*

On verse sur la plaque, ramollie dans l’eau, LX gouttes de A et 30 centimètres cubes de B que l’on fait couler bien uniformément, puis on ajoute aussitôt quelques gouttes de G. Le renforcement s’opère avec une certaine lenteur, mais très sûrement.

Le capitaine Abney a proposé une solution de 1 gramme de sulfate ferreux et de 2 grammes d’acide citrique, dans 100 centimètres cubes d’eau, qu’il additionne de 1 à 2 grammes de sucre et à laquelle il ajoute quelques grammes d'une solution d’azotate d’argent à 2 p. 100, généralement additionnée elle même, de 4 à 5 p. 100 d’acide acétique.

L’acide pyrogallique semble être, dans l’espèce, d’un emploi beaucoup plus recommandable. Il agit avec rapidité. On fait les deux solutions ci-dessous :

Solution A.

Eau 300 cm3.

Acide pyrogallique. 1 gr.

— citrique 1 à 2 gr.

Solution B.

Eau distillée J 00 cm3.

Azotate d’argent 2 gr.

COMMENT ON RENFORCE

L’acide citrique ralentit déjà l’action qui peut encore être ralentie par l’addition de quelques gouttes d’acide azotique au renforçateur. La plaque, dûment ramollie, est plongée pendant quelques instants dans la solution, puis on la retire, et l’on ajoute au bain XXX à XL gouttes de la solution B, puis on y replonge le phototype. Pendant l’opération, la cuvette doit constamment être balancée, et le renforçateui rejeté, pour être remplacé par du frais, dès qu’on voit qu'il se trouble.

Le degré d’intensité cherché étant atteint, il faut procéder à un lavage très soigneux. Toutefois, comme la gélatine est disposée à retenir une certaine quantité d’azotate d’argent qu’aucun lavage à l’eau froide ne parviendrait à éliminer et qui amènerait, sous l’action de la lumière, une coloration compromettante du phototype, il est sage, avant de procéder au lavage, de l’immerger dans un bain de fixage.

En dehors de la cause déjà signalée de la production du voile rouge, celui-ci se montre encore si l’on n’a pas eu soin de tenir constamment la cuvette en mouvemeut, de façon que le renforçateur ne s’arrête jamais sur la surface de la plaque, et aussi pour empêcher l’apparition de taches floconneuses et irisées. Ces dernières, cependant, peuvent être enlevées, en immergeant le phototype dans une faible solution de cyanure de potassium (1 p. 100).

349. — Si l’on désire un renforcement extrêmement intense, comme cela a lieu pour la reproduction de traits noirs sur fond blanc, on peut y atteindre, même après un renforcement au bichlorure de mercure, en employant le renforçateur à l’argent et en procédant suivant les indications ci-dessous dues à MM. Eder et Pizzighelli.

Le phototype est plongé, pendant quelques minutes, dans une solution de bichromate de potassium à 3 p. 100, puis séché à l’obscurité. On l’expose ensuite à la lumière, dans un châssis-presse, au-dessus d’un papier argenté. L’exposition dure jusqu’au moment où l’image devient faiblement visible. La gélatine, qui a subi l’action de la lumière dans ses parties transparentes, se trouve, à ce moment, complètement insoluble. Les parties protégées par les couches foncées auront bien été transformées par l’action de la lumière, mais à la- surface seulement. On lave alors soi-

gneusement, jusqu’à élimination complète du bichromate, et l’on opère comme suit :

On verse sur la plaque le renforçateur ordinaire du collodion humide et, après trois minutes, on l’enlève par lavage. Vous procédez alors au renforcement à l’acide pyrogallique et à l’argent, comme dans le procédé humide. L’intensité est-elle encore insuffisante, vous pouvez employer les renforcements au mercure ou à l’acide pyrogallique, et cela sans la moindre crainte de voile dans les traits du dessin, attendu que, dans ses parties transparentes, la gélatine a perdu, comme il a été dit, toute propriété d’absorber les liquides par suite de son exposition à la lumière.

350. — Actuellement, on semble revenir de plus en plus vers ce mode de renforcement; aussi voit-on, de temps à autre, surgir des formules nouvelles. M. J. Gaedickeen adonné une avec laquelle je n’ai pu obtenir' de bons résultats, probablement parce qu’elle est trop faible en azotate d’argent, trop forte en sulfocyanate d’ammonium. En revanche, j’en ai obtenu d’excellents avec une formule semblable, quoique un peu différente, due à M. Wellington. Vous faites la solution de réserve suivante :

Eau distillée 1 000 cm*.

Azotate d’argent 100 gr.

Sulfocyanate d’ammonium 240 gr.

Le sulfocyanate ne doit être ajouté qu’après dissolution complète de l’azotate d’argent. Il se forme, au début, un précipité qui se redissout. A ce moment, vous ajoutez de l’eau distillée pour parfaire le volume de 5 000 centimètres cubes, ce qui détermine la formation d’un nouveau précipité. Vous ajoutez alors, goutte à goutte, une solution saturée d’hyposulfite de sodium, jusqu’au moment précis où le précipité a complètement disparu.

Le bain renforçateur est ensuite composé de la manière suivante :

Solution de réserve 500 cm*.

Acide pyrogallique 3 gr.

SulG te de sodium anhydre 6 gr.

Ammoniaque 6 cm3.

Bromure d'ammonium - 2

GOMMENT ON RENFORCE

Le phototype négatif, préalablement ramolli dans l’eau, est immergé dans cette solution. Généralement, cinq à dix minutes d’immersion suffisent pour amener une forte intensité. On devra donc surveiller attentivement l’action du renforçateur, pour l’arrêter au moment propice. Un lavage à fond termine l’opération, qui peut, d’ailleurs, être répétée autant de fois que vous la jugerez utile.

Il va de soi que toutes les recommandations données précédemment pour le renforcement physique trouvent ici leur emploi.

Cette méthode de renforcement physique, vers laquelle un revirement très net s’opère, est particulièrement excellente lorsqu’il s’agit d’augmenter la tonalité d’un phototype négatif, sans aucunement modifier la gradation de ses valeurs. L’image renforcée demeure absolument inaltérable puisqu’elle reste constituée, comme l’image originelle, par de l’argent réduit.

L’attention toute particulière dont, à juste titre, elle semble l’objet depuis quelque temps, a fait entrevoir la possibilité de développer l’image à la pleine lumière du jour, après avoir préalablement fixé le phototype à sa sortie du châssis. Bien que la méthode ne soit encore qu’à l’état embryonnaire, elle peut être le point de ri épar t d’une véritable révolution en photographie, puisqu’il deviendrait possible de surveiller, enplein jour et àson gré, la révélation de l’image latente.

La nouvelle en est venue de deux côtés à la fois. D’Allemagne, par l’entremise du Dr Neuhaus ; d’Angleterre, par l’entremise de M. Sterry. Si, des deux côtés, le même but est atteint, les moyens d’y atteindre et l’explication théorique du phénomène sont un peu différents, bien que les deux expérimentateurs se fondent, en somme, sur le renforcement physique.

Dans l’une et l’autre méthode, le phototype est sorti du châssis-presse dans le laboratoire obscur, fixé à fond dans un bain de fixage ordinaire, 'et abondamment lavé comme de coutume. 11 est alors parfaitement transparent, et ne laisse soupçonner aucune trace d’image.

D’après le Dr Neuhaus, l’hyposulfite a décomposé le bromure d’argent impressionné par la lumière en sous-bro-

mure, qui s est dissous, dans l’hyposulfite, et en argent métallique, qui est resté dans la gélatine. Mais ce dépôt d'argent est si faible qu’il échappe à toute observation.

D’après M. Sterry, l’hyposulfite a complètement dissous l’image formée par le bromure d’argent modifié par la lumière, image qu’il qualifie d 'inorganique, mais il n’a aucunement détruit l'image produite par la lumière, dans les molécules mêmes de la gélatine, qu’il qualifie organique, et qui serait due à un composé organique de gélatine avec du bromure, du chlorure, ou de l’iodure d'argent, selon la nature de la plaque.

Quelle que soit l'hypothèse que l’on admette, on effectue, dans les deux cas, l’opération du développement de l’image eD plein jour, et par véritable renforcement physique.

Le Dr Neuhaus compose son renforçateur comme suit:

Eau distillée 1000 cm*.

Azotate d’argent 40 gr.

Sulfocyanate d’ammonium 240 —

Sulfite de sodium cristallisé 50 —

Solution de bromure de potassium au 1/10® LX gouttes.

Pour l’emploi, on prend 6 centimètres cubes de cette solution et on lui ajoute 34 centimètres cubes d’eau distillée et 2 centimètres cubes de rodinal. Le rodinal est un développateur au paramidophénol, dont j’ai donné la formule approximative au n° 257.

Le phototype est immergé dans ce bain. L’image apparaît lentement et demande une douzaine d’heures pour être complète. A ce moment, elle est complètement blanche. En la plongeant dans une solution de bichlorure de mercure au 1/200' elle noircit, tout d’abord ; mais si l’on prolonge l’action de ce bain, l’image reblanchit de nouveau. En la lavant bien et en l’immergeant dans une solution d’hyposulfite de sodium, elle redevient noire et propre au tirage.

M. Sterry emploie, lui, le renforçateur suivant:

^ ( Eau distillée 100 cm*.

\ Azotate d’argent 1 gr.

g ( Eau distillée 200 cm*.

/ Sulfocyanate d’ammonium 2st,5.

Vous mélangez A et B, par petites quantités à la fois, en

COMMENT ON RENFORCE

ayant soin d’agiter continuellement. Il se forme alors un précipité de sulfocvanate d’argent.

SoLcnos II.

Eaa 300 cm*.

Métabisulfite de potassium 2 gr.

Acide pyrogallique 30 —

Bromure de potassium O*^.

Pour l’emploi, vous prenez 4 centimètres cubes de la solution I, après avoir bien agité le flacon, de façon que le précipité se trouve complètement en suspension ; vous ajoutez :

i3 Quatre centimètres cubes d’eau distillée;

2° Quelques gouttes d’une solution d’ammoniaque à 30 p. 100. usqu'à parfaite dissolution du précipité ;

33 Dix gouttes de la solution II ;

43 Cinq gouttes de la solution ammoniacale ; et vous versez le tout sur la plaque.

Au bout de quatre à six minutes, l'image commence à ap paraître et monte graduellement. Vous pouvez activer le développement et pousser à l'intensité en ajoutant quelques gouttes d’alcali. Vous lavez, vous fixez dans une solution dhyposulfite de sodium, et vous procédez au lavage final comme d'ordinaire.

Je vous donne le procédé de M. Sterry pour vous mettre en main toutes les conditions de la question et vous indiquer son état actuel, mais je ne vous le donne que sous toutes réserves, mes occupations ne m’ayant pas permis encore de 1 étudier. Je n'ai employé, jusqu'à ce jour, que le procédé du Dr Veuhaus.

De mes premiers essais, il ressort que limage apparaît plutôt après douze heures qu'avant: son noircissement n’est pas toujours d'une accentuation suffisante pour obtenir un très bon tirage; son grain est particulièrement fin; elle ne semble être développable qu’autant qu'il y a eu surexposition et même surexposition notable. Je n'ai pas pu obtenir d image avec des flaques sous-exposées.

Reste à voir si la méthode Sterry a la rapidité qu elle relate. Dans tous les cas. il est bon que l'on étudie à fond ce procé i très attrayant. Les insuccès ou les tâtonnements

du début ne doivent pas rebuter devant l’intérêt que le succès comporte.

Dans ce genre de travail, comme dans tout ce qui con= cerne le renforcement physique, j’ai très nettement spécifié l 'eau distillée. Encore la faut-il aussi fraîchement distillée que possible ou bien conservée. C’est de première nécessité pour faire une solution d’azotate d’argent ; sans quoi il y aurait un précipité immédiat, produit par la présence d’un chlorure ou d’une matière organique.

L’azotate d’argent, lui-même, doit toujours être d’une pureté parfaite. Or, dans le commerce, on le trouve souvent altéré par de l’azotate de potassium. Pratiquement, vous pouvez très simplement vérifier si cette altération a lieu. Pour cela, vous réduisez en poufire impalpable un petit cristal d’azotate d'argent, vous enfermez cette poudre dans un petit morceau de papier à filtre blanc, et vous mettez le feu à la boulette ainsi formée. L’azotate d’argent se trouvera réduit, de la sorte, en un petit culot d’argent métallique, que vous dépouillerez de ses cendres et que vous placerez sur votre langue. Si l’azotate est pur, vous ne percevrez aucun goût; s’il en est autrement, vous percevrez nettement le goût de la potasse.

Dans tout renforcement physique, qu’il soit renforcement proprement dit ou développement après fixage, la surface de la plaque se recouvre presque d’une très légère couche jaune-crème, surtout si les eaux employées contiennent des sels calcaires. L’immersion dans un bain d’hyposulfite fait disparaître cette couche.

351. — Ce ne sont pas là les seules manières de renforcer les phototypes, ou, pour parler plus exactement, il existe beaucoup d’autres formules de renforcement. Je pourrais, en vous les énumérant toutes, allonger considérablement ce chapitre. A quoi bon? Si nombreuses qu’elles soient, ces formules procèdent des méthodes ci-dessus indiquées.

C’est toujours, soit le blanchiment de l’image par le sel d’un métal autre que le mercure (cuivre, plomb, etc., etc.) et son noircissement ultérieur par des produits autres que foxalate ferreux, l’ammoniaque ou le sulfite de sodium, si ces produits eux-mêmes ne sont pas employés ; soit le renforcement direct par un changement de teinte dû à l’apport

COMMENT ON RENFORCE

ou à la substitution d’un métal autre que l’argent ou l’uranium, par exemple un simple virage à l’or ou au platine. Au point de vue théorique, non plus qu’au point de vue pratique, ces méthodes ne valent pas mieux que celles que je vous ai longuement développées. Au contraire; je crois donc plus sage et plus utile de ne vous en point parler, vous conseillant de vous en tenir, dans tous les cas, à ce que j’ai dit. Vous avez là des moyens plus que suffisants pour votre travail, en vous rappelant que les divers renforcements, par le bichlorure de mercure, vous accentueront toujours, peu ou prou, plus prou que peu, les oppositions de l’image ; tandis que le renforcement à l’uranium ou à l’argent vous accentueront l’image sans modifier sensiblement ses oppositions primitives. Les premiers devront donc être employés dans les cas d’une épreuve molle et plate; les seconds, dans les cas d’une image trop faible pour donner une bonne impression, mais parfaitement opposée et harmonieuse dans tout son ensemble.

Je ne terminerai pas cependant sans appuyer un peu sur certains points particuliers à tous les genres de renforcement.

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